Vient de paraître : «Discours du tourisme diasporique : l’exemple d’une visite louisianaise en Acadie», par Clint Bruce et Émilie Urbain (dans Argumentation et Analyse du Discours)

Quels sont les effets sur le plan identitaire lorsque des Louisianaises et Louisianais d’origine acadienne visitent l’Acadie des Maritimes ? La revue Argumentation et Analyse du Discours vient de publier un numéro thématique explorant « Les discours du tourisme », dans lequel se trouve un article écrit en collaboration avec Émilie Urbain, sociolinguiste de l’Université Carleton. Notre étude, qui s’intitule : «Discours du tourisme diasporique : l’exemple d’une visite louisianaise en Acadie» (lire ici), se penche sur les expériences d’un groupe de visiteurs de Broussard, petite ville en bordure de Lafayette qui est jumelée avec le village de Cap-Pelé, dans le sud-est du Nouveau-Brunswick.

En voici le résumé :

Aucune description disponible.
Émilie Urbain, Université Carleton

Cet article examine les discours relevant du tourisme diasporique à l’occasion du Congrès Mondial Acadien 2019 tenu au Nouveau-Brunswick et à l’Ile-du-Prince-Edouard (Canada). Les Congrès mondiaux sont l’occasion de réunir des membres de la diaspora acadienne, une minorité ethnique et linguistique originaire de l’Est du Canada dispersée dans plusieurs régions du continent Nord-Américain et dans le monde. En particulier, nous examinons les expériences vécues des membres d’une délégation venue de la Louisiane lors de ce « retour » sur la terre de leurs ancêtres. Les processus d’identification diasporique dont témoignent leurs discours reposent à la fois sur des « moments » où la distance mémorielle et géographique s’efface lors de visites patrimoniales, sur la reconnaissance d’éléments doxiques d’une identité partagée qui permet de se sentir chez soi chez l’autre et sur la volonté de transformer les liens symboliques qui unissent la diaspora en partenariats économiques transnationaux.

S’ancrant dans les recherches de la CRÉAcT sur les jumelages municipaux aux provinces Maritimes, notre enquête s’inscrit également dans un projet d’équipe auquel nous collaborons tous les deux, Émilie Urbain et moi : «Évènements culturels et construction identitaire en contexte minoritaire : le cas du Congrès mondial acadien», mené sous l’égide de l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques (ICRML) de l’Université de Moncton et sous la direction d’Éric Forgues. C’était l’occasion de s’interroger ensemble sur le Congrès mondial acadien après avoir participé – avec beaucoup de plaisir ! – aux activités qui sont déroulées du 10 au 24 août 2019, y compris à Cap-Pelé.

Les visées de ce numéro d’Argumentation et Analyse du Discours sont expliquées dans l’introduction que signe la professeure Galia Yanoshevsky (Université Bar-Ilan, Israël), directrice de ce dossier :

«Étudier les discours du tourisme, c’est explorer les identités propres à la communication touristique : notamment celle du « voyageur » ou du « touriste » ; celle du « voyagiste » ou du « publicitaire » ; celle de l’« hôte » ou de l’« autochtone ». Toutes ces identités ont ceci en commun d’appartenir au dispositif discursif de la communication touristique (Baider et al. 2004). Elles ne sont pas fixes, mais évoluent dans l’interaction avec l’autre, et dans l’expérience touristique subie par le voyageur en vue du contact avec le lieu visité (Sela dans ce numéro). On devient colonisateur à partir du moment où s’instaurent des rapports d’inégalité avec les locaux, mais ces rapports de forces peuvent aussi être inversés lorsque les locaux se sentent supérieurs aux visiteurs (Thurlow et Jaworski 2011). La nature dynamique des identités se reflète également dans la transformation que subissent les pèlerins en contact avec leur lieu de visite et qui exerce même une influence sur leur statut social lorsqu’ils rentrent chez eux, et contribuent à la création d’une identité collective (Sela dans ce numéro). Ces identités se manifestent aussi dans la production d’une impression de famille dans le tourisme diasporique, lorsque par exemple les Louisianais se rendent en Acadie (Bruce et Urbain dans ce numéro). Enfin, la notion d’identité n’est pas réservée aux seuls acteurs, mais se réfère aussi aux espaces géographiques et touristiques et à la manière dont leur image de marque est formée et transformée au gré des imaginaires qui leur sont attachés (Debarbieux 2003, Davoudi 2018, Wilson dans ce numéro).»

Ce numéro sur «les discours du tourisme» propose sept articles aux thématiques aussi passionnantes que les analyses en sont éclairantes. Nous espérons que les lectrices et lecteurs des Carnets Nord/Sud iront en prendre connaissance. Enfin, nous tenons à remercier toutes les personnes qui ont participé à notre enquête ainsi qu’aux collègues qui nous ont appuyés dans la préparation de ce texte.

Bonne lecture et bonnes découvertes !

M. Clint Bruce

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