La recherche à Sainte-Anne : Ramona E. Blinn, stagiaire à la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT)

C’est avec plaisir et fierté que nous partageons ce portrait de Ramona E. Blinn, stagiaire à la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT) et l’Observatoire Nord/Sud, sous la direction du professeur Clint Bruce. Ce texte a été préparé par le Bureau de la recherche de l’Université Sainte-Anne, dont l’une des missions consiste à mettre de l’avant les chercheures et chercheurs de notre institution. 

Originaire de Clare, c’est en 2018 que Ramona a débuté son parcours à Sainte-Anne alors qu’elle a entamé un baccalauréat avec double majeure français et anglais. Durant ses études, elle s’est impliquée comme assistante de recherche auprès du Centre acadien lors de deux stages d’été en 2019 et 2020. Elle a travaillé plus particulièrement sur trois projets, soit 1) mise en valeur du patrimoine culturel et historique des Acadiennes et des Acadiens de la Nouvelle-Écosse par l’organisation et la numérisation de documents et de photos d’archives, 2) un appui à la recherche et la rédaction de contenu historique pour le jeu vidéo Clarevoyance et 3) la création d’outils visant à faciliter l’accès aux ressources en ligne. 

Déjà impliquée pour le journal de l’École secondaire de Clare, son expérience au Centre acadien cristallise un intérêt pour le travail de recherche et de rédaction, notamment afin de faciliter la communication des connaissances auprès de la communauté. En parallèle de ses études, Ramona a travaillé pour Le Courrier de la Nouvelle-Écosse en tant que journaliste et coordinatrice des médias sociaux et du développement communautaire, en plus d’appuyer des projets en édition et traduction. Passionnée d’histoire, de littérature et d’écriture, Ramona apprécie également passer du temps en nature en plus de mettre en valeur l’environnement et les gens qui l’entourent à travers la photographie et la rencontre. 

Engagée dans son milieu et sur le campus, elle a créé plusieurs initiatives pour sensibiliser à la douleur chronique et aux enjeux d’accessibilité et d’inclusion qui lui sont associés. En particulier, son projet des Jours de l’accès cherche à stimuler la discussion et la conversation afin de déstigmatiser et mettre en valeur l’expérience et le vécu des personnes en situation de handicap. Dans le cadre de l’Exposition photo-voix de l’Université Sainte-Anne de 2020, elle a aussi créé une affiche autour des enjeux d’accessibilité que peuvent vivre les étudiantes et étudiants dans les lieux publics, et elle a participé à la Annual Atlantic Undergraduate English Conference à l’Université Memorial (Terre-Neuve) en 2021 où elle a présenté sur les représentations de l’incapacité dans le poème “Disabled” de Wilfred Owen

Plus récemment, c’est auprès de la CRÉAcT et de l’Observatoire Nord/Sud que Ramona continue son travail de recherche, où elle a l’opportunité de s’impliquer sur plusieurs projets visant à mieux comprendre et mettre en valeur l’histoire, l’identité et le parcours des Acadiennes et des Acadiens. Entre autres, elle participe à l’organisation et au codage d’entretiens sur le parcours de la diaspora acadienne en Nouvelle-Angleterre et en Louisiane, fouille les fonds et journaux d’archives de la Louisiane afin de suivre le parcours de personnes qui ont fui l’esclavage et soutient la collecte de données auprès des municipalités des provinces maritimes pour une recherche sur leurs jumelages municipaux respectifs. Elle assure également des entretiens oraux et des transcriptions auprès de personnes de la région qui ont des liens aux États-Unis dans le cadre du projet Trois siècles de migrations francophones en Amérique du Nord (1640-1940)une initiative pancanadienne visant à mieux comprendre les migrations francophones dans l’histoire

À l’automne 2022, Ramona débutera une maîtrise en cultures et espaces francophones sous la direction de Chantal White, professeure au Département des études françaises. Elle s’intéressera plus particulièrement aux liens entre l’histoire, la langue et la santé dans les communautés acadiennes. À travers les récits des personnes qu’elle rencontrera, elle veut mettre en lumière les différentes expressions par rapport aux enjeux de santé selon la langue et la culture et voir si cela se traduit par des expériences différentes. 

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Du côté de l’Observatoire Nord/Sud : notre équipe est à l’œuvre ! («Au rythme de notre monde» dans Le Courrier de la Nouvelle-Écosse, 1er juillet 2022)

Note : Cette chronique a été publiée simultanément dans Le Courrier de la Nouvelle-Écosse, édition du 1er juillet 2022, sous la rubrique «Au rythme de notre monde».

Malgré une perception très répandue, le début de l’été ne signifie pas le début des vacances pour les universitaires. Celles-ci viendront plus tard… et seront très appréciées, assurément ! À l’heure actuelle, ce sont plutôt nos projets et partenariats de recherche qui ont la priorité à l’Observatoire Nord/Sud.

À titre de rappel pour le lectorat du Courrier, les initiatives de l’Observatoire Nord/Sud, centre qui se situe dans l’édifice de la Bibliothèque Louis-R.-Comeau de l’Université Sainte-Anne, à Pointe-de-l’Église, visent à jeter des éclairages nouveaux sur l’évolution de la diaspora acadienne et sur l’Acadie dans sa dimension internationale. Nos projets s’inscrivent dans les travaux de la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT), établie en novembre 2015.

L’implication de nos étudiantes et étudiants étant l’un des moteurs de nos travaux, nous disposons en ce moment d’une équipe composée de trois jeunes personnes, et ce, grâce à une subvention d’Emplois d’été Canada. En plus de Karmen d’Entremont, étudiant à la maîtrise en Cultures et espaces francophones à Sainte-Anne et coordinateur de l’Observatoire Nord/Sud, et de Ramona Blinn, qui vient de décrocher son baccalauréat et qui s’apprête à intégrer le même programme de maîtrise, nous avons la chance de travailler avec Réanne Cooper, ancienne assistante de recherche de 2016 à 2019. Très impliquée dans la vie de notre institution, notamment en tant que présidente de l’Association des alumni de l’Université Sainte-Anne (AAUSA), et dans le milieu communautaire, Réanne est sur le point de terminer une maîtrise en administration à l’Université de Moncton. Sa présence constitue un atout.

Je profite de l’occasion pour saluer les contributions précieuses au cours des deux dernières années d’Audrey Paquette-Verdon, dont le stage s’est achevé à la fin avril. D’ici l’automne, ses efforts seront surtout consacrés à la rédaction de son mémoire en Cultures et espaces francophones. Bravo et bonne continuation, Audrey !

Même si la pandémie de COVID-19 demeure une réalité, le relâchement des restrictions sanitaires nous permet déjà de mieux renouer avec nos partenaires de l’extérieur. Il est plus que temps ! 

Le mois dernier, je me suis rendu au Nouveau-Brunswick pour une réunion avec la direction du Musée acadien de l’Université de Moncton, à laquelle participaient également Murielle Comeau-Péloquin, de la Société historique acadienne de la Baie Sainte-Marie, et Glenda Doucet-Boudreau, présidente de l’Association Madeleine-LeBlanc. Il s’agissait d’une séance de planification en vue d’une exposition pour mettre en valeur le vécu d’Acadiennes ayant émigré aux États-Unis au début du 20e siècle – histoire fascinante s’il en est. Prévue pour le Congrès mondial acadien 2024, cette initiative s’inscrit dans un projet plus vaste : Trois siècles de migrations francophones en Amérique du Nord, 1640-1940.

Plusieurs étudiants mettent la main à la roue pour faire avancer notre recherche. Pour Karmen d’Entremont, c’est à travers ce projet qu’il s’est initié aux travaux de la CRÉAcT. « C’était un très bon point de départ, explique-t-il, car je peux maintenant étudier le phénomène de l’émigration vers la Nouvelle-Angleterre, quelque chose qui touche fortement ma famille. » Originaire de Par-en-Bas, Karmen est en train de numériser des photos prêtées par des membres de la communauté et par le Musée des Acadiens des Pubnicos et Centre de recherche.

Tout récemment, notre équipe est retournée à Moncton pour assister à un colloque sur le thème de « l’Acadie et les guerres mondiales (1914-18, 1939-45) », organisé par l’Institut d’études acadiennes de l’Université de Moncton, l’un de nos partenaires, en collaboration avec le Musée acadien et le Centre d’études acadiennes Anselme-Chiasson. En suivant l’approche d’une « université populaire » aux activités variées, cet événement aura offert une formation précieuse sur les sources documentaires et les méthodes d’enquête pour mieux saisir l’expérience d’Acadiens et d’Acadiennes en temps de guerre.

Nos stagiaires explorent les expositions qui ont été préparées à l’occasion de l’université populaire sur « l’Acadie et les guerres mondiales », à l’Université de Moncton. (PHOTO – CLINT BRUCE)

Plusieurs de nos projets en cours s’appuient justement sur des corpus documentaires que les membres de l’équipe sont en train de dépouiller et d’organiser. Ramona Blinn apprécie tout particulièrement « la transcription d’entretiens oraux et de documents d’archives en écriture cursive », ce qui lui fait découvrir leurs contextes respectifs. « J’aime observer et partager les vécus divers puis les manières de s’exprimer à différentes époques », affirme-t-il.

Avec Réanne Cooper, Ramona s’occupe également de mettre à jour nos données sur les jumelages de ville aux provinces maritimes, ce qui n’est pas une mince affaire : ces deux stagiaires sont en train de contacter toutes les municipalités des trois provinces maritimes, par courriel ou par téléphone, afin de déterminer s’il y a de nouveaux jumelages et, dans le cas de ceux déjà répertoriés, de demander quels échanges ont été menés dans la dernière année.

Réanne m’explique que, parmi les divers dossiers auxquels elle contribue, notre balado Acadiversité lui tient à cœur tout spécialement. En ce moment, elle collabore avec Karmen pour réaliser un épisode qui explorera l’expérience des prêtres venus d’Afrique pour exercer leur ministère en Acadie.

« En participant à ce projet, souligne Réanne, j’ai la chance de discuter avec des gens de la communauté de Clare, y compris les curés comme le père Hospice [Jurice Akoffodji], et du milieu universitaire tout en bonifiant mes compétences à mener des entretiens. »

En plus de nos projets de recherche, nous espérons relancer bientôt notre programmation pour accueillir plus d’activités et de réunions dans les locaux de l’Observatoire Nord. Nous avons reçu, il y a quelques jours, une délégation de la Société nationale de l’Acadie (SNA) qui, au cours de sa récente tournée de la Nouvelle-Écosse, est venue discuter avec des profs et étudiants de notre université.

Par ailleurs, à la veille de l’arrivée de ce groupe à la Baie Sainte-Marie, nos trois stagiaires avaient aidé au nettoyage de la Vieille Maison à Meteghan, cet ancien musée patrimonial qui fait actuellement l’objet d’une campagne en vue de sa réhabilitation.

Le lien avec la mission de l’Observatoire Nord/Sud ? Le fondateur de la Vieille Maison, c’est-à-dire le chorégraphe et instructeur de danse Adolphe Robicheau (1906-78), avait émigré à Boston dans sa jeunesse. En même temps qu’il développait sa carrière aux États-Unis, monsieur Robicheau tenait à contribuer au rayonnement de l’Acadie de la Nouvelle-Écosse. Il y a là un fascinant parcours que l’intrépide Daniel Robichaud, l’un de nos partenaires communautaires, est en train de mettre au jour.

Et tout cela n’est que le début !

Nous sommes de retour ! Ou : après la grève, le beau temps…

Inutile de le nier : les sept dernières semaines ont été longues et pénibles. Pendant cette période, allant du jeudi 3 mars au jeudi 21 avril 2022, l’Association des professeurs, professeures et bibliothécaires (APPBUSA) de l’Université Sainte-Anne ont mené une grève – la première du corps professoral de l’Université Sainte-Anne, en 132 ans d’existence, et la deuxième si nous tenons compte de celle du corps étudiant de 1968, laquelle a sauvé notre institution. Ardue et très éprouvante pour nos étudiant-e-s, la nôtre n’était pas voulue – loin de là -, mais elle nous a semblé nécessaire afin de sortir d’une impasse au sujet de notre prochain contrat. (Pour en savoir plus sur les enjeux de ce conflit, voir ce reportage de Radio-Canada.) Après la tempête, le beau temps revient, si nous exceptons le décès inattendu d’un cher collègue, le professeur Jean Wilson, du Département d’études françaises.

Pendant ces sept semaines, longues et pénibles, les activités de la CRÉAcT et de l’Observatoire Nord/Sud ont été suspendues. Nous sommes de retour. Nos réunions d’équipe recommenceront. Nos initiatives médiatiques seront relancées, à commencer par le sixième épisode du balado Acadiversité : Les traumatismes collectifs dans le folklore de la Louisiane francophone, AUX DIRES DE… Nathan Rabalais. Reprendront aussi les rencontres avec nos partenaires, tant universitaires que communautaires. Nos prochaines activités publiques, en ligne et, un peu plus tard, sur place, seront bientôt annoncées.

Sachez, lectrices et lecteurs de ce blogue, que des lendemains merveilleux nous sont promis ici à l’Université Sainte-Anne, seul établissement postsecondaire francophone en Nouvelle-Écosse et, à certains égards, un microcosme de la francophonie. L’excellence et l’équité sont possibles ici, malgré et aussi à cause de notre petite taille. Notre spécificité, qui comporte des contraintes, certes, peut devenir le levier de notre épanouissement. C’est un immense honneur pour moi, en tant que titulaire de la CRÉAcT, directeur de l’Observatoire Nord/Sud et fier membre de l’APPBUSA, de faire partie de cette magnifique aventure.

M. Clint Bruce

Carmen d’Entremont se penchera sur les migrations acadiennes dans le cadre de son stage postdoctoral

Pointe-de-l’Église (N.-É.), le 21 septembre 2021 – Ethnologue expérimentée dans le domaine des traditions orales des régions acadiennes, Carmen d’Entremont effectue présentement un stage postdoctoral qui vise à retracer les motifs et les impacts des migrations circulaires entre les régions de Par-en-Bas et la Nouvelle-Angleterre.

Chercheuse associée de l’Observatoire Nord/Sud et membre de l’équipe de la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT), son stage postdoctoral est financé par le projet Trois siècles de migrations francophones en Amérique du Nord (1640-1940) (TSMF). Ce dernier est sous la direction de l’historien Yves Frenette, titulaire de la Chaire de recherche du Canada de niveau 1 sur les migrations, les transferts et les communautés francophones, située à l’Université de Saint-Boniface.

« Carmen d’Entremont n’est pas une étrangère au sein du projet Trois siècles de migrations francophones, puisqu’elle était impliquée au Centre acadien et à l’Observatoire Nord-Sud, deux institutions partenaires importantes. Dans son nouveau rôle de stagiaire postdoctorale, cette expérience lui sera profitable, mais surtout elle contribuera au chantier de recherche sur les relations entre l’Acadie du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, particulièrement la région de Par-en-Bas, et la Nouvelle-Angleterre. En outre, elle apporte au projet une perspective ethnologique fort bienvenue. »

– Yves Frenette, titulaire de la Chaire de recherche du Canada de niveau 1 sur les migrations, les transferts et les communautés francophones à l’Université de Saint-Boniface

Le projet de recherche Trois siècles de migrations francophones en Amérique du Nord (1640-1940) explore la genèse et l‘évolution des populations francophones sur le continent nord-américain et nourrit les réflexions sur les enjeux de l’immigration, de la diversité culturelle et du vivre-ensemble.

Carmen se penchera plus particulièrement sur des questions d’identité avec l’aide de récits et de témoignages recueillis, qu’elle utilisera pour reconstituer l’historique des expériences migratoires (l’histoire orale) et saisir les points de vue, traditions, sentiments et valeurs de la culture étudiée (les traditions orales). Elle travaillera de près avec le professeur Clint Bruce, titulaire de la CRÉAcT, ainsi qu’avec des associations locales comme la Société historique acadienne de la Baie Sainte-Marie et le Musée des Acadiens des Pubnicos et Centre de recherche Père-Clarence-d’Entremont.

Collection de Carmen d’Entremont

À propos de l’Université Sainte-Anne

L’Université Sainte-Anne, la seule université francophone en Nouvelle-Écosse, offre des programmes d’études universitaires et collégiales ainsi que des programmes d’immersion et de formation sur mesure en français langue seconde. Reconnue pour l’excellence de ses programmes et son milieu de vie unique et exceptionnel, elle offre des occasions d’apprentissage expérientiel favorisant l’engagement et la réussite des étudiants et un contexte favorable à l’établissement d’une culture d’excellence en recherche et en développement. Résolument ancrée dans son milieu, elle est un partenaire de choix pour accroître la vitalité des régions entourant ses campus et de l’Acadie de la Nouvelle-Écosse dans son ensemble.

Pour plus d’information      

Rachelle LeBlanc, Directrice des communications et du marketing
Université Sainte-Anne
Tél. : 902-769-2114, poste 7222
Courriel : rachelle.leblanc@usainteanne.ca

Trois questions pour Kirby Jambon, poète lauréat de la Louisiane française

Éducateur et énergique promoteur de la langue française en Louisiane, Kirby Jambon est l’auteur de trois recueils de poésies, tous parus aux Éditions Tintamarre : L’école gombo : poésies (2006), Petites communions : poèmes, chansons et jonglements (2013) et Chercher la chasse-femme : poésies (2016). En 2014, il a remporté le Prix Henri-de-Régnier de l’Académie française… un honneur dûment mérité mais totalement inattendu pour ce Cadien du bayou Lafourche ! À l’automne 2020, Jambon a été nommé au rôle de Poète lauréat de la Louisiane française, poste honorifique précedemment occupé par Zachary Richard et Barry Jean Ancelet (sous le pseudonyme Jean Arceneaux). Retardée en raison de la pandémie, son intronisation a eu lieu le dimanche 13 juin 2021, chez Beausoleil Books à Lafayette. Nous avons profité de l’occasion pour lui poser – par correspondance, bien sûr – quelques questions, y compris sur ses rapports avec l’Acadie de la Nouvelle-Écosse.

Pourquoi le poste de poète lauréat a-t-il une importance dans la Louisiane d’aujourd’hui ? En quoi est-ce que ce rôle permet de faire avancer la cause francophone ?

C’est une validation de deux réalités : que la Louisiane française existe et qu’on a notre propre literature. Le français en Louisiane n’est pas seulement une langue d’héritage. Le français est une langue du présent et de l’avenir en Louisiane. Notre littérature, notre poésie est une réflexion de cette réalité et aussi une inspiration pour les cadiens, les créoles et tous les franco-louisianais, jeunes et moins jeunes. Comme notre musique et notre cuisine, notre langue est une partie intégrante de notre culture. Le poète lauréat de la Louisiane française être un autre véhicule pour prendre le chemin et montrer que la langue française, soit orale ou écrite, tient une place très importante et bien méritée sur la carte de la vie quotidienne en Louisiane.

Kirby Jambon (gauche) en compagnie du musicien et poète Zachary Richard et de l’ethnologue et écrivain Barry Jean Ancelet, les deux premiers poètes lauréats de la Louisiane française, le dimanche 13 juin 2021. (Crédit photo : Tiffany Guillory Thomas)

Vous avez passé une année universitaire chez nous, à l’Université Sainte-Anne, il y a un certain temps. Qu’est-ce que cette expérience en Acadie vous a apporté ? Est-ce que vous avez fait d’autres séjours à l’étranger ?

En 1994-95, après ma neuvième année d’enseignement, j’ai décidé de quitter la Nouvelle-Orléans, où je vivais depuis huit ans, pour prendre un congé sabbatique à l’Université Sainte-Anne. Mon but : d’être certifié en français et puis de retourner en Louisiane et d’enseigner en immersion française à l’école Prairie à Lafayette. L’année que j’ai passée à l’Université Sainte-Anne a été une expérience que je vais jamais oublier. C’est pendant ce séjour que j’ai appris l’importance du fait français dans ma vie et aussi que j’ai fortifié les liens avec mon héritage acadien et avec les Acadiens et Acadiennes qui continuent à vivre en français et à promouvoir leur culture.

Comme Louisianais francophone, les contacts et les amitiés que j’ai développés avec la francophonie hors de la Louisiane sont simplement des sources de richesses. J’ai tellement aimé mes séjours en France et au Québec, mais les dizaines de fois que j’ai visité les Maritimes sont parmi mes plus beaux souvenirs.

Quels sont vos projets en cours et à venir, soit comme écrivain, soit comme éducateur et défenseur du français en Louisiane ?

C’est bien sûr de ne pas lâcher la patate. Je continue à enseigner des cours en immersion française aux jeunes et des cours de français louisianais aux adultes. Je publie des vidéos aussi pour aider mon enseignement. Je continue à travailler avec le théâtre en français avec les jeunes, un ouvrage qui me donne autant de joie. On peut entendre ma voix dans la série animée, Boudini et ses amis, par Télé-Louisiane. Je suis en train d’organiser une lecture de poésie par des jeunes francophones en Louisiane. Et sans doute, je ne lâche pas la plume. Un projet que, j’espère, va se réaliser, c’est un livre de poèmes illustré pour enfants. Ça fait, je suis poète et puis je trouve la poésie dans la vie et je la transcrit en mots. Je ne peux pas m’empêcher.

Écoutez la lecture d’un poème de Kirby Jambon sur la chaîne YouTube de l’écrivain :

Du côté de l’Observatoire Nord/Sud (dans Le Courrier de la Nouvelle-Écosse, 28 mai 2021)

Ce texte est également disponible sur le site du Courrier de la Nouvelle-Écosse, où il a paru le 28 mai 2021 sous la rubrique Au rythme de notre monde.

Le passage de l’hiver au printemps aura vu arriver beaucoup d’activités au sein de l’Observatoire Nord/Sud!

Avant d’en donner un bref aperçu, il y a lieu de féliciter deux de nos assistants de recherche qui viennent de terminer leurs études ici à l’Université Sainte-Anne. Joseph Cibalinda, originaire de la République démocratique du Congo et très impliqué dans la vie étudiante sur notre campus, possède désormais un baccalauréat en administration des affaires, tandis que Bailey Ross, assistant de recherche depuis l’hiver 2019 et ancien président de l’Association générale des étudiant(e)s de l’Université Sainte-Anne, se trouve muni d’un baccalauréat ès arts avec une majeure en études françaises et une mineure en histoire. Bailey poursuivra ses études en éducation à Acadia University. 

Pour en savoir davantage sur son parcours et ses contributions aux projets de la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT), on peut lire cet entretien avec Bailey dans Les Carnets Nord/Sud, le blogue de la chaire.

Bailey Ross prend la parole lors d’une classe de maître de la CRÉAcT sur l’antibilinguisme au Canada, animée par Ricky G. Richard, le 18 mars 2019. (Crédit photo : Louise d’Alessio-Doucet)

Dans les derniers mois, j’ai eu l’occasion de faire plusieurs interventions en ligne autour de mon livre Afro-Creole Poetry in French from Louisiana’s Radical Civil War-Era Newspapers: A Bilingual Edition, paru l’an dernier aux presses de The Historic New Orleans Collection. Parmi celles-ci, il y a eu, du 5 au 7 mars, le symposium Recovered Voices: Black Activism in New Orleans from Reconstruction to the Present Day (« Des voix récupérées : le militantisme noir à La Nouvelle-Orléans, de la Reconstruction jusqu’à nos jours »). Le site de THNOC permet d’en prendre connaissance.

Depuis lors, un projet tout à fait inspirant a été dévoilé par la maison d’édition, qui a invité trois poètes afro-américains contemporains à réagir à l’un des textes des années 1860. Kelly Harris-DeBerry, Kalamu Ya Salaam et Mona Lisa Saloy ont composé des poèmes saisissants qui font l’objet de capsules vidéos. L’article sur le blogue de THNOC a suscité plus de 4 400 réactions sur Facebook et les vidéos ont été partagées plus de 1 300 de fois. Ce communiqué de l’Université Sainte-Anne explique davantage cette initiative. 

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Pour l’amour de la francophonie : entretien avec Bailey Ross, assistant de recherche et récent diplômé de l’Université Sainte-Anne

Nous nous entretenons avec Bailey Ross, assistant de recherche qui vient de décrocher son diplôme de l’Université Sainte-Anne. C’est un passionné d’histoire à qui les cultures francophones tiennent à cœur...

Décrivez votre parcours à l’Université Sainte-Anne. Qu’est-ce que vous avez étudié et dans quel but ?

J’étais inscrit dans le programme de baccalauréat, majeure en français, mineure en histoire, afin de devenir enseignant de français langue seconde. Cette année, j’obtiens mon diplôme de l’Université Sainte-Anne et je commencerai mon baccalauréat en éducation à Acadia Université. Depuis ma première année, j’ai suivi plusieurs cours de littérature française, de linguistique et d’histoire, y compris d’histoire acadienne.

Quel a été votre cheminement jusqu’ici ? Aussi, vous êtes très impliqué dans des initiatives francophones, n’est-ce pas ?

Je suis originaire de Digby, ici en Nouvelle-Écosse. C’est une ville anglophone située au sud-ouest de la province. J’y suis demeuré jusqu’à mon déménagement à l’université. À l’école élémentaire et secondaire, j’étais inscris dans le programme d’immersion française. J’ai suivi la majorité de mes cours en français jusqu’à la fin de mes études. 

Quand je suis arrivé à Sainte-Anne, je me suis impliqué dans conseil exécutif de Canadian Parents for French – Nouvelle-Écosse. J’ai servi de représentant jeunesse et de secrétaire, et j’en suis actuellement le vice-président. En plus, j’ai participé au forum Officiellement 50 ! à Gatineau, au Québec, en 2019. J’étais invité par le commissaire des langues officielles pour faire des recommandations au sujet de la modernisation de la Loi sur les langues officielles du Canada.

Bailey Ross prend la parole lors d’une classe de maître de la CRÉAcT sur l’antibilinguisme au Canada, animée par Ricky G. Richard, le 18 mars 2019. (Crédit photo : Louise d’Alessio-Doucet)

Comment s’explique votre intérêt particulier pour les études acadiennes ?

Mon intérêt pour les études acadiennes date de mon séjour scolaire à Digby Regional High School. Plusieurs de mes enseignants avaient des origines acadiennes. Ainsi, ils nous ont appris plusieurs perspectives historiques sur la déportation. Lorsque je suis arrivé à Sainte-Anne, j’ai développé un amour encore plus profond pour le sujet. J’ai suivi des cours d’histoire traitant non seulement du Grand Dérangement, mais de tous les effets culturels qui ont résulté de l’intégration de la culture acadienne dans leurs nouvelles patries.

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Du côté de l’Observatoire Nord/Sud (dans Le Trait d’Union, 11 février 2021)

(Note : Une version abrégée de cette chronique est parue dans le numéro 42 [11 février 2021] du Trait d’union, bulletin trimestriel destiné aux membres du personnel de l’Université Sainte-Anne.)

Pointe-de-l’Église, 26 février 2021 – Conformément aux principes de l’Université Sainte-Anne, l’implication des étudiantes et étudiants dans les activités de recherche trône en tête des priorités de la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT) et de l’Observatoire Nord/Sud. Il m’arrive de dire que nos assistantes et assistants de recherche servent de multiplicateurs de force—et c’est vrai. Même si le retour à la normale se fait attendre, les projets vont de l’avant, grâce en grande partie à notre équipe.

Ces derniers temps, plusieurs responsabilités sont confiées à Audrey Paquette-Verdon, coordinatrice de l’Observatoire et étudiante à la maîtrise en Cultures et espaces francophones. Le lectorat du Courrier a eu la chance de bénéficier de ses connaissances sur la francophonie en Chine grâce à la chronique qu’elle a signée il y a deux semaines, fruit de ses recherches issues d’un séminaire de maîtrise. Parmi ses autres contributions, elle travaille de près avec Zoe Geddes, assistante de premier cycle, sur la collecte de données dans le cadre de notre enquête sur les jumelages de villes aux provinces Maritimes. 

Quant aux recherches en histoire, Audrey accompagne les démarches de Mykkaela Lutes, Bailey Ross et Joseph Cibalinda qui s’occupent du traitement de documents d’archives pour le projet « L’expérience acadienne au temps de l’esclavage ». Il s’agit d’étudier les relations entre Acadiens, d’une part, et Africains tenus en esclavage en Louisiane, d’autre part, aux 18e-19e siècles. C’est une facette moins connue de l’évolution de la diaspora acadienne, mais qui est à l’origine de beaucoup d’éléments de la culture cadienne grâce à la créolisation culturelle. Signalons que Joseph, étudiant en administration des affaires, vient de se joindre à l’équipe.

Pour donner une idée du type d’expérience que la CRÉAcT peut offrir – hors pandémie, certes – nous venons de lancer une capsule vidéo : « Une expérience de la diaspora acadienne : Yvette Comeau en Louisiane avec la CRÉAcT » (sur Facebook). Originaire de la Baie Sainte-Marie et également étudiante en Cultures et espaces francophones, Yvette a visité Lafayette et La Nouvelle-Orléans en avril 2019, dans le cadre d’un stage au sein de l’Observatoire Nord/Sud. C’était toute une découverte ! Dans ce mini-documentaire, elle fait part de ses souvenirs et de ses réflexions sur les affinités entre les communautés de la diaspora acadienne. De quoi nourrir son projet de maîtrise… sans parler des mets savoureux qu’elle a dégustés là-bas !

Yvette Comeau, stagiaire auprès de la CRÉAcT en 2018-19, explore les archives de l’Université de Louisiane à Lafayette.

Inspiré par ce voyage, son mémoire compare le maintien du lexique traditionnel dans les parlers français de la Baie Sainte-Marie et de la Louisiane (sous la direction de Chantal White, professeure de linguistique au Département d’études françaises). Elle a récemment décroché une bourse de rédaction décernée par l’Institut de recherche sur les cultures acadiennes et francophones dans le monde contemporain (ICAF) et la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse.

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Du côté de l’Observatoire Nord/Sud (dans Le Trait d’Union et Le Courrier de la Nouvelle-Écosse, 11 décembre 2020)

(Note : Une version abrégée de cette chronique est parue dans le numéro 41 du Trait d’union, bulletin trimestriel destiné aux membres du personnel de l’Université Sainte-Anne.)

«Au rythme de notre monde» dans Le Courrier de la Nouvelle-Écosse, 11 décembre 2020 – Un peu partout, le constat se fait entendre : oui, les conditions que nous vivons en raison de la pandémie ont perturbé bien des projets, mais du coup, de nouvelles possibilités de dialogue et de collaboration se révèlent. Les activités récentes de l’Observatoire Nord/Sud, centre rattaché à la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT), s’inscrivent pleinement dans cette dynamique.

Ce qui suivra va donner l’impression que mon équipe et moi avons mené une existence purement virtuelle ces derniers mois. Cette impression sera erronée. La preuve : juste avant la rentrée, nous avons visité l’île Georges, à Halifax, pour découvrir ce site, normalement fermé, qui servit de camp de détention pendant le Grand Dérangement. Le lectorat du Courrier se rappellera que cette excursion est racontée dans ma chronique du 23 septembre (« L’île Georges à Halifax, au cœur de la mémoire acadienne »).

Nous avons également eu le plaisir d’accueillir le professeur Yves Frenette, historien de l’Université de Saint-Boniface et titulaire de la Chaire de recherche du Canada de niveau 1 sur les migrations, les transferts et les communautés francophones. Sa visite à la Baie Sainte-Marie a eu lieu il y a quelques semaines, avant que la situation ne se dégrade, afin de discuter d’un vaste projet de recherche qu’il chapeaute : Trois siècles de migrations francophones en Amérique du Nord, 1640-1940. Entrepris avec le Centre acadien et la Société historique acadienne de la Baie Sainte-Marie, notre volet étudiera le va-et-vient migratoire entre le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse et les États de la Nouvelle-Angleterre. De belles initiatives se préparent déjà pour le Congrès mondial acadien 2024!

Reste que, en dehors de ces rares percées dans le présentiel, les activités virtuelles ont pris le dessus.

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D’une francophonie à l’autre : entretien avec Audrey Paquette-Verdon, coordinatrice de l’Observatoire Nord/Sud

Étudiante à la maîtrise en Cultures et espaces francophones à l’Université Sainte-Anne, Audrey Paquette-Verdon assure la coordinatrice de l’Observatoire Nord/Sud, le centre de recherche relevant de la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT). Boursière de la CRÉAcT, elle explique ici son intérêt pour le domaine des études francophones.

D’où êtes-vous originaire et quel a été votre cheminement jusqu’ici? 
Je suis originaire de St-Eustache, au Québec. J’ai déménagé à l’âge de 12 ans au Nouveau-Brunswick, sur l’Île Miscou, plus connue sous le nom de «l’île du bout du monde.» Ce déménagement dans une autre province, et à plus de 1000 km de distance de mon chez-moi, a été un grand changement, puisque j’ai passé d’une grande ville à petit milieu insulaire. Mes parents vivent encore à l’Île Miscou, et pour ma part, j’y étais jusqu’à mon arrivée à l’Université Sainte-Anne, il y a cinq ans. Je viens de terminer un baccalauréat en éducation avec une majeure en histoire et une mineure en français. J’entame maintenant la maîtrise en Cultures et espaces francophones dans la même institution.

Qu’est-ce que vous étudiez et dans quel but ? 
Je commence tout juste la maîtrise en Cultures et espaces francophones. Puisque je viens de terminer mon baccalauréat de cinq ans en éducation, j’ai l’intention d’intégrer le côté pédagogique dans l’élaboration de mon mémoire. Cette maîtrise rejoint exactement tous les aspects que je veux explorer. Mon projet de mémoire portera sur la représentation des minorités ethnoraciales dans les cursus scolaires au Canada atlantique. En tant qu’enseignante, j’espère que cette recherche pourra aider les écoles.  

Comment expliquer votre intérêt pour la culture acadienne et pour les cultures francophones ? 
Pour la culture acadienne, mon intérêt est plutôt venu lorsque j’ai déménagé au Nouveau-Brunswick. Le choc des cultures, que ce soit sur la plan linguistique ou au niveau de la nourriture ou de la musique, était grand. Mon emploi d’été lorsque j’étais étudiante au baccalauréat en éducation se faisait à la Société historique Nicolas-Denys (SHND). Cet emploi m’a certainement fait découvrir des dimensions plus amples au sujet des Acadiens, de leurs origines, de ce sentiment de famille et de cette volonté de découvrir sa généalogie chez les Acadiens.  

En quoi consiste votre travail pour la Chaire ?
Je suis coordinatrice de l’Observatoire Nord/Sud. Mes tâches touchent principalement la gestion de l’Observatoire, l’organisation des activités de la CRÉAcT ou d’autres initiatives du professeur Clint Bruce. Un autre côté de mon travail consiste à la formation continue. Tout au long de mon contrat, je vais suivre différentes formations, assister à des conférences, développer mes compétences en technologies, approfondir mes connaissances en histoire. De plus, j’aide monsieur Bruce à poursuivre ses recherches, y compris en encadrant les assistant-e-s de premier cycle. 

Qu’est-ce que vous aimez faire comme passetemps/divertissement ? Quels sont vos autres intérêts intellectuels ?
J’ai toujours aimé apprendre différentes langues. J’aime découvrir les différentes expressions, les dialectes, etc. La musique d’ici et d’ailleurs représente pour moi une grande passion. J’adore découvrir l’histoire derrière la chanson, le musicien ou le groupe, le style de musique, le choix des instruments. Sur un plan plus personnel, je suis ce que l’on appelle une « geek ». Je raffole des grands classiques du cinéma tels que Le Seigneur des Anneaux et Star Wars. J’assiste parfois à des conventions où d’autres personnes partagent les mêmes passions que moi pour les jeux vidéos, les films et les dessins animés japonais.  

Dans quelle mesure est-ce que ce poste au sein de l’Observatoire Nord/Sud contribuera à votre développement professionnel (ou autre)? 
En tant qu’enseignante d’histoire et de français, le travail de coordination à l’Observatoire m’a déjà beaucoup aidée à envisager le genre d’enseignante que je voudrais être pour mes élèves. De plus, le perfectionnement grâce aux formations, aux conférences et aux instruments technologiques pourront m’aider dans la préparation des leçons dans le cadre des cours que je vais enseigner. La recherche historique avec monsieur Bruce pourra m’amener à améliorer mes connaissances au sujet de l’histoire, de la recherche, et cela permettra non seulement de donner à mes élèves une meilleure qualité d’enseignement, mais aussi de leur partager mon savoir acquis au fil de la recherche.