Du côté de l’Observatoire Nord/Sud (dans Le Courrier de la Nouvelle-Écosse, 28 mai 2021)

Ce texte est également disponible sur le site du Courrier de la Nouvelle-Écosse, où il a paru le 28 mai 2021 sous la rubrique Au rythme de notre monde.

Le passage de l’hiver au printemps aura vu arriver beaucoup d’activités au sein de l’Observatoire Nord/Sud!

Avant d’en donner un bref aperçu, il y a lieu de féliciter deux de nos assistants de recherche qui viennent de terminer leurs études ici à l’Université Sainte-Anne. Joseph Cibalinda, originaire de la République démocratique du Congo et très impliqué dans la vie étudiante sur notre campus, possède désormais un baccalauréat en administration des affaires, tandis que Bailey Ross, assistant de recherche depuis l’hiver 2019 et ancien président de l’Association générale des étudiant(e)s de l’Université Sainte-Anne, se trouve muni d’un baccalauréat ès arts avec une majeure en études françaises et une mineure en histoire. Bailey poursuivra ses études en éducation à Acadia University. 

Pour en savoir davantage sur son parcours et ses contributions aux projets de la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT), on peut lire cet entretien avec Bailey dans Les Carnets Nord/Sud, le blogue de la chaire.

Bailey Ross prend la parole lors d’une classe de maître de la CRÉAcT sur l’antibilinguisme au Canada, animée par Ricky G. Richard, le 18 mars 2019. (Crédit photo : Louise d’Alessio-Doucet)

Dans les derniers mois, j’ai eu l’occasion de faire plusieurs interventions en ligne autour de mon livre Afro-Creole Poetry in French from Louisiana’s Radical Civil War-Era Newspapers: A Bilingual Edition, paru l’an dernier aux presses de The Historic New Orleans Collection. Parmi celles-ci, il y a eu, du 5 au 7 mars, le symposium Recovered Voices: Black Activism in New Orleans from Reconstruction to the Present Day (« Des voix récupérées : le militantisme noir à La Nouvelle-Orléans, de la Reconstruction jusqu’à nos jours »). Le site de THNOC permet d’en prendre connaissance.

Depuis lors, un projet tout à fait inspirant a été dévoilé par la maison d’édition, qui a invité trois poètes afro-américains contemporains à réagir à l’un des textes des années 1860. Kelly Harris-DeBerry, Kalamu Ya Salaam et Mona Lisa Saloy ont composé des poèmes saisissants qui font l’objet de capsules vidéos. L’article sur le blogue de THNOC a suscité plus de 4 400 réactions sur Facebook et les vidéos ont été partagées plus de 1 300 de fois. Ce communiqué de l’Université Sainte-Anne explique davantage cette initiative. 

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Pour l’amour de la francophonie : entretien avec Bailey Ross, assistant de recherche et récent diplômé de l’Université Sainte-Anne

Nous nous entretenons avec Bailey Ross, assistant de recherche qui vient de décrocher son diplôme de l’Université Sainte-Anne. C’est un passionné d’histoire à qui les cultures francophones tiennent à cœur...

Décrivez votre parcours à l’Université Sainte-Anne. Qu’est-ce que vous avez étudié et dans quel but ?

J’étais inscrit dans le programme de baccalauréat, majeure en français, mineure en histoire, afin de devenir enseignant de français langue seconde. Cette année, j’obtiens mon diplôme de l’Université Sainte-Anne et je commencerai mon baccalauréat en éducation à Acadia Université. Depuis ma première année, j’ai suivi plusieurs cours de littérature française, de linguistique et d’histoire, y compris d’histoire acadienne.

Quel a été votre cheminement jusqu’ici ? Aussi, vous êtes très impliqué dans des initiatives francophones, n’est-ce pas ?

Je suis originaire de Digby, ici en Nouvelle-Écosse. C’est une ville anglophone située au sud-ouest de la province. J’y suis demeuré jusqu’à mon déménagement à l’université. À l’école élémentaire et secondaire, j’étais inscris dans le programme d’immersion française. J’ai suivi la majorité de mes cours en français jusqu’à la fin de mes études. 

Quand je suis arrivé à Sainte-Anne, je me suis impliqué dans conseil exécutif de Canadian Parents for French – Nouvelle-Écosse. J’ai servi de représentant jeunesse et de secrétaire, et j’en suis actuellement le vice-président. En plus, j’ai participé au forum Officiellement 50 ! à Gatineau, au Québec, en 2019. J’étais invité par le commissaire des langues officielles pour faire des recommandations au sujet de la modernisation de la Loi sur les langues officielles du Canada.

Bailey Ross prend la parole lors d’une classe de maître de la CRÉAcT sur l’antibilinguisme au Canada, animée par Ricky G. Richard, le 18 mars 2019. (Crédit photo : Louise d’Alessio-Doucet)

Comment s’explique votre intérêt particulier pour les études acadiennes ?

Mon intérêt pour les études acadiennes date de mon séjour scolaire à Digby Regional High School. Plusieurs de mes enseignants avaient des origines acadiennes. Ainsi, ils nous ont appris plusieurs perspectives historiques sur la déportation. Lorsque je suis arrivé à Sainte-Anne, j’ai développé un amour encore plus profond pour le sujet. J’ai suivi des cours d’histoire traitant non seulement du Grand Dérangement, mais de tous les effets culturels qui ont résulté de l’intégration de la culture acadienne dans leurs nouvelles patries.

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Workshop with author David Vermette (May 21, 2021): Family Stories and Documentary Research

Community members are invited to participate in a series of workshops to explore the use of archival collections in the preparation of books of various genres, on various topics. This initiative is a project of Université Sainte-Anne’s Observatoire Nord/Sud and the Société acadienne de Clare, with the support of the Nova Scotia Health Authority.

Annapolis Alumnus Makes Publishing Debut | St. John's College

The first discussion and workshop will be held on Friday, May 21, at 1:30 p.m. AST (12:30 EST/11:30 CST) and will feature David Vermette, author of A Distinct Alien Race: The Untold Story of Franco-Americans – Industrialization, Immigration, Religious Strife (Baraka Books, 2018). The activity will follow the following format: open discussion with Mr. Vermette about his research followed by a workshop on « Family Stories and Documentary Research. »

The public may access the meeting on Zoom through this link: https://us02web.zoom.us/j/88048258080?pwd=U2dGN29CMjBSVkFtc1k5dlk2ME5OZz09

Lauded by readers and critics, Mr. Vermette’s book recounts the saga of the million French-Canadians who immigrated to the northeastern United States in the late nineteenth and early twentieth centuries. Historian Patrick Lacroix offers these comments in a review published in the prestigious Revue d’histoire de l’Amérique française:

« Vermette also offers a convincing nuance to some works that make religious and linguistic survival the fundamental fact of the Franco-American saga. While acknowledging the sincere desire of expatriates to live their traditional culture on American soil, the author turns away from a slim elite of priests and newspaper editors whose power has perhaps been overestimated. He seeks to capture the painful daily life of a people transplanted to foreign soil – soil that may have seemed foreign even to native-born Franco-Americans. If there is one subject that connects the four themes of the work, it is the challenge faced by several generations of Francos to navigate economic structures and civic institutions in their subaltern position. »

The topic of the workshop will be a great interest to community-based researchers who wish to learn more about resources for local and family history in a transnational perspective. Please join us!

This activity will also contribute to our research on Acadian migrations to the United States through the project Trois siècles de migrations francophones en Amérique du Nord, 1640-1940.

Solidarité avec l’Ontario francophone : «Pour une université de langue française à Sudbury»

L’avenir de l’éducation postsecondaire en Ontario francophone semble très incertain. Très préoccupé par le sort de l’Université Laurentienne, établissement bilingue qui est en train d’éclater, et de la situation de la francophonie institutionnelle dans cette province, j’ai apporté ma signature à cette lettre de soutien rédigée par les professeurs Marcel Martel de l’Université York, Michel Bock de l’Université d’Ottawa, Stéphanie Chouinard du Collège militaire royal du Canada et de Queen’s University, et François-Olivier Dorais de l’Université du Québec à Chicoutimi. Six autres collègues de l’Université Sainte-Anne font également partie des 350 signataires de ce vibrant plaidoyer que je reproduis ici, d’après le texte publié dans Le Devoir (édition du 1er avril 2021).

Solidarité avec l’Ontario francophone et longue vie à la francophonie canadienne !

M. Clint Bruce

(Photo de la couverture : Centre-ville de Sudbury. Crédit photo : Utilisateur P99. Source : WikiCommons, sous la licence CC BY-SA 4.0.)

«Pour une université de langue française à Sudbury»

«Dans une résolution adoptée à l’unanimité le 19 mars dernier, le Regroupement des professeur.e.s francophones de l’Université laurentienne a exigé de l’Université laurentienne l’autonomie institutionnelle pour l’ensemble des programmes de langue française. Confrontés à la restructuration qui ébranle les fondements de leur institution, ces professeurs demandent pour ces programmes la création d’une structure de gouvernance autonome relevant d’un conseil des gouverneurs distinct reflétant la diversité de la communauté francophone du nord de l’Ontario. Ils veulent la gouvernance par, pour et avec les francophones.

«Par cette lettre, nous tenons à signifier notre appui sans équivoque à cet appel lancé par nos collègues du Regroupement des professeur.e.s francophones de l’Université Laurentienne. Nous estimons à leur suite que le temps est venu de créer une véritable université de langue française pour répondre aux besoins de ceux et celles qui veulent poursuivre des études postsecondaires en français dans le moyen-nord de la province. La crise financière aiguë que traverse actuellement l’Université laurentienne rend plus urgente que jamais la nécessité d’innover en créant une université de langue française.

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Du côté de l’Observatoire Nord/Sud (dans Le Trait d’Union, 11 février 2021)

(Note : Une version abrégée de cette chronique est parue dans le numéro 42 [11 février 2021] du Trait d’union, bulletin trimestriel destiné aux membres du personnel de l’Université Sainte-Anne.)

Pointe-de-l’Église, 26 février 2021 – Conformément aux principes de l’Université Sainte-Anne, l’implication des étudiantes et étudiants dans les activités de recherche trône en tête des priorités de la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT) et de l’Observatoire Nord/Sud. Il m’arrive de dire que nos assistantes et assistants de recherche servent de multiplicateurs de force—et c’est vrai. Même si le retour à la normale se fait attendre, les projets vont de l’avant, grâce en grande partie à notre équipe.

Ces derniers temps, plusieurs responsabilités sont confiées à Audrey Paquette-Verdon, coordinatrice de l’Observatoire et étudiante à la maîtrise en Cultures et espaces francophones. Le lectorat du Courrier a eu la chance de bénéficier de ses connaissances sur la francophonie en Chine grâce à la chronique qu’elle a signée il y a deux semaines, fruit de ses recherches issues d’un séminaire de maîtrise. Parmi ses autres contributions, elle travaille de près avec Zoe Geddes, assistante de premier cycle, sur la collecte de données dans le cadre de notre enquête sur les jumelages de villes aux provinces Maritimes. 

Quant aux recherches en histoire, Audrey accompagne les démarches de Mykkaela Lutes, Bailey Ross et Joseph Cibalinda qui s’occupent du traitement de documents d’archives pour le projet « L’expérience acadienne au temps de l’esclavage ». Il s’agit d’étudier les relations entre Acadiens, d’une part, et Africains tenus en esclavage en Louisiane, d’autre part, aux 18e-19e siècles. C’est une facette moins connue de l’évolution de la diaspora acadienne, mais qui est à l’origine de beaucoup d’éléments de la culture cadienne grâce à la créolisation culturelle. Signalons que Joseph, étudiant en administration des affaires, vient de se joindre à l’équipe.

Pour donner une idée du type d’expérience que la CRÉAcT peut offrir – hors pandémie, certes – nous venons de lancer une capsule vidéo : « Une expérience de la diaspora acadienne : Yvette Comeau en Louisiane avec la CRÉAcT » (sur Facebook). Originaire de la Baie Sainte-Marie et également étudiante en Cultures et espaces francophones, Yvette a visité Lafayette et La Nouvelle-Orléans en avril 2019, dans le cadre d’un stage au sein de l’Observatoire Nord/Sud. C’était toute une découverte ! Dans ce mini-documentaire, elle fait part de ses souvenirs et de ses réflexions sur les affinités entre les communautés de la diaspora acadienne. De quoi nourrir son projet de maîtrise… sans parler des mets savoureux qu’elle a dégustés là-bas !

Yvette Comeau, stagiaire auprès de la CRÉAcT en 2018-19, explore les archives de l’Université de Louisiane à Lafayette.

Inspiré par ce voyage, son mémoire compare le maintien du lexique traditionnel dans les parlers français de la Baie Sainte-Marie et de la Louisiane (sous la direction de Chantal White, professeure de linguistique au Département d’études françaises). Elle a récemment décroché une bourse de rédaction décernée par l’Institut de recherche sur les cultures acadiennes et francophones dans le monde contemporain (ICAF) et la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse.

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Capsule vidéo – Une expérience de la diaspora acadienne : Yvette Comeau en Louisiane avec la CRÉAcT

Comment une Acadienne voit-elle la Louisiane ? En avril 2019, Yvette Comeau, originaire de la Baie Sainte-Marie en Nouvelle-Écosse, faisait un voyage là-bas dans le cadre d’un stage auprès de la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT). C’était toute une découverte ! Dans cette capsule vidéo, elle fait part de ses souvenirs et de ses réflexions sur les affinités entre les communautés de la diaspora acadienne… de quoi nourrir son projet de maîtrise en Cultures et espaces francophones, ici à l’Université Sainte-Anne.

Inspiré par ce séjour, le mémoire d’Yvette s’intitule : «’C’est point nécessairement que je sons en frais de perdre. Je crois que les mots sont encore là.’ Le maintien du lexique traditionnel à la Baie Sainte-Marie en Nouvelle-Écosse et dans les paroisses Saint-Landry et Saint-Martin en Louisiane» (directrice : Chantal White, Département d’études françaises). Elle a récemment obtenu une bourse de rédaction offerte par l’ICAF et la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse. Nous sommes fiers d’Yvette et de tout-e-s les stagiaires de l’Observatoire Nord/Sud de l’Université Sainte-Anne !

Pour en savoir davantage sur la maîtrise en Cultures et espaces francophones, visiter la page web du programme.

Just Published: A Special Dossier on Francophone Louisiana in the Journal Québec Studies

[TEXTE FRANÇAIS DISPONIBLE ICI.] Church Point (NS), 11 January 2021 – The most recent issue of the scholarly journal Québec Studies features a thematic dossier on the Francophonie in Louisiana, coordinated by Dr. Clint Bruce, Canada Research Chair in Acadian and Transnational Studies (CRÉAcT), and two of his colleagues, Dr. Nathan Rabalais, from the University of Louisiana at Lafayette, and Dr. Robin Anita White, from Nicholls State University in Thibodaux, Louisiana. The dossier brings together five groundbreaking studies under the indicative title, “Francophone Louisiana’s Cultural Flows” (issue 70, fall/winter 2020).

This publication project stems from a symposium organized by the three professors in November 2018, in New Orleans, as part of the biennial conference of the American Council for Québec Studies (ACQS). The mission of this association encompasses, in fact, research on the entire North American francophone community. Multidisciplinary and bilingual, the journal Québec Studies is directed by Dr. Amy R. Ransom (Central Michigan University) and published under the auspices of the ACQS in partnership with Liverpool University Press in the United Kingdom.

As with the 2018 conference, the articles in this issue explore different and lesser-known aspects of Franco-Louisiana culture as shaped by interactions with other areas of the French-speaking world. Having been admitted to the United States in 1812, Louisiana has always been characterized by its ethnoracial diversity and by intercultural encounters. Though the future of the French language may seem uncertain, Francophone life continues to be nourished by a variety of influences.

“The notion of ‘cultural flows,’ which was conceptualized by the Indian anthropologist Arjun Appadurai, refers to processes resulting from globalization and from which no society is insulated – including Louisiana in its French-speaking dimension,” says Professor Bruce. “In order to envision forms of cooperation with the francophone world, it is essential to understand these sociocultural dynamics, throughout history and at present.”

Such issues lie at the heart of the CRÉAcT’s research program, which focuses on the Acadian diaspora, and inform initiatives by the Observatoire Nord/Sud (North/South Observatory), the center associated with the Chair, located at Université Sainte-Anne’s Church Point campus. Both Dr. Rabalais and Dr. White are affiliated with the CRÉAcT.

The contributions represent various disciplines and span several eras, from the colonial period to the present day. The article by Dr. Angel Adams Parham, sociologist at Loyola University New Orleans, traces Creole community memory through the material legacy of masonry in New Orleans. Dr. Robin White highlights the symbolic significance of yellow fever epidemics as depicted in three nineteenth-century Franco-Louisianan novels. Considering the same period, Dr. Guillaume Pinson (Université Laval) analyzes the continental and transatlantic networks of the French-language press in Louisiana, which remained active until the early 1900s.

The Acadian diaspora is featured in the respective texts by Rachel Doherty (UL-Lafayette) and Dr. Clint Bruce. A doctoral student at Lafayette and former CRÉAcT intern (2017-18), Doherty questions the treatment—or rather the erasure—of racism in the poem Amédé by the renowned Nova Scotian writer Georgette LeBlanc, a work that reimagines the murder of a black musician during the Great Depression. From a different angle, Bruce’s study examines the twinning of towns in Louisiana with Francophone municipalities in Atlantic Canada, a phenomenon that dates back to the early 1970s and which can serve to strengthen Acadian identity. His article shares the initial results of a project undertaken by the Observatoire Nord/Sud, “Cities Have a Family: A Survey of Municipal Twinnings in the Maritime Provinces.”

The publication of this dossier in Québec Studies illustrates the CRÉAcT’s dynamism within Francophone studies as well as the growing role of Université Sainte-Anne as a center of excellence in research.

To learn more about the dossier “Francophone Louisiana’s Cultural Flows,” please visit the website of the journal Québec Studies.

About Université Sainte-Anne

Université Sainte-Anne, the only French language post-secondary institution in Nova Scotia, offers university and college-level courses as well as a French immersion program and customized training in French as a second language. Recognized for its excellent programs as well as its unique and exceptional living environment, Sainte-Anne offers experiential learning opportunities that promote student engagement and success, and an atmosphere which encourages a culture of excellence in research and development. Solidly established in its community, Université Sainte-Anne is a partner of choice for all those who wish to strengthen the vitality of the regions surrounding its 5 campuses as well as all of Acadie throughout Nova Scotia.

For more information

Rachelle LeBlanc, Director of Communications and Marketing
Université Sainte-Anne
Tel.: 902-769-2114 Extension 7222
rachelle.leblanc@usainteanne.ca

Le 13 décembre, Jour du souvenir acadien : un peu de contexte / December 13, Acadian Remembrance Day: Some Essential Background

Peeking bravely over the Gulf of Maine, Cape Saint Mary (Nova Scotia) offers one of Clare’s most majestic views, appreciated by locals and visitors alike. In the summer of 2018, the Cape Saint Mary Lighthouse Park became an important commemorative site upon the inauguration of a poignant, commanding monument in honor of fishermen and all residents from our community who have lost their lives at sea. (Click here to learn more about this project and the sculpture by artist Mark Graff, « Coming Home. ») A decision was made to underscore the link between these tragic deaths and the victims of shipwrecks during the years of the Acadian Deportation, or Grand Dérangement. This human catastrophe, both a crime and a sacrifice, is recalled each December 13th, known as the Acadian Remembrance Day. It was an honor for me to work with Édouard LeBlanc in composing the text for a panel designed by Denise Saulnier for the Municipality of Clare and the Société acadienne de Clare. Though succinct, our explanations draw from original accounts, published research, and consultation with Stephen A. White (Centre d’études acadiennes Anselme-Chiasson) who kindly shared his latest findings and estimations. On this Acadian Remembrance Day 2020, it seems appropriate to make this content available to any and all, near and far. Please note that the English versions follow the French.

Surplombant avec intrépidité le golfe du Maine, le cap Sainte-Marie (Nouvelle-Écosse) offre l’une des vues panoramiques les plus majestueuses de la région de Clare. Or, en été 2018, le Parc du phare au cap Sainte-Marie est devenu un important site commémoratif suite à l’inauguration d’un touchant et imposant monument en l’honneur des pêcheurs et de tous les résidents de notre communauté ayant perdu la vie en mer. (Cliquez ici pour en savoir davantage sur ce projet et sur la sculpture de l’artiste Mark Graff, «Coming Home».) La décision avait été prise de souligner le lien entre ces morts tragiques, d’une part, et le souvenir des victimes des naufrages pendant la Déportation des Acadiens ou le Grand Dérangement, d’autre part. Ce désastre humain, à la fois crime et sacrifice, est rappelé chaque 13 décembre à l’occasion du Jour du souvenir acadien. C’était un honneur pour moi de collaborer avec monsieur Édouard LeBlanc à la préparation d’un texte destiné au panneau conçu par Denise Saulnier pour le compte de la Municipalité de Clare et de la Société acadienne de Clare. Quoique succinctes, nos explications s’appuient sur des documents historiques, des travaux publiés et une consultation avec Stephen A. White (Centre d’études acadiennes Anselme-Chiasson) qui a eu la bonté de me faire part de ses plus récentes recherches. En ce Jour du souvenir acadien 2020, il m’a semblé juste et digne de mettre ce contenu à la disposition de tout le monde, partout au monde.

Victimes des naufrages pendant le Grand Dérangement (The English version follows below.)

Le monument aux personnes noyées de Clare incite à nous rappeler que de nombreux Acadiens et Acadiennes perdirent la vie à l’époque des Déportations par les autorités britanniques, entre 1755 et 1763. Sur une population totale de plus de 14 000, on estime environ 3 000 décès, dont un grand nombre pendant les voyages en mer.

En 1758, près de 800 déportés moururent lors de la perte de trois navires de la marine anglaise : le Violet, le Duke William et le Ruby. Ces bâtiments faisaient partie de convois chargés d’évacuer de force la population acadienne de l’Île Saint- Jean (l’Île-du-Prince-Édouard) après la chute de Louisbourg, forteresse française de l’Île Royale (le Cap-Breton), à l’été 1758. Ayant pris le large le 25 novembre, le Violet et le Duke William transportaient 583 prisonniers. À l’approche des côtes d’Angleterre, des fuites se déclarèrent dans les deux vaisseaux. Le Violet sombra le 12 décembre, à quelques encâblures du Duke William dont l’équipage et les passagers acadiens déployaient des efforts désespérés. Le lendemain, le bateau fut abandonné par ses marins, accompagnés du curé de l’île Saint-Jean, Jacques Girard. Il coula peu après; seulement quatre Acadiens purent gagner le littoral.

Ce désastre figure parmi les accidents les plus meurtriers de l’histoire de la Royal Navy. Dans une lettre écrite à Penzance (Cornouailles), le capitaine William Nichols prétendait que ses captifs s’étaient résignés à leur sort : « Ils se sont comportés avec la plus grande intrépidité et, jusqu’à leurs derniers instants, ils ont agi avec une grande force d’âme. »

Quant au Ruby, qui se dirigeait vers St-Malo (France) avec 310 Acadiennes et Acadiens à bord, celui-ci s’échoua dans les Açores le 16 décembre 1758. Un rapport signala la disparition tragique de 190 passagers.

Victims of shipwrecks during the Grand Dérangement

The Lost to the Sea monument for the Municipality of Clare invites us to remember that numerous Acadian men and women lost their lives at the time of the Deportations by British authorities, between 1755 and 1763. Out of a total population of more than 14,000, we estimate approximately 3,000 deaths, of which a great number occurred at sea.

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Du côté de l’Observatoire Nord/Sud (dans Le Trait d’Union et Le Courrier de la Nouvelle-Écosse, 11 décembre 2020)

(Note : Une version abrégée de cette chronique est parue dans le numéro 41 du Trait d’union, bulletin trimestriel destiné aux membres du personnel de l’Université Sainte-Anne.)

«Au rythme de notre monde» dans Le Courrier de la Nouvelle-Écosse, 11 décembre 2020 – Un peu partout, le constat se fait entendre : oui, les conditions que nous vivons en raison de la pandémie ont perturbé bien des projets, mais du coup, de nouvelles possibilités de dialogue et de collaboration se révèlent. Les activités récentes de l’Observatoire Nord/Sud, centre rattaché à la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT), s’inscrivent pleinement dans cette dynamique.

Ce qui suivra va donner l’impression que mon équipe et moi avons mené une existence purement virtuelle ces derniers mois. Cette impression sera erronée. La preuve : juste avant la rentrée, nous avons visité l’île Georges, à Halifax, pour découvrir ce site, normalement fermé, qui servit de camp de détention pendant le Grand Dérangement. Le lectorat du Courrier se rappellera que cette excursion est racontée dans ma chronique du 23 septembre (« L’île Georges à Halifax, au cœur de la mémoire acadienne »).

Nous avons également eu le plaisir d’accueillir le professeur Yves Frenette, historien de l’Université de Saint-Boniface et titulaire de la Chaire de recherche du Canada de niveau 1 sur les migrations, les transferts et les communautés francophones. Sa visite à la Baie Sainte-Marie a eu lieu il y a quelques semaines, avant que la situation ne se dégrade, afin de discuter d’un vaste projet de recherche qu’il chapeaute : Trois siècles de migrations francophones en Amérique du Nord, 1640-1940. Entrepris avec le Centre acadien et la Société historique acadienne de la Baie Sainte-Marie, notre volet étudiera le va-et-vient migratoire entre le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse et les États de la Nouvelle-Angleterre. De belles initiatives se préparent déjà pour le Congrès mondial acadien 2024!

Reste que, en dehors de ces rares percées dans le présentiel, les activités virtuelles ont pris le dessus.

Lire la suite sur le site du Courrier de la Nouvelle-Écosse

D’une francophonie à l’autre : entretien avec Audrey Paquette-Verdon, coordinatrice de l’Observatoire Nord/Sud

Étudiante à la maîtrise en Cultures et espaces francophones à l’Université Sainte-Anne, Audrey Paquette-Verdon assure la coordinatrice de l’Observatoire Nord/Sud, le centre de recherche relevant de la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT). Boursière de la CRÉAcT, elle explique ici son intérêt pour le domaine des études francophones.

D’où êtes-vous originaire et quel a été votre cheminement jusqu’ici? 
Je suis originaire de St-Eustache, au Québec. J’ai déménagé à l’âge de 12 ans au Nouveau-Brunswick, sur l’Île Miscou, plus connue sous le nom de «l’île du bout du monde.» Ce déménagement dans une autre province, et à plus de 1000 km de distance de mon chez-moi, a été un grand changement, puisque j’ai passé d’une grande ville à petit milieu insulaire. Mes parents vivent encore à l’Île Miscou, et pour ma part, j’y étais jusqu’à mon arrivée à l’Université Sainte-Anne, il y a cinq ans. Je viens de terminer un baccalauréat en éducation avec une majeure en histoire et une mineure en français. J’entame maintenant la maîtrise en Cultures et espaces francophones dans la même institution.

Qu’est-ce que vous étudiez et dans quel but ? 
Je commence tout juste la maîtrise en Cultures et espaces francophones. Puisque je viens de terminer mon baccalauréat de cinq ans en éducation, j’ai l’intention d’intégrer le côté pédagogique dans l’élaboration de mon mémoire. Cette maîtrise rejoint exactement tous les aspects que je veux explorer. Mon projet de mémoire portera sur la représentation des minorités ethnoraciales dans les cursus scolaires au Canada atlantique. En tant qu’enseignante, j’espère que cette recherche pourra aider les écoles.  

Comment expliquer votre intérêt pour la culture acadienne et pour les cultures francophones ? 
Pour la culture acadienne, mon intérêt est plutôt venu lorsque j’ai déménagé au Nouveau-Brunswick. Le choc des cultures, que ce soit sur la plan linguistique ou au niveau de la nourriture ou de la musique, était grand. Mon emploi d’été lorsque j’étais étudiante au baccalauréat en éducation se faisait à la Société historique Nicolas-Denys (SHND). Cet emploi m’a certainement fait découvrir des dimensions plus amples au sujet des Acadiens, de leurs origines, de ce sentiment de famille et de cette volonté de découvrir sa généalogie chez les Acadiens.  

En quoi consiste votre travail pour la Chaire ?
Je suis coordinatrice de l’Observatoire Nord/Sud. Mes tâches touchent principalement la gestion de l’Observatoire, l’organisation des activités de la CRÉAcT ou d’autres initiatives du professeur Clint Bruce. Un autre côté de mon travail consiste à la formation continue. Tout au long de mon contrat, je vais suivre différentes formations, assister à des conférences, développer mes compétences en technologies, approfondir mes connaissances en histoire. De plus, j’aide monsieur Bruce à poursuivre ses recherches, y compris en encadrant les assistant-e-s de premier cycle. 

Qu’est-ce que vous aimez faire comme passetemps/divertissement ? Quels sont vos autres intérêts intellectuels ?
J’ai toujours aimé apprendre différentes langues. J’aime découvrir les différentes expressions, les dialectes, etc. La musique d’ici et d’ailleurs représente pour moi une grande passion. J’adore découvrir l’histoire derrière la chanson, le musicien ou le groupe, le style de musique, le choix des instruments. Sur un plan plus personnel, je suis ce que l’on appelle une « geek ». Je raffole des grands classiques du cinéma tels que Le Seigneur des Anneaux et Star Wars. J’assiste parfois à des conventions où d’autres personnes partagent les mêmes passions que moi pour les jeux vidéos, les films et les dessins animés japonais.  

Dans quelle mesure est-ce que ce poste au sein de l’Observatoire Nord/Sud contribuera à votre développement professionnel (ou autre)? 
En tant qu’enseignante d’histoire et de français, le travail de coordination à l’Observatoire m’a déjà beaucoup aidée à envisager le genre d’enseignante que je voudrais être pour mes élèves. De plus, le perfectionnement grâce aux formations, aux conférences et aux instruments technologiques pourront m’aider dans la préparation des leçons dans le cadre des cours que je vais enseigner. La recherche historique avec monsieur Bruce pourra m’amener à améliorer mes connaissances au sujet de l’histoire, de la recherche, et cela permettra non seulement de donner à mes élèves une meilleure qualité d’enseignement, mais aussi de leur partager mon savoir acquis au fil de la recherche.