«La recherche, ce n’est pas un sprint, c’est un marathon» : entretien avec Cody Donaldson, récent diplômé de l’Université Sainte-Anne et assistant auprès la CRÉAcT

Membre de l’équipe de la CRÉAcT depuis 2016, Cody Donaldson vient de terminer ses études de premier cycle à l’Université Sainte-Anne. Lors de la cérémonie de remise des diplômes, le 11 mai 2019, il a remporté deux prix d’excellence, autant d’honneurs qui témoignent du sérieux intellectuel de ce jeune homme pour qui découvrir et apprendre apportent une réelle joie. C’est en lui faisant part de nos plus vives félicitations ainsi que de notre plus profonde reconnaissance pour ses contributions, en tant qu’assistant de recherche, aux projets de la Chaire, que nous présentons cet entretien avec Cody.

Décrivez votre parcours à l’Université Sainte-Anne. Qu’est-ce que vous avez étudié et dans quel but ?

Je suis récemment diplômé du programme B.A./B.Ed. en enseignement au niveau secondaire (majeure en français, mineure en histoire). J’ai passé cinq années à l’Université Sainte-Anne, riches en moments inoubliables. D’abord, je me suis intéressé au domaine de l’éducation puisque c’est le moyen par lequel j’ai eu le goût du français, qui n’est pas ma première langue. Mon rêve, en ce qui concerne ma carrière, est donc de faire naître chez mes élèves la même passion pour la langue française. Je fais actuellement de la suppléance dans des écoles du CSAP [Conseil scolaire acadien provincial] et je débuterai ma première pleine année d’enseignement au mois de septembre.

D’où êtes-vous originaire ? Quel a été votre cheminement jusqu’ici ?

Mon village d’origine, Argyle, est situé au bord de la mer et fait partie de la région de Par-en-bas. J’ai fait mes études élémentaires et secondaires à l’école Drumlin Heights dans le programme d’immersion et c’est en septembre 2014 que je suis arrivé à l’Université Sainte-Anne. Cela veut dire que, jusqu’à maintenant, je n’ai eu que deux lieux de résidence dans ma vie : la maison où j’ai grandi et ma résidence à l’université. J’ai fait mes stages d’enseignement dans quelques-unes des écoles secondaires du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, y compris l’École secondaire de Par-en-Bas.

En 2017, j’ai eu l’occasion de me rendre en Louisiane avec l’équipe de la CRÉAcT pour mener des recherches de terrain et dans les centres d’archives. Nous avons visité plusieurs sites culturels et organisé une journée d’immersion française en collaboration avec le centre NUNU à Arnaudville. Ce voyage était une expérience très formatrice de mon assistanat qui m’a profondément marqué.

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L’équipe de la CRÉAcT dans la salle de consultation de la Hill Memorial Libary, Louisiana State University (Bâton-Rouge), été 2017.

D’où vient votre intérêt particulier pour les études acadiennes ?

Ce n’est que vers la fin de ma douzième année d’école que j’ai su que je descends de plusieurs familles acadiennes et donc je tiens à redécouvrir et faire revivre la culture acadienne dans ma famille. C’est sûr que la généalogie et l’histoire familiale représentent pour moi un grand centre d’intérêt. Plus généralement, je crois que la période à laquelle je m’intéresse le plus dans l’histoire acadienne, c’est celle des années qui suivent le retour de la Déportation. Dans mon coin de l’Acadie, nous avons de très beaux exemples historiques d’Acadiens qui s’organisent entre eux et qui se lancent dans le commerce et la politique.

À quels types de tâches et de projets avez-vous contribué dans le cadre de votre travail pour la Chaire ? Y a-t-il eu un projet préféré ?

En tant qu’assistant de recherche je me suis occupé de diverses tâches liées aux projets de la CRÉAcT, telles que la numérisation d’articles de journaux, le maintien d’une base de données de sources bibliographiques, le travail d’indexation et plusieurs autres encore.

Mon projet préféré est sans doute l’indexation du Petit Courrier de la Nouvelle-Écosse. J’ai fait toutes sortes de belles découvertes. Par exemple, il y avait un article sur les circonstances du décès de mon arrière-arrière-grand-père que j’ai retrouvé pendant une séance de travail ! Parfois, je me sentais comme si j’entrais dans tout un autre monde. Je suis convaincu que ce projet m’a donné une perspective plus éclairée sur l’histoire de ma région d’origine.

Dans quelle mesure est-ce qu’un assistanat de recherche aura contribué à votre développement professionnel ?

Toutes les tâches m’ont donné l’occasion d’approfondir mes connaissances et de développer une gamme de compétences professionnelles qui me serviront dans autres contextes : par exemple, la gestion de l’information, la collaboration, la communication, des compétences en informatique, etc. Comme susmentionné, au cours de mon assistanat, j’ai beaucoup travaillé avec les bases de données. C’est un travail minutieux, mais très important. Le traitement de données est très utile, voire nécessaire dans le domaine de l’éducation puisque nous cherchons à mieux comprendre les progrès des élèves. Pour ce faire, nous devons recueillir et analyser plusieurs données et ce, pour tous nos élèves. Donc, je crois pouvoir affirmer que mon assistanat aura influencé quelques-unes de mes pratiques en tant qu’enseignant.

Vous comptez aussi d’autres expériences dans le domaine de la recherche et du patrimoine, n’est-ce pas ?

En plus d’avoir travaillé avec l’équipe de la CRÉAcT, j’ai occupé plusieurs postes au Argyle Township Court House & Archives au cours des derniers étés. En tant qu’employé, je devais aider le public à trouver des documents pertinents, ce qui veut dire que j’ai eu un contact fréquent avec les sources primaires qui illuminent notre histoire locale. La recherche et l’enregistrement de l’histoire locale m’ont beaucoup plu et j’ai décidé de m’y essayer. Jusqu’à date, j’ai le plaisir d’avoir signé quelques articles dans le bulletin historique de la Argyle Municipality Historical & Genealogical Society, The Argus.

Qu’est-ce que vous aimez faire comme passe-temps ? Quels sont vos autres intérêts intellectuels ?

J’ai en quelque sorte un appétit vorace de lecture et j’adore surtout les romans fantastiques, policiers et à suspense. Avec mes amis, j’aime bien jouer aux jeux de société. Même si je n’ai pas de talent musical, j’écoute de la musique pour me détendre. De plus, je m’amuse à apprendre diverses langues. Si mon horaire le permet, je me tiens au courant de l’actualité.

Pour terminer : avez-vous un conseil ou une réflexion à l’intention des futur-e-s étudiant-e-s éventuellement intéressé-e-s par un travail d’assistanat de recherche ?

Veillez à votre gestion du temps. Dans la mesure du possible, réservez-vous une plage d’horaire suffisante chaque semaine afin d’accomplir le travail. C’est une responsabilité qui exige une bonne concentration et qui ne devrait jamais être laissée à la dernière minute. Ce n’est pas un sprint, c’est un marathon.

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