Album photos : Le troisième Grand Réveil Acadien en Louisiane, entre souvenir collectif et commémorations communautaires

«Au rythme de notre monde» dans Le Courrier de la Nouvelle-Écosse, 14 octobre 2022 – De quelle présence est-ce que la diaspora acadienne jouit dans la Louisiane d’aujourd’hui ? Comment ravive-t-elle ses liens avec l’Acadie de l’Atlantique ? Au moment d’écrire ces lignes, je me trouve au centre-ville de Lafayette, où vient de se clore le Grand Réveil Acadien (GRA), une série de rassemblements qui se sont déroulés du 1er au 9 octobre en Louisiane, cet État à l’héritage francophone toujours vivace.

Entre les commémorations et les célébrations de ces derniers jours, où la nourriture occupe certes une place prépondérante (et loin de moi de m’en plaindre !), la question du sens de l’identité acadienne en Louisiane continue de se poser.

Cet événement se veut une « célébration internationale […] de la langue, de la musique, de l’histoire, de la culture et de l’influence du peuple acadien au cœur de l’Acadiane », c’est-à-dire de la zone formant le « triangle français » allant des paroisses près de la Nouvelle-Orléans jusqu’à la frontière du Texas, et s’étendant vers le nord jusqu’au centre de l’État. LIRE LA SUITE ICI. 

Album photos du Grand Réveil Acadien 2022

M. Clint Bruce

Appel à communications, colloque étudiant – «Être francophone : langue, identité et transformation sociale»

Un appel à communications est lancé pour le colloque étudiant pluridisciplinaire, « Être francophone : langue, identité et transformation sociale », qui aura lieu à l’Université Sainte-Anne (Pointe-de-l’Église, Nouvelle-Écosse, Canada), le samedi 4 mars 2023.

Être francophone : qu’est-ce que cela signifie dans un monde qui devient de plus en plus complexe ? Qui sont les personnes qui peuvent et qui veulent se rassembler sous cette bannière, et pour quelles raisons ? Quel rôle la francophonie sera-t-elle appelée à jouer pour relever les grands défis mondiaux et locaux auxquels notre planète est confrontée ?

Ce colloque étudiant explorera la relation entre langue, appartenance et transformation sociale. La langue française dans divers contextes peut rassembler, diviser ou construire. Elle servira de facteur d’appartenance ou d’exclusion. Les francophones – au pied de la lettre, des personnes qui parlent français – doivent lutter nécessairement pour des transformations sociales, souvent liées à des questions de diversité. Les apprentissages partagés par les francophones pourront contribuer à la société non francophone ainsi qu’aux processus de transformation sociale.

Les communications peuvent explorer les questions suivantes, par exemple :

  • Quels sont les efforts qui ont été réalisés pour créer des milieux inclusifs où les francophones peuvent avoir un sens d’appartenance ?
  • Quel rôle joue la langue française, selon le milieu dans lequel nous vivons et notre identité ?
  • Est-ce qu’il y a une culture commune qui nous réunit, à part la langue française ?
  • Quels critères nous distinguent comme francophones ?
  • Quelle est l’expérience vécue en tant que minorité linguistique au Canada ? (p. ex. : soins de santé, éducation, tribunaux, représentation médiatique)

Les chercheur·e·s étudiant·e·s en fin de baccalauréat, à la maîtrise et au doctorat, sont invité·e·s à soumettre leur proposition de communication à notre responsable des communications, Ramona E. Blinn (Ramona.Blinn@usainteanne.ca) avant le 19 décembre 2022. Prière de préciser dans l’objet du courriel : Colloque étudiant – communication.

Merci de fournir les informations suivantes:

  • Coordonnées de l’auteur·e (nom, prénom, fonction, établissement/organisation et adresse courriel),
  • Titre de la communication,
  • Résumé (environ 250 mots),
  • Courte biographie de l’auteur·e (environ 50-75 mots).

Nous explorons la possibilité d’une publication à la suite du colloque.

Ce colloque étudiant est organisé par les étudiant-e-s à la Maîtrise en cultures et espaces francophones de l’Université Sainte-Anne, en collaboration avec l’Observatoire Nord/Sud.

Diversity and inclusion in Acadie and in Acadian studies: Call for papers for the journal Port Acadie (February 1, 2023)

While the Acadian experience has always been characterized by plurality, due to the historical dispersal of communities, contemporary Acadie increasingly embraces the values ​​of diversity and inclusion. In the same spirit, our journal, true to its name, aims to be a haven that welcomes different perspectives in Acadian studies, in all disciplines and on a wide variety of issues. How has diversity shaped and how does it continue to shape Acadian society as well as the diaspora? How can we make inclusion a fundamental principle of Acadian studies?

In order to better understand these questions, we welcome submissions for issue 39 of Port Acadie : revue interdisciplinaire en études acadiennes, to be published in the fall of 2023. Port Acadie publishes refereed work (in French or in English) – scholarly articles and research notes – as well as essays (in French or in English), reviews of scholarly and literary publications, interviews and creative texts. Manuscripts for the Fall 2023 issue should be received by February 1, 2023.

For more information, see our website or write to us at the following address: port-acadie@usainteanne.ca

Diversité et inclusion en Acadie et en études acadiennes : appel à contributions pour la revue Port Acadie (1er février 2023) 

15 septembre 2022 – Alors que l’expérience acadienne s’est toujours caractérisée par la pluralité, du fait notamment de la dispersion historique des communautés, l’Acadie contemporaine assume de plus en plus les valeurs de diversité et d’inclusion. Dans ce même esprit, notre revue, fidèle à son nom, se veut un havre qui accueille différentes perspectives en études acadiennes, dans toutes les disciplines et sur une grande variété de problématiques. Comment la diversité a-t-elle façonné et continue-t-elle de façonner la société acadienne ainsi que la diaspora ? Comment faire de l’inclusion un principe fondamental des études acadiennes ?  

Afin de mieux cerner ces questions, nous recevrons avec plaisir des soumissions pour le numéro 39 de Port Acadie : revue interdisciplinaire en études acadiennes, à paraître à l’automne 2023. Port Acadie publie des textes arbitrés (en français ou en anglais) – études scientifiques, notes de recherche – ainsi que des textes de réflexion (en français ou en anglais), des comptes rendus d’ouvrages scientifiques et d’œuvres littéraires, des entretiens et des textes de création. Les manuscrits destinés au numéro de l’automne 2023 devront nous parvenir d’ici le 1er février 2023. 

Pour de plus amples renseignements, voir notre site web ou nous écrire à l’adresse suivante : port-acadie@usainteanne.ca  

Chroniques de la Côte : la carrière du capitaine de bateau à vapeur J. Gustave Landry (1818-1873), d’origine acadienne – 2ème partie

La perception de la société cadienne nous renvoie constamment à des stéréotypes : trappeurs évoluant dans un décor exotique, bons vivants ne faisant qu’attendre le Mardi gras, paysans bonasses ayant mené une existence bucolique jusqu’à leur brusque américanisation au début du 20e siècle… et ainsi de suite. Toutefois, l’évolution de la diaspora acadienne en Louisiane, implantée dans le sillage des Déportations de l’Acadie (1755-1763), n’est guère réductible à ces poncifs certes pittoresques, mais décidément simplistes.

En témoignent le milieu et la carrière du capitaine J. Gustave Landry, que nous avons commencé à explorer dans un précédent article des Carnets Nord/Sud. Issu d’une famille de planteurs de canne à sucre de la paroisse de l’Ascension, dont le membre le plus célèbre était son oncle et beau-père Trasimond Landry (1795-1873), qui fut lieutenant-gouverneur de la Louisiane de 1846 à 1850, le capitaine Landry allait témoigner au cours de sa vie de l’intégration économique, politique et, jusqu’à certain point, sociale de la communauté francophone en contexte états-unien. Et il allait contribuer à ce processus en vertu de son implication dans le domaine des transports fluviaux, bien que ses activités professionnelles ne se limitent pas à ce secteur. 

Pour plusieurs observateurs de l’époque, l’amélioration des technologies, des infrastructures et des réseaux de communication était destinée à assurer la cohésion nationale. De retour d’un séjour aux États-Unis au tournant des années 1820, l’aristocrate suédois Axel Klinkowström (1775-1837) exprimait sa conviction que la navigation à vapeur, étant susceptible de « faciliter les communications » et « d’ouvrir de nouvelles routes commerciales », pouvait souder les nations aux territoires immenses et aux populations diverses, comme les États-Unis et la Russie. À ses yeux, cette révolution des transports contribuerait « puissamment à rapprocher les hommes et à resserrer de plus en plus les liens d’une fraternelle union entre les habitants des contrées les plus éloignées[1]. »

Une vingtaine d’années plus tard, un magazine américain allait abonder dans le même sens : « [La navigation à vapeur] donnera à la république un cœur national et un esprit national[2]. » Tel se voulait le sentiment dominant à l’époque où, en entrant dans la fleur de l’âge, Gustave Landry envisageait, avec son partenaire William Winchester, la construction et l’acquisition de l’Eliska, bateau à vapeur nommé en l’honneur de son épouse Éliska Mire et mis en service en octobre 1846.

La popularité de son itinéraire entre La Nouvelle-Orléans et Bâton-Rouge, qui allait de pair avec la réputation reluisante de son capitaine, a été exposée dans ma première chronique.

Transatlantic sketches–the Mississippi River. The Illustrated London News, 10 avril 1858 (Library of Congress – https://www.loc.gov/item/2008680447/)

Une contradiction s’impose, pourtant. En même temps que la navigation interne aide, dans la première moitié du 19e siècle, à unifier le pays, elle contribue également à l’expansion de l’institution qui va diviser les États-Unis au point de déclencher la guerre civile de 1861-65 : il s’agit bien sûr de l’esclavage. Autre contradiction flagrante, qui n’est pas des moindres : ce sont les richesses créées par le système esclavagiste qui, tout en se fondant sur la misère humaine, assurent la prospérité du « pays de la liberté » en tant que puissance industrielle, comme le rappelle l’historien Edward E. Baptist dans son ouvrage The Half Has Never Been Told: Slavery and the Making of American Capitalism (Basic Book, 2014).

Né dans un milieu profondément esclavagiste, J. Gustave Landry n’évolue guère en marge de ces réalités, car les perspectives qui s’offrent à lui sont définies par l’esclavagisme.

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La recherche à Sainte-Anne : Ramona E. Blinn, stagiaire à la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT)

C’est avec plaisir et fierté que nous partageons ce portrait de Ramona E. Blinn, stagiaire à la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT) et l’Observatoire Nord/Sud, sous la direction du professeur Clint Bruce. Ce texte a été préparé par le Bureau de la recherche de l’Université Sainte-Anne, dont l’une des missions consiste à mettre de l’avant les chercheures et chercheurs de notre institution. 

Originaire de Clare, c’est en 2018 que Ramona a débuté son parcours à Sainte-Anne alors qu’elle a entamé un baccalauréat avec double majeure français et anglais. Durant ses études, elle s’est impliquée comme assistante de recherche auprès du Centre acadien lors de deux stages d’été en 2019 et 2020. Elle a travaillé plus particulièrement sur trois projets, soit 1) mise en valeur du patrimoine culturel et historique des Acadiennes et des Acadiens de la Nouvelle-Écosse par l’organisation et la numérisation de documents et de photos d’archives, 2) un appui à la recherche et la rédaction de contenu historique pour le jeu vidéo Clarevoyance et 3) la création d’outils visant à faciliter l’accès aux ressources en ligne. 

Déjà impliquée pour le journal de l’École secondaire de Clare, son expérience au Centre acadien cristallise un intérêt pour le travail de recherche et de rédaction, notamment afin de faciliter la communication des connaissances auprès de la communauté. En parallèle de ses études, Ramona a travaillé pour Le Courrier de la Nouvelle-Écosse en tant que journaliste et coordinatrice des médias sociaux et du développement communautaire, en plus d’appuyer des projets en édition et traduction. Passionnée d’histoire, de littérature et d’écriture, Ramona apprécie également passer du temps en nature en plus de mettre en valeur l’environnement et les gens qui l’entourent à travers la photographie et la rencontre. 

Engagée dans son milieu et sur le campus, elle a créé plusieurs initiatives pour sensibiliser à la douleur chronique et aux enjeux d’accessibilité et d’inclusion qui lui sont associés. En particulier, son projet des Jours de l’accès cherche à stimuler la discussion et la conversation afin de déstigmatiser et mettre en valeur l’expérience et le vécu des personnes en situation de handicap. Dans le cadre de l’Exposition photo-voix de l’Université Sainte-Anne de 2020, elle a aussi créé une affiche autour des enjeux d’accessibilité que peuvent vivre les étudiantes et étudiants dans les lieux publics, et elle a participé à la Annual Atlantic Undergraduate English Conference à l’Université Memorial (Terre-Neuve) en 2021 où elle a présenté sur les représentations de l’incapacité dans le poème “Disabled” de Wilfred Owen

Plus récemment, c’est auprès de la CRÉAcT et de l’Observatoire Nord/Sud que Ramona continue son travail de recherche, où elle a l’opportunité de s’impliquer sur plusieurs projets visant à mieux comprendre et mettre en valeur l’histoire, l’identité et le parcours des Acadiennes et des Acadiens. Entre autres, elle participe à l’organisation et au codage d’entretiens sur le parcours de la diaspora acadienne en Nouvelle-Angleterre et en Louisiane, fouille les fonds et journaux d’archives de la Louisiane afin de suivre le parcours de personnes qui ont fui l’esclavage et soutient la collecte de données auprès des municipalités des provinces maritimes pour une recherche sur leurs jumelages municipaux respectifs. Elle assure également des entretiens oraux et des transcriptions auprès de personnes de la région qui ont des liens aux États-Unis dans le cadre du projet Trois siècles de migrations francophones en Amérique du Nord (1640-1940)une initiative pancanadienne visant à mieux comprendre les migrations francophones dans l’histoire

À l’automne 2022, Ramona débutera une maîtrise en cultures et espaces francophones sous la direction de Chantal White, professeure au Département des études françaises. Elle s’intéressera plus particulièrement aux liens entre l’histoire, la langue et la santé dans les communautés acadiennes. À travers les récits des personnes qu’elle rencontrera, elle veut mettre en lumière les différentes expressions par rapport aux enjeux de santé selon la langue et la culture et voir si cela se traduit par des expériences différentes. 

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Report de la date limite pour Port Acadie (1er septembre 2022) : appel à contributions

15 juillet 2022 – Le comité de rédaction de Port Acadie : revue interdisciplinaire en études acadiennes est heureux d’annoncer un report de la date limite pour notre numéro 38, à paraître au printemps 2023.

Nous recevrons avec plaisir des soumissions jusqu’au 1er septembre 2022. Port Acadie publie des textes arbitrés (en français ou en anglais) – études scientifiques, notes de recherche – ainsi que des textes de réflexion (en français ou en anglais), des comptes rendus d’ouvrage scientifiques et d’œuvres littéraires, des entretiens et des textes de création.

Fidèle à son nom, notre revue se veut un havre qui accueille différentes perspectives en études acadiennes, dans toutes les disciplines et dans toute leur diversité.

Pour de plus amples renseignements, voir notre site web (https://www.usainteanne.ca/port-acadie) ou nous écrire à l’adresse suivante : port-acadie@usainteanne.ca.

Clint Bruce, codirecteur / Susan Knutson, codirectrice

C’est le 14 juillet : vive la France… et ses jumelages avec les municipalités des provinces Maritimes !

Plusieurs pourraient l’affirmer : les échanges entre la France et la collectivité acadienne et francophone de l’Atlantique semblent plus forts et plus fructueux que jamais. La visite de la délégation acadienne à Paris, au mois de novembre dernier, a bien souligné la volonté de pérenniser ce lien riche d’un très long passé, nourri par le souvenir des origines à l’époque coloniale et porteur de projets pour l’avenir. En ce 14 juillet, plusieurs célébrations ont lieu, ici même dans les provinces Maritimes, pour commémorer la fête nationale de la République française.

Bien que les travaux de la CRÉAcT s’intéressent prioritairement aux contacts avec la diaspora acadienne en Louisiane, il ne serait guère de mise de passer à côté des relations avec la France. C’est pour cette raison que l’Observatoire Nord/Sud tient à recueillir des données sur les échanges au niveau des communautés locales dans le cadre d’un projet lancé en 2017, Les villes ont une famille : enquête sur les jumelages municipaux aux provinces Maritimes. Il s’agit répertorier et d’étudier les relations entre villes-soeurs, dans l’esprit du mouvement internationaliste qui s’est implanté après la Seconde Guerre mondiale.

Cette problématique est d’autant plus pertinente que, depuis quelque temps, la Société nationale de l’Acadie, d’un côté, et le Consulat général de France dans les provinces atlantiques, en vertu de la politique française sur la coopération décentralisée, de l’autre côté, souhaitent stimuler davantage le phénomène des jumelages.

Voici donc un échantillon de nos données, recueillies auprès des municipalités elles-mêmes par les stagiaires de l’Observatoire Nord/Sud. Cette liste présente les jumelages actifs entre municipalités des provinces Maritimes (Canada) et communes françaises. À noter que deux de ces ententes viennent d’être adoptées, preuve de l’intérêt actuel pour ce type d’échange…

Nouvelle-Écosse, 4 jumelages avec autant de municipalités…

  • Municipalité d’Argyle / Belle-Île-en-Mer, Morbihan (2003)
  • Pubnico-Ouest (localité de la Municipalité d’Argyle) / Avoine, Indre-et-Loire (2006)
  • Town of Annapolis Royal / Royan, Charente-Maritime (2009)
    • Royan fut le lieu de naissance de Pierre Dugua de Mons (v.1560-1628), l’un des instigateurs de la colonisation française en Acadie. Depuis 2014, Annapolis Royal reçoit chaque été des stagiaires du Lycée des Métiers du Tourisme Cordouan, initiative qui améliore l’offre francophone à l’approche de la saison touristique tout en resserrant les liens humains entre les deux communes.
  • Cape Breton Regional Municipality / Givenchy-en-Gohelle, Pas-de-Calais (2017)

Nouveau-Brunswick, 10 jumelages avec 11 municipalités…

  • Caraquet / Marennes, Charente-Maritime (1973)
    • Parmi les plus anciens de cette région du Canada, le jumelage a été relancé en 2014, volonté qui s’est traduite par des résidences d’artistes de Marennes à Caraquet, une participation néo-brunswickoise au Forum local de la coopération francophone en 2017 et 2018, et des délégations réciproques du secteur de la pêche en 2018 et 2019.
  • Shédiac / Saint-Pierre-et-Miquelon, COM (1981)
  • Shippagan / Loudun, Vienne (1981)
  • Bathurst / Saint-Aubin-sur-Mer, Calvados (1984)
  • Bouctouche, Cocagne et Saint-Antoine / Châtellerault, Vienne (1984)
  • Saint-Quentin / Saint-Quentin, Aisne (1998)
  • Dieppe / Dieppe, Seine-Maritime (2000)
    • La municipalité néo-brunswickoise a reçu le nom de Dieppe en 1946, en l’honneur des militaires canadiens ayant pris part au raid de Dieppe pendant la Seconde Guerre mondiale. Le jumelage créé en 2000 donne lieu à des échanges soutenus dans plusieurs secteurs : arts et culture, sports et loisirs et coopération économique, sans oublier les commémorations de la guerre. Parmi ces nombreux projets, signalons le Festival international de Cerf-Volant de Dieppe, tenu en alternance dans les deux villes.
  • Saint-Louis-de-Kent / Archigny, Vienne (2010)
  • Cocagne / Duclair, Seine-Maritime (2022)
  • Miramichi / Carpiquet, Calvados (2022)

Il n’y a pas, à l’heure actuelle, de jumelages entre la France et l’Île-du-Prince-Édouard.

Pour donner une idée de l’esprit qui anime ces ententes, je mets à votre disposition le texte du Protocole d’amitié qui fut entériné en 1981 par la ville de Shippagan et la commune de Loudun, terre d’origine de quelques familles acadiennes parties de France au 17e siècle :

En l’Hôtel de Ville de Shippagan, Nouveau-Brunswick, Canada
Ce 16e jour d’août mil neuf cent 81
NOUS, Jean C. Chiasson, maire de Shippagan et René Monory, maire de Loudun
PROCLAMONS le jumelage des Villes de Shippagan et Loudun sous l’égide de la FÉDÉRATION MONDIALE DES VILLES JUMELÉES-CITÉS UNIES en vue de promouvoir des échanges d’ordre culturel, touristique, social et économique intéressant l’ensemble des citoyens.

DÉCLARONS solennellement, au nom des populations de nos villes, notre volonté de respecter les principes de la Charte des Cités Unies, afin de développer la compréhension, le respect mutuel et l’amitié entre les gens de Shippagan et Loudun ouvrant ainsi la voie à l’entente complète, sans discrimination aucune entre les cités et les peuples de toutes les nations.

En foi de quoi,
NOUS, Jean C. Chiasson, René Monory, avons apporté sur ce parchemin notre signature et le sceau de notre Ville.

[SIGNATURE – Jean C. Chiasson]
[SIGNATURE – R. Monory]
[SIGNATURE – Horace Boivin]

A signé avec nous,
le Représentant de la Fédération Mondiale des Villes Jumelées-Cités Unies.

L’équipe de l’Observatoire Nord/Sud s’efforce de garder à jour nos renseignements sur les jumelages afin de mieux servir les organismes acadiens, ou autres, et les agences gouvernementales s’intéressant à ce phénomène. Je m’attends, par exemple, à ce que la réforme imminente de la gouvernance locale au Nouveau-Brunswick ait un impact sur le statut et la gestion de plusieurs ententes. Il se peut de nouveaux jumelages soient créés. Ceux déjà en existence pourraient soit connaître un nouvel essor, soit subir une certaine négligence.

Quoi qu’il advienne, la date du 14 juillet ne manquera pas de rappeler ces échanges et leur importance pour l’Acadie contemporaine.

M. Clint Bruce

Du côté de l’Observatoire Nord/Sud : notre équipe est à l’œuvre ! («Au rythme de notre monde» dans Le Courrier de la Nouvelle-Écosse, 1er juillet 2022)

Note : Cette chronique a été publiée simultanément dans Le Courrier de la Nouvelle-Écosse, édition du 1er juillet 2022, sous la rubrique «Au rythme de notre monde».

Malgré une perception très répandue, le début de l’été ne signifie pas le début des vacances pour les universitaires. Celles-ci viendront plus tard… et seront très appréciées, assurément ! À l’heure actuelle, ce sont plutôt nos projets et partenariats de recherche qui ont la priorité à l’Observatoire Nord/Sud.

À titre de rappel pour le lectorat du Courrier, les initiatives de l’Observatoire Nord/Sud, centre qui se situe dans l’édifice de la Bibliothèque Louis-R.-Comeau de l’Université Sainte-Anne, à Pointe-de-l’Église, visent à jeter des éclairages nouveaux sur l’évolution de la diaspora acadienne et sur l’Acadie dans sa dimension internationale. Nos projets s’inscrivent dans les travaux de la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT), établie en novembre 2015.

L’implication de nos étudiantes et étudiants étant l’un des moteurs de nos travaux, nous disposons en ce moment d’une équipe composée de trois jeunes personnes, et ce, grâce à une subvention d’Emplois d’été Canada. En plus de Karmen d’Entremont, étudiant à la maîtrise en Cultures et espaces francophones à Sainte-Anne et coordinateur de l’Observatoire Nord/Sud, et de Ramona Blinn, qui vient de décrocher son baccalauréat et qui s’apprête à intégrer le même programme de maîtrise, nous avons la chance de travailler avec Réanne Cooper, ancienne assistante de recherche de 2016 à 2019. Très impliquée dans la vie de notre institution, notamment en tant que présidente de l’Association des alumni de l’Université Sainte-Anne (AAUSA), et dans le milieu communautaire, Réanne est sur le point de terminer une maîtrise en administration à l’Université de Moncton. Sa présence constitue un atout.

Je profite de l’occasion pour saluer les contributions précieuses au cours des deux dernières années d’Audrey Paquette-Verdon, dont le stage s’est achevé à la fin avril. D’ici l’automne, ses efforts seront surtout consacrés à la rédaction de son mémoire en Cultures et espaces francophones. Bravo et bonne continuation, Audrey !

Même si la pandémie de COVID-19 demeure une réalité, le relâchement des restrictions sanitaires nous permet déjà de mieux renouer avec nos partenaires de l’extérieur. Il est plus que temps ! 

Le mois dernier, je me suis rendu au Nouveau-Brunswick pour une réunion avec la direction du Musée acadien de l’Université de Moncton, à laquelle participaient également Murielle Comeau-Péloquin, de la Société historique acadienne de la Baie Sainte-Marie, et Glenda Doucet-Boudreau, présidente de l’Association Madeleine-LeBlanc. Il s’agissait d’une séance de planification en vue d’une exposition pour mettre en valeur le vécu d’Acadiennes ayant émigré aux États-Unis au début du 20e siècle – histoire fascinante s’il en est. Prévue pour le Congrès mondial acadien 2024, cette initiative s’inscrit dans un projet plus vaste : Trois siècles de migrations francophones en Amérique du Nord, 1640-1940.

Plusieurs étudiants mettent la main à la roue pour faire avancer notre recherche. Pour Karmen d’Entremont, c’est à travers ce projet qu’il s’est initié aux travaux de la CRÉAcT. « C’était un très bon point de départ, explique-t-il, car je peux maintenant étudier le phénomène de l’émigration vers la Nouvelle-Angleterre, quelque chose qui touche fortement ma famille. » Originaire de Par-en-Bas, Karmen est en train de numériser des photos prêtées par des membres de la communauté et par le Musée des Acadiens des Pubnicos et Centre de recherche.

Tout récemment, notre équipe est retournée à Moncton pour assister à un colloque sur le thème de « l’Acadie et les guerres mondiales (1914-18, 1939-45) », organisé par l’Institut d’études acadiennes de l’Université de Moncton, l’un de nos partenaires, en collaboration avec le Musée acadien et le Centre d’études acadiennes Anselme-Chiasson. En suivant l’approche d’une « université populaire » aux activités variées, cet événement aura offert une formation précieuse sur les sources documentaires et les méthodes d’enquête pour mieux saisir l’expérience d’Acadiens et d’Acadiennes en temps de guerre.

Nos stagiaires explorent les expositions qui ont été préparées à l’occasion de l’université populaire sur « l’Acadie et les guerres mondiales », à l’Université de Moncton. (PHOTO – CLINT BRUCE)

Plusieurs de nos projets en cours s’appuient justement sur des corpus documentaires que les membres de l’équipe sont en train de dépouiller et d’organiser. Ramona Blinn apprécie tout particulièrement « la transcription d’entretiens oraux et de documents d’archives en écriture cursive », ce qui lui fait découvrir leurs contextes respectifs. « J’aime observer et partager les vécus divers puis les manières de s’exprimer à différentes époques », affirme-t-il.

Avec Réanne Cooper, Ramona s’occupe également de mettre à jour nos données sur les jumelages de ville aux provinces maritimes, ce qui n’est pas une mince affaire : ces deux stagiaires sont en train de contacter toutes les municipalités des trois provinces maritimes, par courriel ou par téléphone, afin de déterminer s’il y a de nouveaux jumelages et, dans le cas de ceux déjà répertoriés, de demander quels échanges ont été menés dans la dernière année.

Réanne m’explique que, parmi les divers dossiers auxquels elle contribue, notre balado Acadiversité lui tient à cœur tout spécialement. En ce moment, elle collabore avec Karmen pour réaliser un épisode qui explorera l’expérience des prêtres venus d’Afrique pour exercer leur ministère en Acadie.

« En participant à ce projet, souligne Réanne, j’ai la chance de discuter avec des gens de la communauté de Clare, y compris les curés comme le père Hospice [Jurice Akoffodji], et du milieu universitaire tout en bonifiant mes compétences à mener des entretiens. »

En plus de nos projets de recherche, nous espérons relancer bientôt notre programmation pour accueillir plus d’activités et de réunions dans les locaux de l’Observatoire Nord. Nous avons reçu, il y a quelques jours, une délégation de la Société nationale de l’Acadie (SNA) qui, au cours de sa récente tournée de la Nouvelle-Écosse, est venue discuter avec des profs et étudiants de notre université.

Par ailleurs, à la veille de l’arrivée de ce groupe à la Baie Sainte-Marie, nos trois stagiaires avaient aidé au nettoyage de la Vieille Maison à Meteghan, cet ancien musée patrimonial qui fait actuellement l’objet d’une campagne en vue de sa réhabilitation.

Le lien avec la mission de l’Observatoire Nord/Sud ? Le fondateur de la Vieille Maison, c’est-à-dire le chorégraphe et instructeur de danse Adolphe Robicheau (1906-78), avait émigré à Boston dans sa jeunesse. En même temps qu’il développait sa carrière aux États-Unis, monsieur Robicheau tenait à contribuer au rayonnement de l’Acadie de la Nouvelle-Écosse. Il y a là un fascinant parcours que l’intrépide Daniel Robichaud, l’un de nos partenaires communautaires, est en train de mettre au jour.

Et tout cela n’est que le début !

Chroniques de la Côte : la carrière du capitaine J. Gustave Landry (1818-1873), d’origine acadienne – 1ère partie

L’héritage des bateaux à vapeur habite ma conscience depuis ma prime enfance. Nichée dans le nord-ouest de la Louisiane, ma ville natale de Shreveport porte le nom du capitaine Henry Miller Shreve (1785-1851), ingénieur et navigateur qui, d’après l’abrégé de sa carrière qui nous fut exposé à l’école, avait dégagé la rivière Rouge de son « grand radeau », soit un ensemble d’embâcles naturels formés de troncs d’arbres et de dépôts, dans les années 1830. Son exploit avait ouvert notre région au trafic fluvial et, du coup, contribué à l’expansion de la nation états-unienne après l’acquisition de la Louisiane au début du dix-neuvième siècle.

Connue depuis longtemps et appliquée aux transports à partir du dix-huitième siècle, la technologie de la vapeur allait devenir un important moteur de la révolution industrielle et de la mondialisation économique. Dans une étude devenue classique, Louis C. Hunter et Beatrice Hunter résument, sur un ton triomphaliste, son rôle dans la colonisation de l’intérieur du continent nord-américain : « Dans le développement de la plus grande partie du vaste bassin du Mississippi, qui est passée d’une société frontalière brute à la maturité économique et sociale, le bateau à vapeur a été le principal agent technologique. Pendant le deuxième quart du dix-neuvième siècle, les roues du commerce dans cette vaste région étaient littéralement des roues à aubes[i]. »

Henry Miller Shreve n’est pas le seul pionnier dont le nom est retenu par la postérité : avant lui, il y avait notamment Robert Fulton (1765-1815), également l’inventeur du premier sous-marin (Nautilus), et son associé Robert Livingston (1746-1813), diplomate et partenaire dans la construction du North River Steamboat, lancé en 1807. Dans leur sillage, une foule d’autres individus, bien moins connus, allaient participer de l’essor de la navigation fluviale à cette époque. En Louisiane, certains d’entre eux sont issus de la communauté francophone, voire de la diaspora acadienne. Dans ce billet, il sera question du capitaine Joseph Gustave Landry (1818-73), d’origine acadienne.

Le port de La Nouvelle-Orléans vers 1851. John Bachmann, « Birds’ eye view of New-Orleans » (New York : A. Guerber & Co., c1851; Library of Congress : https://lccn.loc.gov/93500720)

Cette modeste esquisse vient inaugurer un nouveau volet des Carnets Nord/Sud, c’est-à-dire les « Chroniques de la Côte ». Plutôt qu’à une façade océanique, le titre de cette série renvoie à la zone constituée par les rives du fleuve Mississippi entre La Nouvelle-Orléans et Bâton-Rouge – et plus précisément à la région dénommée « Côte des Acadiens » dès l’arrivée des premières familles acadiennes dans les années 1760, sous les auspices du gouvernement espagnol, et située dans les actuelles paroisses (civiles) de Saint-Jacques et de l’Ascension. Pays d’exploitations sucrières au dix-neuvième siècle, c’est aussi un foyer de la créolisation culturelle qui caractérise la Louisiane francophone, d’autant plus que la majorité de la population a été, pendant longtemps, d’ascendance africaine.

Les « Chroniques de la Côte » feront état, pour un public général, de certaines trouvailles et réflexions dans le cadre du projet : « Africains et Acadiens en Louisiane francophone », relevant de la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT) de l’Université Sainte-Anne.

Dans cet esprit, quelques éléments de la biographie et de la carrière du capitaine Landry nous permettent d’entrevoir l’intégration de la communauté d’origine acadienne dans la Louisiane américaine.

Bien qu’il vienne au monde après l’incorporation de la Louisiane dans le giron des États-Unis, le souvenir du Grand Dérangement n’est pas très éloigné dans sa famille. Son grand-père Joseph Landry, dit Bel Homme (1752-1814), est né à Grand-Pré en 1752, avant d’être déporté avec ses parents vers le Maryland. C’est d’ailleurs dans cette colonie que naît la future grand-mère du capitaine Landry, Anne Bujol (1758-1816), fille des exilés Joseph Bujol et Anne LeBlanc. Sa famille s’étant installée en Louisiane, Joseph se marie pour une première fois en 1775, puis, veuf, épouse Anne en novembre 1779. Fermier esclavagiste qui « possède » déjà quatre personnes à cette époque, c’est un officier de la milice qui, plus tard, tâtera de la politique, se faisant élire à l’assemblée législative louisianaise.

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