«Au rythme de notre monde», chronique bihebdomadaire dans Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

Note : Ce texte est paru dans l’édition du 6 juillet 2018 du Courrier de la Nouvelle-Écosse.

« Pourquoi une chronique sur l’état du monde ? »

Clint Bruce, Observatoire Nord/Sud de l’Université Sainte-Anne

Aujourd’hui, Le Courrier de la Nouvelle-Écosse inaugure une nouvelle chronique sur les questions de portée internationale et sur l’évolution actuelle de notre monde globalisé. Ce billet paraîtra à toutes les deux semaines. En assumant ce défi, je m’engage à offrir aux lectrices et lecteurs du Courrier, à chaque fois, une réflexion équilibrée, menée à partir de sources fiables et sérieuses.

Pourquoi une telle chronique dans notre journal acadien, qui se donne avant tout une vocation provinciale ? Pour comprendre ma motivation personnelle, remontons dans le temps.

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Parlement des jeunes francophones des Amériques : entretien avec Réanne Cooper

Du 8 au 15 juillet 2018, Réanne Cooper, étudiante à l’Université Sainte-Anne et membre de l’équipe de la CRÉAcT depuis 2016, a participé au deuxième Parlement des jeunes francophones des Amériques, qui s’est déroulé à Québec, sous l’égide du Centre de la Francophonie des Amériques. De retour en Nouvelle-Écosse, elle a rencontré Mattea LeBlanc, employée d’été de la Société acadienne de Clare, pour lui faire part des moments saillants de cette expérience. Elles se sont entretenues dans les locaux de l’Observatoire Nord/Sud.

Voir aussi notre chronique dans Le Courrier de la Nouvelle-Écosse, «Quand une Acadienne se rend à Québec pour représenter le Belize», parue dans l’édition du 3 août 2018, sous la rubrique Au rythme de notre monde (p. 7).

250 ans de résilience en Acadie (chronique parue dans Le Devoir) – Clint Bruce et Natalie Robichaud

Note : Une version abrégée de ce texte est parue dans Le Devoir du 28 juillet 2018.

Depuis les attentats du marathon de Boston en 2013, de tels incidents provoquent une volonté d’affirmer la résilience de la communauté touchée. Au mouvement Boston Strong ont succédé des slogans empruntant la même formule : Toronto Strong, Moncton Strong et ainsi de suite. De loin, il nous est désormais possible, grâce aux médias sociaux, de ressentir le choc lorsqu’une atrocité se produit ailleurs dans le monde. La circulation des logos Strong permet d’afficher sa solidarité avec les victimes d’un traumatisme collectif.

Or, dans une boutique du village francophone de Saulnierville, en plein centre de la municipalité de Clare, au sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, on peut se vêtir de la marque Acadian Strong — ou mieux encore : Acadie Fort. Nonobstant l’agrammaticalité du calque, le message passe.

Curieux tout de même, ce t-shirt qui proclame la force de l’Acadie tout en présentant, à son dos, une image de la Déportation des Acadiens en 1755. Le traumatisme historique reste-t-il vif à ce point-là ?

Pour les gens d’ici, cet appel à la résilience résonne de façon particulière en ce moment où se célèbrent 250 ans de vie acadienne en Clare.

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Clare, c’est un bout de territoire adossé à l’étincelante baie Sainte-Marie, nommée par Champlain en 1604. Autrefois surnommé « la Ville française », le secteur est flanqué de deux villes anglophones. Sa présence acadienne remonte aux lendemains du Traité de Paris de 1763, lorsque les autorités britanniques permirent le retour des proscrits, exilés ou emprisonnés. Exclus des terres fertiles de l’ancienne Acadie, ces familles et leurs descendants ont su tirer profit de la mer et de la forêt.

La municipalité compte aujourd’hui un peu plus de 8000 habitants, francophones à 73 %. C’est d’ailleurs l’unique gouvernement de la Nouvelle-Écosse ayant le français comme langue de travail, et c’est ici que se situe le campus principal de l’Université Sainte-Anne, seule institution postsecondaire francophone de la province. Aussitôt qu’on syntonise la radio CIFA 104,1 FM, aucun doute ne saurait poindre : on est en Acadie.

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Lettre ouverte (collectif) – Coupures à #ONfr : quand TFO oublie son mandat

C’est avec un indéniable sentiment d’urgence que j’ai ajouté ma signature à une récente lettre ouverte adressée à Monsieur Glenn O’Farrell, président et chef de direction du Groupe Média TFO. La raison : des coupures budgétaires infligées au site de nouvelles #ONfr.

Bien que basé en Ontario, TFO, avec ses diverses plateformes et sa couverture consciencieuse et dynamique, répond à des besoins dans l’ensemble de la francophonie canadienne et nord-américaine, y compris en Acadie. C’est ce que soulignait Marc Johnson de la Fédération des communautés francophones et acadienne : «Une fragilisation de l’équipe d’#ONfr, c’est une perte pour toute la francophonie canadienne», déplorait-il. De mon côté, je suis devenu sensible à l’action de la chaîne à l’échelle continentale lors de la signature d’une entente entre TFO et LPB (Louisiana Public Broadcasting), collaboration qui permet à la télévision louisianaise de remplir son mandat en matière de programmation en langue française.

Le texte intégral de cette lettre a été publié sur le site de la revue Astheure. En voici trois points qui m’ont paru particulièrement saillants :     

1) De par la qualité et l’intégrité de tous les membres de son équipe, #ONfr a acquis une crédibilité et une reconnaissance enviables dans divers milieux.

2) En tant que chercheurs et professeurs, l’équipe d’#ONfr nous a permis d’ancrer nos réflexions dans la réalité quotidienne de la population, par l’entremise de nombreuses interventions. De plus, la production journalistique d’#ONfr est un outil dont nous nous servons en salle de classe ainsi que dans nos propres recherches.

3) Au-delà de la qualité de la production journalistique, le public apprécie profondément la production de l’équipe d’#ONfr parce qu’elle se voit et se reconnaît dans son contenu. #ONfr permet de rappeler aux membres de sa communauté que cette communauté existe bel et bien ; qu’elle est réelle et tangible ; que les enjeux qui la touchent sont pertinents, importants, et légitimes. 

Espérons que ce raisonnement suffira pour que le mandat de TFO et de #ONfr soit respecté.

M. Clint Bruce

(Source de l’image à la une : https://onfr.tfo.org/bilan-de-2017-et-perspectives-2018/onfr/)

Les militantes de 2018 s’interrogent sur le sens actuel de la revendication (Table ronde à Regina, 2 juin 2018)

Face aux défis actuels des minorités francophones d’Amérique du Nord, quelle pertinence conserve l’esprit révolutionnaire des années 1968? C’est l’un des axes qui sera exploré à l’occasion d’un important colloque qui débutera à Regina ce vendredi 1er juin : La dimension oubliée des années 1968 : mobilisations politiques et culturelles des minorités nationales en Amérique du Nord, dynamiques partagées, héritages communs ? Les activités se dérouleront à la Cité universitaire francophone de l’Université de Regina et le programme peut-être consulté ici.

Pourquoi cette thématique, outre la date anniversaire ? Malgré toute l’attention portée aux grands événements et aux transformations profondes de cette époque, un constat s’impose, à savoir que «nous n’apprécions pas suffisamment l’impact des tendances sociales, économiques, politiques et culturelles qui balayaient l’Occident dans les années 1970, sur les minorités nationales nord-américaines.» Plusieurs conférences et tables rondes s’attacheront donc à examiner la question suivante : «Comment ces collectivités ont-elles apprivoisé ces tendances afin de les appliquer à leurs situations respectives?»

La cinquantième anniversaire du moment 1968 se prête forcément à une réflexion sur le présent et sur l’avenir. À cette fin, une table ronde que j’aurai l’honneur d’animer, le samedi 2 juin à 15h30, réunira cinq militantes des générations «post-1968», provenant de plusieurs régions : La jeunesse de 2018 face aux années 1968 : quel sens donner à la «revendication»?  

  • Rym Ben Berrah, représentante de l’Ontario au Centre de la francophonie des Amériques
  • Céleste Godin, artiste et écrivaine acadienne
  • Christine Letendre, citoyenne engagée et ancienne militante de Québec solidaire
  • Maggie Perkins, doctorante, Université de Louisiane (LSU) et professeure à l’école d’immersion d’été, Université Sainte-Anne
  • Gillian Theoret, Association jeunesse fransaskoise

À noter que le passage de Maggie Perkins en Saskatchewan donnera lieu à une conférence à l’École Mgr de Laval (vendredi 1er juin, 14h20), sur la dynamique actuelle en Louisiane : Vivre en français, parler anglais? Défis et réussites dans la francophonie louisianaise. Voir les détails en consultant l’événement Facebook.

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L’édition 2018 du colloque annuel du Réseau de la recherche sur la francophonie canadienne est organisée conjointement avec l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne (ACUFC), la Cité universitaire francophone, le Centre de la francophonie des Amériques et plusieurs autres partenaires.

Patrimoine culinaire et mémoire culturelle : regarder en ligne la Classe de maître animée par Thomas Cauvin

CRÉAct en action ! – Animée par Thomas Cauvin, historien de Colorado State University, la quatrième Classe de maître de la Chaire s’est déroulée le jeudi 8 mars 2018. Le thème de l’activité n’a pas manqué d’attirer un public enthousiaste : Qu’est-ce qu’on mange ? Patrimoine culinaire et mémoire culturelle. Grâce à l’appui du Bureau des communications de l’Université Sainte-Anne, il est possible de visionner en ligne cet atelier passionnant auquel ont pris part sept participants inscrits. Pour de plus amples renseignements sur la soirée, voir le communiqué de presse.

 

 

Plus tôt dans la journée, le groupe s’est retrouvé chez le professeur Clint Bruce pour une séance de cuisine. Au menu : un ndolé, plat camerounais préparé par Marie-Virginie Nyela, et des Chinese noodles, recette familiale de Natalie Robichaud. Voici quelques photos :

(1) Natalie Robichaud montre son cahier de recettes familiales à Thomas Cauvin et à Rachel Doherty, stagiaire doctorale auprès de la CRÉAcT.
(2) Monsieur Édouard LeBlanc explique à notre invité ses recherches en vue d’un manuscrit de livre sur l’histoire de son village natal de Saulnierville.
(3) Diffusion en direct d’une présentation par Marie-Virginie Nyela.
(4) Les principaux ingrédients ayant servi à préparer le ndolé, bien apprécié de tout le monde.
(5) Le produit final : les Chinese noodles, met qui incorpore des nouilles, des légumes et du porc.

 

 

8 mars 2018 – Qu’est-ce qu’on mange? Patrimoine culinaire et mémoire culturelle (documents)

CRÉAcT en action ! – La quatrième Classe de maître de la CRÉAcT sera animée par Thomas Cauvin de Colorado State University. Ses recherches portent sur les représentations et les interprétations du passé chez des communautés diverses. Cet atelier, intitulé Qu’est-ce qu’on mange ? Patrimoine culinaire et mémoire culturelle, est présenté dans le cadre de la Semaine de la recherche et aura lieu au campus de Pointe-de-l’Église le jeudi 8 mars 2018 à 19h00 au Castelet. Pour les intéressés qui ne peuvent pas y assister en personne, l’atelier sera disponible en webdiffusion sur TV Sainte-Anne.

Les membres du public sont encouragés à apporter un exemple de leur propre héritage culinaire. Cela peut être une photo, une recette, un instrument de cuisine ou un autre objet, voire un souvenir à raconter. Des plats préparés seront appréciés aussi.

Toute personne désireuse de se renseigner davantage sur la thématique de l’atelier peut lire les textes suivants :

Ces textes serviront à explorer deux points de réflexion : 

  1. En quoi vos experiences peuvent-elles etre liées à ces lectures? 
  2. Comment la nourriture – sous toutes ces formes – peut-elle contribuer à notre comprehension du passé?

Bonne lecture et au plaisir de vous voir au Castelet !

Louisiane, 1858… un meurtre sur le Mississippi (Entrevue à l’émission L’Heure de pointe Acadie)

Au fil de l’histoire / CRÉAcT en action ! – À l’occasion du Mois de l’histoire des Noirs 2018, j’ai eu le plaisir de présenté une série de conférences sur un de mes projets de recherche, une enquête historique sur un incident tragique survenu en 1858 : l’assassinat d’un planteur louisianais d’origine acadienne, Constant Melançon, par un nommé Toussaint, qui était non seulement l’esclave de ce premier, mais aussi un ami d’enfance. Les circonstances entourant ce meurtre permettent de comprendre l’esclavagisme pratiqué par les Acadiens louisianais et la culture de résistance développée par les Noirs – Africains et des descendants d’Africains – qui en furent les victimes.

Ces conférences ont eu lieu à Sydney, le lundi 5 février; à Moncton, le mardi 6 février; et à la Pointe-de-l’Église, le jeudi 8 février. (Voir les détails dans ce communiqué de presse de l’Université Sainte-Anne). Lors de notre passage à Moncton, j’ai été invité à expliquer ce projet à l’émission L’Heure de pointe Acadie, animée par Martine Blanchard. L’entretien est disponible ici. 

Affiche Louisiane 1858

Call for Papers: Francophone Louisiana’s International Relations (April 1, 2018)

Symposium:
Francophone Louisiana’s International Relations

New Orleans

To be held in association with the 21st Biennial Conference of the American Council for Québec Studies (ACQS)

In collaboration with

The Historic New Orleans Collection
Council for the Development of French in Louisiana (CODOFIL)
Québec Studies
Éditions Tintamarre
Alliance française de La Nouvelle-Orléans
Canada Research Chair in Acadian and Transnational Studies (CRÉAcT), Université Sainte-Anne

November 1-4, 2018

Intercontinental New Orleans and Historic New Orleans Collection

Version française ici.

Though often represented as a marginalized or isolated region of the Francophone world, on the one hand, as well as distinct from the rest of the United States, on the other, Louisiana has been situated for more than three centuries at the crossroads of countless cultural, linguistic, and institutional exchanges. Alongside these realities highlighted in recent historiography, contemporary efforts to promote French and Francophones cultures of Louisiana have benefited from numerous international partnerships. In order to explore the international relations and transnational dynamics that have shaped Louisiana from the colonial period until now, we are pleased to accept abstracts for presentations relevant to Francophone Louisiana. This special symposium of the American Council for Québec Studies will thus offer an occasion to share critical perspectives on Louisiana vis-à-vis the international French-speaking world.

The conference will also highlight some milestone anniversaries in 2018: the tricentennial of the founding of New Orleans in 1718; 150 years since the proclamation of the Louisiana Constitution of 1868, a revolutionary document on civil rights; and, more recently, the 50th anniversary of the Council for the Development of French in Louisiana (CODOFIL), a state agency responsible for promoting Louisiana’s Francophone reality.

We welcome abstracts from various fields in the humanities and social sciences, as well as proposals with interdisciplinary approaches. Abstracts taking into account the cultural diversity of the region are strongly encouraged.Lire la suite »

Appel à communications : La Louisiane francophone et ses relations internationales (1er avril 2018)

Symposium :
La Louisiane francophone et ses relations internationales

La Nouvelle-Orléans

Organisé dans le cadre du 21e congrès bisannuel de l’American Council for Québec Studies (ACQS)

En collaboration avec

Historic New Orleans Collection
Conseil pour le développement du français en Louisiane (CODOFIL)
Québec Studies

Éditions Tintamarre
Alliance française de La Nouvelle-Orléans
La Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT), Université Sainte-Anne

1 au 4 novembre 2018

Hôtel Intercontinental New Orleans et Historic New Orleans Collection

English version here.

Bien que la Louisiane soit parfois représentée comme une région marginalisée ou isolée au sein de la Francophonie, d’un côté, et distincte du reste des États-Unis, de l’autre, elle se trouve néanmoins, depuis plus de trois siècles, au carrefour d’une multitude d’échanges à la fois culturels, linguistiques et institutionnels. À côté de ces réalités mises en relief par l’historiographie récente, le développement de la francophonie contemporaine mise sur de nombreux partenariats internationaux. Afin d’explorer les relations internationales et les dynamiques transnationales qui l’ont façonnée depuis l’époque coloniale jusqu’à nos jours, nous acceptons des propositions de communication portant sur la Louisiane francophone. Ce symposium de l’American Council for Québec Studies sera donc l’occasion de croiser les regards critiques sur la Louisiane sous l’angle de ses rapports avec la Francophonie internationale.

Il sera également pertinent de souligner en 2018 des dates anniversaires marquantes : le tricentenaire de la fondation de La Nouvelle-Orléans en 1718 ; 150 ans depuis la proclamation de la constitution louisianaise de 1868, document révolutionnaire en matière de droits civiques ; et, plus près de nous, le 50e anniversaire du Conseil pour le développement du français en Louisiane (CODOFIL), agence d’État chargée de veiller à la promotion du fait francophone.

Nous recevrons avec plaisir des communications issues de domaines divers en sciences humaines et sociales, ainsi que celles privilégiant des approches interdisciplinaires. La prise en compte de la diversité culturelle de la région est fortement encouragée.Lire la suite »