L’Université Sainte-Anne sous la loupe des chercheurs

Notes de lecture – L’un des grands plaisirs de la recherche consiste à découvrir et à lire les travaux des autres. Il s’agit non seulement de rester au courant de ce qui est en train de se faire, des contributions récentes à la compréhension d’une situation, d’un contexte ou d’une problématique, mais aussi de se laisser inspirer et interroger, intérieurement, sur ses propres réflexions. C’est notre nourriture intellectuelle.

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En ce moment je suis en train de lire deux livres qui parlent des musiques de la Louisiane : Acadian Driftwood : The Roots of Acadian and Cajun Music (Fox Music Books, 2014), de Paul-Émile Comeau, journaliste et imbattable mélomane, actuellement en lice pour le prix de Personnalité médiatique de l’année aux East Coast Music Awards, et Negotiating Difference in French Louisiana Music : Categories, Stereotypes, and Identifications (UP of Mississippi, 2015) de l’anthropologue française Sara Le Menestrel. Malgré leur thématique en commun, ces ouvrages sont très différents. Acadian Driftwood, qui se destine surtout aux amateurs de culture acadienne et de musique populaire, se présente comme une petite encyclopédie, avec bien plus de relief et de « personnalité » qu’un ouvrage de référence. J’y consacrerai bientôt un compte-rendu sur ce site. En revanche, le livre de Le Menestrel est une étude scientifique, ancrée dans des méthodes ethnographiques ; en explorant l’évolution des catégories des musiques franco-louisianaises, Negotiating Difference se doit de contribuer à l’avancement des connaissances sur les phénomènes culturels – sans que cette orientation savante nuise au plaisir que procure la lecture. J’ai également l’intention d’écrire un compte-rendu sur ce livre, à paraître dans une revue scientifique. Dans ce texte-là, je ne mentionnerai probablement pas un passage qui m’a sauté aux yeux, mais qui me semble digne d’attention.

Votre curiosité est piquée à vif, n’est-ce pas?Lire la suite »

Voyons plus clair au fond de ce gombo…

Au fil de l’histoire – Un trait culturel qui distingue les Acadiens des Cadiens, c’est la cuisine. Et, d’après mon expérience, les Acadiens apprécient énormément la gastronomie louisianaise. Cela se comprend : elle est exquise. Parmi la ribambelle de mets savoureux que mon État natal offre au monde, le gombo trône en roi. Ce potage au goût fumé est régulièrement servi lors de festivités soulignant les liens entre l’Acadie et la Louisiane. Par exemple, un étudiant de l’Université Sainte-Anne m’a raconté tout récemment que, dans le cadre du Congrès mondial acadien 2004, tenu en Nouvelle-Écosse, sa famille avait pris part à une activité où des gens d’ici ont préparé des plats traditionnels, y compris du gombo en suivant des recettes envoyées par des gens de la Louisiane. Belle initiative!

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Des gombos cuits par Ann Cockrell, Pamela Deshotels et Blake Smith qui ont eu la gentillesse de partager ces photos.

Mais s’agit-il d’un plat acadien louisianais, à proprement parler ? Remontons dans le temps pour examiner les premières mentions attestées de ce délice.Lire la suite »

Que veut dire ce T dans CRÉAcT ? À la rencontre d’un mot…

États de la recherche – Un blogue, pour une Chaire de recherche, peut servir de tribune pour communiquer des idées, des trouvailles et l’état des projets à l’extérieur de l’espace plus ou moins hermétique des colloques et des publications scientifiques. Un blogue, ça peut permettre de s’adresser à tout le monde. C’est le but premier de celui-ci, Les Carnets Nord/Sud.

D’entrée de jeu, pourtant, un obstacle surgit : le lexique. Qu’on le veuille ou non, en voulant décrire des phénomènes sociaux, politiques, économiques, etc., les chercheurs emploient souvent des termes méconnus du grand public, au sens opaque à première vue. C’est malheureux car, dans la très grande majorité des cas, les concepts auxquels renvoient ces mots sont bel et bien à la portée de tout le monde. Il suffirait d’un petit effort pour les expliquer. C’est le cas d’un terme qui reviendra souvent sous ma plume et qui figure dans le titre même de cette nouvelle chaire de recherche à l’Université Sainte-Anne : transnational (et « transnationalisme »).Lire la suite »