Art et résistance sur l’île bleue dans une mer rouge (Jane Tardo et Jonathan Mayers)

Les articles de La Filière Louisiane sont publiés grâce à un partenariat entre Astheure et Les Carnets Nord/Sud, blogue de la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT) de l’Université Sainte-Anne. Cette série vise à faire mieux connaître les enjeux culturels de la Louisiane francophone et à favoriser le dialogue entre Acadiens et Louisianais.


Le samedi après T-Day, nous étions après manger dans un restaurant thaïlandais à Métairie, municipalité de l’agglomération métropolitaine de La Nouvelle-Orléans. À voix feutrées on était après discuter de l’horreur orange qui s’en venait pendant que le monde à la table d’en face pestait contre les «idiots» manifestant dans les rues. C’est à ce moment-là qu’on est passé à notre langue à nous, le français. Au cours de notre déjeuner, le couple devenait de plus en plus énervé et perturbé par notre emploi d’une langue « étrangère »… mais native. Alors que leurs commentaires à l’encontre des protestataires se faisaient toujours plus bruyants, ils jetaient des coups d’œil nerveux dans notre direction. « Tous ces manifestants devraient être rassemblés puis envoyés à Cuba s’ils n’aiment pas les États-Unis », dit la femme. Eux-autres ricanaient de plus belle en nous entendant continuer notre conversation en français.

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2017-03-07
Crédit photo : Jane Tardo et Jonathan Mayers.

L’identité métisse contestée : lectures pour la Classe de maître de Michel Bouchard (6 mars)

CRÉAcT en action – Dans la foulée de la décision Daniels c. Canada (2015) de la Cour suprême, la question de l’identité métisse, associée pour plusieurs au Manitoba surtout, est d’une actualité brûlante. C’est en vue de mieux cerner l’émergence de communautés métisses à travers le continent que la prochaine Classe de maître de la Chaire sera animée par Michel Bouchard, directeur du Département d’anthropologie de l’Université du Nord de la Colombie-Britannique. Avec Robert Foxcurran et Sébastien Malette, le professeur Bouchard est l’auteur d’un ouvrage passionnant, Songs Upon the Rivers: The Buried History of the French-Speaking Canadiens and Métis from the Great Lakes and the Mississippi across to the Pacific  (Baraka Books, 2015).

Prévu pour le lundi 6 mars à 18h30 (Bernardin-Comeau 34, campus de la Pointe-de-l’Église), son atelier porte le titre stimulant : L’identité métisse contestée : où existe-t-il une identité métisse légitime en Amérique du Nord ? Tout le public est invité. Pour les participant-e-s inscrit-e-s, comme pour tous les membres du public qui souhaitent le faire, il y a deux courts textes à lire qui se trouvent

dans ce dossier :

  • Lecture 1 – Extrait du récit de voyage Quinze jours au désert d’Alexis de Tocqueville (1831, publié en 1861) ;
  • Lecture 2 – Extrait de la thèse de doctorat d’Emmanuel Michaux (anthropologie, Université Laval), Ni Amérindiens ni Eurocanadiens. Une approche néomoderne du culturalisme métis au Canada (2014).

Cette Classe de maître inaugurera la 3e Semaine de la recherche de l’Université Sainte-Anne. Bonnes découvertes et au plaisir de vous voir le 6 mars !

Profils de l’équipe de la CRÉAcT : Réanne Cooper

CRÉAcT en action ! – Pour débuter l’année nouvelle, les lectrices et lecteurs des Carnets Nord/Sud sont invités à faire la connaissance de l’équipe de recherche de la CRÉAcT, actuellement composée, en plus du titulaire, de trois assistants de recherche : Cody Donaldson, Agathe Embane Ye Bouato et Réanne Cooper. C’est à Réanne, déjà une jeune leader en Acadie de la Nouvelle-Écosse, de donner le coup d’envoi en répondant à quelques questions. 

Qu’est-ce que vous étudiez à l’Université Sainte-Anne et dans quel but ?

Je suis actuellemen dans le programme de Baccalauréat en administration des affaires (B.A.A.) – Commerce International. Je m’intéresse beaucoup au milieu des affaires ainsi qu’aux voyages, alors ce programme est parfait pour atteindre ces buts.

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Vous êtes originaire de la Nouvelle-Écosse ?

Mon lieu de naissance est ici en Nouvelle-Écosse, mais j’ai grandi dans la ville de Fredericton au Nouveau-Brunswick.

Comment alors avez-vous abouti dans notre institution ?

Après avoir fait toutes mes études là-bas, je suis venu par la suite à l’Université Sainte-Anne pendant un semestre. Ensuite, j’ai eu le privilège de faire un séjour humanitaire de trois mois au Cameroun avant de me rendre à Halifax où j’ai détenu un emploi pendant une année. Je suis revenue aux études en septembre 2015 dans ce programme.

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Qui apporte vos cadeaux de Noël ? La Christine en Louisiane…

Au fil de l’histoire – Qui vient livrer les cadeaux de Noël chez vous ? Dans beaucoup de pays de tradition chrétienne, c’est le Père Noël ou l’un de ses avatars (Santa Claus, etc.) – mais pas partout : l’identité et les procédés de ce bienfaiteur folklorique peuvent varier considérablement d’une région à l’autre.

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Hier matin, lors d’une courte entrevue à l’émission Format libre d’ICI Radio-Canada Acadie, animée par Michel Doucet, j’ai présenté la figure traditionnelle de La Christine, connue dans certaines parties de la Louisiane francophone. (Voici le lien pour écouter l’édition du 23 décembre, à laquelle plusieurs autres personnes ont également participé.)

D’où vient la Christine ?

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Appel à communications – Mémoires de l’esclavage et de la colonisation : Historiographie, arts, musées

États de la recherche – La CRÉAcT est fière d’appuyer l’organisation du colloque  Mémoires de l’esclavage et de la colonisation : Historiographie, arts, musées, qui se déroulera les 9 et 10 novembre 2017 à l’Université du Maine (Le Mans, France). La date limite pour soumettre une proposition de communication est le 31 mars 2017.

Pour de plus amples renseignements, y compris le texte intégral de l’appel, veuillez consulter le site web du colloque.

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Pourquoi Trump ? Une perspective louisianaise (Brian Gabriel Comeaux)

Les articles de La Filière Louisiane sont publiés grâce à un partenariat entre Astheure et Les Carnets Nord/Sud, blogue de la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT) de l’Université Sainte-Anne. Cette série vise à faire mieux connaître les enjeux culturels de la Louisiane francophone et à favoriser le dialogue entre Acadiens et Louisianais.


Je suis arrivé de bonne heure le matin du mardi 8 novembre pour constater que la queue serpentait déjà hors de la cantine de l’école primaire qui nous sert de lieu de scrutin dans le petit village de Duson sur la prairie cadienne, à huit kilomètres à peine de Lafayette. La file était composée majoritairement, mais pas totalement, de citoyens blancs de la classe ouvrière – des « habitants » comme on les appelle en Louisiane : des récolteurs de riz et d’écrevisses, de fèves de soja et de canne à sucre. On y trouvait aussi des caissières de dépanneurs et de supermarchés, des serveuses de petits restaurants, et aussi des soudeurs, des foreurs, des « roughnecks » et des machinistes qui forment la base de l’industrie pétrolière en Louisiane.

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Résultats du scrutin présidentiel du 8 novembre 2016 dans chaque paroisse (comté) de la Louisiane. Rouge – Trump ; bleu – Clinton. Source : http://www.politico.com/2016-election/results/map/president/louisiana/

Cette boîte, le numéro 28 dans la paroisse de Lafayette, a donné 84% de ses votes à Donald Trump contre 13% pour Hillary Clinton. Gary Johnson, le candidat des libertariens et Jill Stein du Parti vert se sont partagé 3% des voix. En 1992, les résultats du 28e arrondissement étaient nettement différents. Bill Clinton avait pris 44% contre 38% pour George Bush, père, et 18% pour le candidat indépendant, Ross Perot. Ça fait tout un écart entre Clinton-époux et Clinton-épouse !

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Pour la veille du 15 août, un film batailleur de Phil Comeau

Le 15 août, c’est la fête nationale de l’Acadie, que nous soulignerons ici à la Baie Sainte-Marie avec le tintamarre du Festival acadien de Clare, qui bat son plein depuis quelques jours.

La veille, il se passera quelque chose d’important à l’antenne de la chaîne Unis TV. Ce dimanche 14 août, un nouveau film de Phil Comeau, sera diffusé à partir de 20h00. Zachary Richard, toujours batailleur fait converger les forces de deux grandes artistes de l’Acadie moderne : la vision pleine d’humanité du cinéaste originaire de la Baie Sainte-Marie et le regard pénétrant du chanteur louisianais qui n’en finit pas de recréer à sa manière, et avec urgence, l’héritage de son Acadie ancestrale.

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Le résumé officiel nous en apprend que Zachary Richard, toujours batailleur « retrace le parcours fascinant de ceux qui l’ont précédé, en parcourant les trois provinces maritimes et la Louisiane, cherchant à comprendre comment l’Histoire a façonné sa culture acadienne ».

Mieux encore, voici la bande-annonce :

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De Pubnico à la ville créole – ou : passer son temps à lire le bottin

Au fil de l’histoire – Hier soir, ayant terminé une journée de recherche aux archives de la bibliothèque municipale de la Nouvelle-Orléans, j’ai demandé à mon chauffeur d’Uber de me déposer au 3223, rue Upperline, dans le quartier de Broadmoor. C’était un coup de tête, car ce n’est pas là où se trouve l’appart loué pendant mon bref séjour ici. C’est à cette adresse, que je venais de confirmer dans le City Directory de 1964, qu’a résidé pendant de nombreuses années le capitaine William Augustin d’Entremont, né en 1901 à Pubnico-Ouest, en Nouvelle-Écosse.

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La déclaration d’indépendance linguistique (Joseph Dunn)

Les articles de La Filière Louisiane sont publiés grâce à un partenariat entre Astheure et Les Carnets Nord/Sud, blogue de la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT) de l’Université Sainte-Anne. Cette série vise à faire mieux connaître les enjeux culturels de la Louisiane francophone et à favoriser le dialogue entre Acadiens et Louisianais.


J’entendais sans cesse les mêmes refrains :

– Mais comment veux-tu qu’il apprenne l’anglais si tu lui parles en français tout le temps?
– Tu vas retarder son développement.
– On n’est pas Français, on est Américains.

Mon fils devait avoir 7 ou 8 ans quand il m’a déclaré :

– Je suis Américain. Je. Parle. Anglais.

Je n’avais plus l’énergie d’insister. Avec lui, j’étais père très jeune et je pensais que je pouvais lui parler en français de manière passive, de temps en temps, afin de ne pas trop « exclure » sa mère et mes beaux-parents chez qui nous vivions. Il était plus aisé de parler anglais. Une histoire assez courante.

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Témoignage d’un massacre annoncé : il y a 150 ans à la Nouvelle-Orléans…

Les articles de La Filière Louisiane sont publiés grâce à un partenariat entre Astheure et Les Carnets Nord/Sud, blogue de la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT) de l’Université Sainte-Anne. Cette série vise à faire mieux connaître les enjeux culturels de la Louisiane francophone et à favoriser le dialogue entre Acadiens et Louisianais.


Qui de nous n’a pas vu, dans les derniers mois, au moins une des trop nombreuses vidéos montrant l’une des trop nombreuses morts d’un Noir américain aux mains de la police ? Grâce à la téléphonie mobile et aux plateformes de partage, nous sommes devenus, toutes et tous, des témoins.

Des témoins très imparfaits, certes, dans la mesure où ces extraits filmés ne disent pas tout ; toujours est-il que nos petites caméras servent désormais de précieux instruments de responsabilisation des actions et comportements des autorités chargées de « protéger et servir » l’ensemble des citoyens. C’est presque à se demander comment cela se faisait avant l’ère d’Internet… ou du film ou de la vidéo, de l’enregistrement audio et de la radio, ou encore, en remontant plus loin, de la reproduction photographique à grande échelle.

Cela se faisait, pourtant.

Je viens de signer une chronique dans Le Devoir à l’occasion du 150e anniversaire d’un incident tragique, révoltant même, de l’histoire de la Louisiane : le massacre du Mechanics’ Institute, alors siège du gouvernement de l’État, à la Nouvelle-Orléans, le 30 juillet 1866.

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Image : Gravures du magazine Harper’s Weekly, 25 août 1866. Gracieuseté de The Historic New Orleans Collection, numéro d’accession 1974.25.9.309 i-iv.

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