«Au rythme de notre monde», chronique bihebdomadaire dans Le Courrier de la Nouvelle-Écosse

Note : Ce texte est paru dans l’édition du 6 juillet 2018 du Courrier de la Nouvelle-Écosse.

« Pourquoi une chronique sur l’état du monde ? »

Clint Bruce, Observatoire Nord/Sud de l’Université Sainte-Anne

Aujourd’hui, Le Courrier de la Nouvelle-Écosse inaugure une nouvelle chronique sur les questions de portée internationale et sur l’évolution actuelle de notre monde globalisé. Ce billet paraîtra à toutes les deux semaines. En assumant ce défi, je m’engage à offrir aux lectrices et lecteurs du Courrier, à chaque fois, une réflexion équilibrée, menée à partir de sources fiables et sérieuses.

Pourquoi une telle chronique dans notre journal acadien, qui se donne avant tout une vocation provinciale ? Pour comprendre ma motivation personnelle, remontons dans le temps.

Pour une raison ou une autre, je me rappelle avec une acuité particulière la marche vers l’indépendance de la Lituanie, qui a voulu se détacher de l’Union soviétique en 1989-1990. En septembre 1991, la Russie reconnaissait la souveraineté de ce pays balte et de ses voisins, l’Estonie et la Lettonie. J’avais onze ans et je ne savais pas grand-chose de cette partie du monde. Pourtant, les affaires géopolitiques m’intéressaient déjà.

Les cartes géographiques m’ont toujours fasciné. Enfant, j’examinais régulièrement le globe terrestre que mes parents avaient eu l’heureuse idée de m’offrir. J’apprenais la position des pays et leurs capitales. Je traçais à la main des cartes des différents continents, de la Louisiane, d’où je viens, et même de mon quartier, avec les différents endroits où mon frère et moi aimions jouer. La chute du mur de Berlin, en 1989, et la réunification de l’Allemagne m’avaient frappé car je me souvenais, depuis toujours, des reportages qui nous parvenaient aux États-Unis au sujet des Est-Berlinois qui se faisaient abattre en tentant de franchir cette funeste muraille.

Certaines frontières symbolisaient des injustices et l’oppression des peuples.

Et voilà qu’au début des années 1990 le découpage de la planète se modifiait brusquement. La « Union of Soviet Socialist Republics », géant territorial qui occupait la zone la plus importante de mon globe terrestre, allait bientôt disparaître. Tout pouvait changer, à tout moment.

Le monde continue de se transformer à un rythme fulgurant. Le but de cette chronique, c’est de décrypter les phénomènes qui caractérisent ce mouvement perpétuel. Les sujets varieront beaucoup. Certains concerneront directement l’Acadie, d’autres, non. Mais le regard sera toujours posé à partir de l’Acadie, pour un public acadien, ici en Nouvelle-Écosse.

Je me permets d’expliquer le titre.

« Rythme » : profondément musicale, l’humanité évolue dans un cosmos qui l’est tout autant. À toutes les échelles – notre corps, les étoiles, les saisons de l’année, les marchés financiers, les cycles de la vie politique et j’en passe -tout est l’objet de pulsations, de rythmes qui passent souvent d’un tempo à un autre.

« Notre monde » : au-delà des différences qui font notre si belle diversité, et qui causent tant de tensions aussi, les êtres humains forment une même espèce et, en dernière analyse, une même communauté de destin. Le XXIe siècle nous somme, impérativement, de trouver les moyens de cohabiter en cultivant un vivre-ensemble où chaque groupe humain, chaque personne, trouvera sa place. Notre monde est à nous toutes et tous.

Au rythme du monde résulte d’une collaboration entre Le Courrier et l’Observatoire Nord/ Sud, le centre de recherche que je dirige en tant que titulaire de la Chaire de recherche en études acadiennes et transnationales de l’Université Sainte-Anne (CRÉAcT). Il m’a semblé d’une singulière importance de profiter de la plateforme que représente Le Courrier de la Nouvelle-Écosse. Partout au Canada francophone, nos médias locaux ont le rôle crucial non seulement d’informer nos communautés, mais aussi de susciter des questionnements sur leur devenir.

Je remercie Francis Robichaud d’avoir accepté la plume que j’offre au Courrier. Et j’encourage d’autres à appuyer notre journal, de toutes les manières possibles.

Dans le concert des peuples, c’est un tambour qui bat la cadence de l’Acadie.

M. Clint Bruce

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