VITE! VITE! ALLEZ LIRE!… «Du patrimoine musical aux mèmes sur Internet», par Éva Guillorel, Patrice Nicolas et Nathan Rabalais

Pour mieux comprendre l’Acadie et sa situation en contexte mondial, il existe beaucoup de textes qu’il est possible de consulter gratuitement. Pendant la pandémie de COVID-19, les revues savantes et maisons d’édition font des efforts pour rendre encore plus accessibles ces ressources afin de mettre le savoir à la portée de tout le monde. Dans cet esprit-là, la CRÉAcT signalera à tous les deux vendredis un article ou un livre en études acadiennes ou bien dans un domaine connexe. Cette initiative s’intitule : Vite! vite! allez lire…

L’identité culturelle des gens dans une société donnée n’est pas forcément reflétée dans les discours émanant de l’élite et des institutions officielles. Beaucoup s’en faut. Cette problématique traverse comme un fil rouge les recherches de trois spécialistes des études acadiennes œuvrant au sein du collectif Repenser l’Acadie dans le monde, à savoir Éva Guillorel (Université de Caen Normandie), Patrice Nicolas (Université de Moncton) et Nathan Rabalais (Université de Louisiane à Lafayette). À la suite d’une séance de réflexion, ces chercheur-e-s ont exploré les points de convergence et de divergence entre leurs projets respectifs dans un billet de blogue fort stimulant : «Du patrimoine musical aux mèmes sur Internet» (lire ici).

Force est de souligner, comme le font ici les auteur-e-s, la diversité de leurs perspectives, «en lien avec leurs formations disciplinaires variées et les périodes chronologiques différenciées qu’ils privilégient» :

Éva Guillorel s’intéresse à la mémoire des conflits franco-anglais de la guerre de Sept Ans à travers les chansons de tradition orale acadiennes ; Patrice Nicolas analyse la circulation de motifs narratifs dans une chanson connue en Acadie mais dont les racines littéraires et musicales remontent à la Renaissance européenne ; Nathan Rabalais fait une comparaison entre l’expression culturelle et identitaire acadienne et louisianaise à travers les mèmes humoristiques postés sur les réseaux sociaux.

Or, la transmission culturelle demeure un enjeu commun :

Le principal point commun qui émerge est la question de l’adaptation locale de schémas culturels préexistants à travers des formes narratives qui expriment des marques d’identité. La dimension sonore (pour les chansons) et visuelle (pour les mèmes) est essentielle et, quel que soit le support de diffusion, la langue orale et ses expressions régionales sont au cœur du propos.

Ce sont justement des interconnexions de ce genre, avec les dialogues qu’elles peuvent susciter, qui sont valorisées par le projet Repenser l’Acadie dans le monde, d’autant plus qu’il s’agit de circulations transatlantiques et transnationales. Bonne lecture et bonnes découvertes !

Pour en savoir davantages sur ces chercheur-e-s, consulter la page des profils sur le site de Repenser l’Acadie dans le monde.

Quand la recherche croise le fer avec les pirates ! (Nouvel article de Clint Bruce paru dans la revue française Transatlantica)

À qui ces pirates lèvent-ils si gaiment leur chope de rhum ? Ces membres du collectif Pyrates Image sont posés devant le tombeau de Dominique You, célèbre corsaire louisianais du tournant du 19e siècle, enterré au cimetière St-Louis nº 2 à La Nouvelle-Orléans. Contrebandier, compagnon de Jean Laffite et combattant lors de la bataille de La Nouvelle-Orléans, You est une figure centrale dans un article que je viens de faire paraître dans Transatlantica : revue d’études américaines « Les autres pirates des Caraïbes : transtextualités transatlantiques chez Michel Séligny (1807-1867), écrivain créole de la Nouvelle-Orléans »

En voici le résumé et, ci-dessous, une sélection d’images accompagnant le texte. Bonnes découvertes et bonne lecture !

Dans la Louisiane d’avant la guerre de Sécession, les textes dénonçant l’esclavage sont extrêmement rares en raison des lois limitant la liberté d’expression. Cet article se propose d’étudier une exception frappante mais discrète, à savoir le feuilleton « Un pirate » (1853), signé par Michel Séligny, homme de couleur. En tenant compte de l’ambiguïté de la situation des gens libres de couleur, il s’agira de mettre en lumière les enjeux et stratégies de la mise en fiction de l’histoire locale, plus particulièrement des corsaires négriers, à l’effet de contester le rôle de ces derniers dans la mémoire populaire. Ces stratégies comprennent notamment la réécriture d’une nouvelle du romancier français Eugène Sue.

 

M. Clint Bruce

Clint Bruce, Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales de l’Université Sainte-Anne