Journée internationale des droits des femmes : pleins feux sur Mhairi Black, Parti national écossais (SNP)

Élue au Parlement britannique en 2015, à l’âge de 20 ans, Mhairi Black est l’une des plus jeunes députées dans l’histoire de la vénérable enceinte de Westminster. Nationaliste écossaise, socialiste qui se porte défenseure des intérêts des démunis, des marginalisés et des gens ordinaires, féministe et militante des droits LGBTQ+, elle n’a pas sa langue dans sa poche. À l’ère où le populisme de droite déferle sur la planète, c’est une éloquente anti-Trump ou, pour mieux dire, une anti-Boris Johnson, ce premier ministre dont l’appui au Brexit heurte les positions du Scottish National Party.

À titre de rappel : cette formation indépendantiste est majoritaire au Parlement écossais, créé à la fin des années 1990. Le SNP et le gouvernement d’Écosse sont dirigés par Nicola Sturgeon. Le référendum sur l’indépendence de l’Écosse qui s’est tenu en octobre 2012 s’est soldé par une victoire du «non» (55,3 % contre 44,7 % pour le «oui»). La sortie fracassante du Royaume-Uni de l’Union européenne laisse croire aux indépendantistes que la prochaine campagne pourrait donner le résultat escompté.

Dépouillé de tout folklore ethnicisant, le nationalisme écossais de Mhairi Black, qui représente la circonscription de Paisley and Renfrewshire South, au sud-ouest de Glasgow, s’appuie sur une forte conscience de classe. Conscience qui est liée à son tour à la conviction que les partis dominants au Royaume-Uni sont devenus des forces d’oppression en faveur des élites – une oppression à laquelle l’Écosse ne pourra se soustraire dans le système actuel, du fait de son faible poids au sein de l’union. (Pour une analyse de l’évolution récente de ce discours, voir l’étude d’Ewan Gibbs, «Who’s ‘Normal’? Class, Culture and Labour Politics in a Fragmented Britain», dans Renewal: A Journal of Labour Politics, 2017, vol. 25, no 1, p. 86-91).

Ayant fait preuve et d’audace et de compétence, Mhairi Black vient d’assumer la fonction de contre-secrétaire d’État pour l’Écosse au nom du SNP. Pour souligner cette Journée internationale des droits des femmes, voici trois vidéos permettant de mieux connaître cette figure marquante de la scène politique…

1) Son discours inaugural, prononcé le 14 juillet 2015, était l’occasion pour le «bébé de la Chambre» – selon le titre traditionnel donné au plus jeune membre – d’écorcher le statu quo en expliquant son adhésion au SNP :

«Comme beaucoup de membres du SNP, je viens d’une famille socialiste et traditionnellement travailliste et je n’ai jamais fait taire mon assertion que j’ai l’impression que c’est le Parti travailliste qui m’a quittée – et non le contraire. Le SNP n’a pas triomphé grâce à une vague de nationalisme; au fait, le nationalisme n’a rien à voir avec ce qui se passe en Écosse. Nous avons triomphé grâce à une vague d’espoir – un espoir qu’il y aurait quelque chose de différent, de meilleur que les politiques néolibérales thatchéristes qui sont produites à partir de cette Chambre.» 

 We triumphed on a wave of hope, hope that there was something different, something better to the Thatcherite neo-liberal policies that are produced from this chamber.» 

2) Cet entretien accordé à Channel 4 aborde plusieurs sujets, dont son éducation familiale, les questions identitaires et sa vision des stratégies post-Brexit.

3) En mars 2018, elle prenait la parole pour dénoncer les virulentes attaques misogynes auxquelles elle était régulièrement confrontée dans les réseaux sociaux. Ce discours courageux a fait le tour du monde.

 

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