Le français louisianais : mythes et mouvements (Maggie Perkins et Nathan Rabalais)

Les articles de La Filière Louisiane sont publiés grâce à un partenariat entre Astheure et Les Carnets Nord/Sud, blogue de la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT) de l’Université Sainte-Anne. Cette série vise à faire mieux connaître les enjeux culturels de la Louisiane francophone et à favoriser le dialogue entre Acadiens et Louisianais.

Ce texte a été composé au cours d’un échange par courriel sur l’exposition Le français louisianais: mythes et mouvements actuellement au Musée Paul and Lulu Hilliard à l’Université de Louisiane à Lafayette. L’exposition a été créée par Maggie Perkins qui est Responsable du développement communautaire au CODOFIL (Conseil pour le développement du français en Louisiane). Le format du débat-dialogue est inspiré de la chronique «The Conversation» de David Brooks et Gail Collins du New York Times.

Nathan Rabalais : Bonjour, Maggie! Félicitations pour ce beau travail que tu as fait dans la création de la nouvelle exposition Le français louisianais : mythes et mouvements, actuellement ouverte au musée d’art Paul and Lulu Hilliard sur le campus de l’Université de Louisiane à Lafayette. Cette année se démarque pour vous-autres au CODOFIL parce que c’est le 50e anniversaire de cet organisme qui se charge de l’avancement du français en Louisiane et le maintien des programmes d’immersion française dans plusieurs paroisses. Vous êtes bien occupés cette année! Mais peux-tu expliquer un peu ton inspiration pour cette exposition en particulier? Quels sont les «mythes» que tu vises à défaire? À quels types de «mouvements» assiste-t-on aujourd’hui en Louisiane?

Maggie Perkins : Merci, et oui! La première partie, la partie Mythes se concentre sur la langue elle-même. Les deux mythes – «Le français louisianais n’est pas une langue écrite» et «Le français louisianais n’est pas du ‘vrai’ français» – sont des choses que j’entends souvent et qui me tracassent beaucoup. Avant de venir au CODOFIL j’ai fait un doctorat en Études françaises avec une concentration en linguistique et j’ai toujours voulu trouver une manière de partager ces connaissances dans un contexte moins académique. Cette partie de l’expo me semblait une bonne occasion de montrer aux gens que le français louisianais est une variété de français parmi d’autres. Dans l’autre salle, la salle Mouvements, il y a trois thèmes qui mettent en valeur les gains réalisés pendant les 50 dernières années. Dans la première section, Renaissance, c’est le changement d’attitudes, le réveil culturel. Le volet Représentation montre le progrès vers une francophonie louisianaise plus inclusive. La dernière partie, Création, donne des exemples des projets concrets liés à la francophonie louisianaise et aux efforts du CODOFIL en particulier.

Lire la suite sur le site web d’Astheure…

FullSizeRender (5)

David Cheramie : Le Hantage, ouvrage de souvenance de Nathan Rabalais

Les articles de La Filière Louisiane sont publiés grâce à un partenariat entre Astheure et Les Carnets Nord/Sud, blogue de la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT) de l’Université Sainte-Anne. Cette série vise à faire mieux connaître les enjeux culturels de la Louisiane francophone et à favoriser le dialogue entre Acadiens et Louisianais.

Rabalais, Nathan, Le Hantage, ouvrage de souvenance, Les Cahiers du Tintamarre, Shreveport, 2017, 123 p. (Disponible sur Amazon.)

En tapant le titre de ce livre, mon correcteur automatique le souligne avec un trait rouge et crénelé signalant un affront impardonnable aux règles convenues de l’orthographie française. Ayant l’habitude de ce genre de reprise grammaticale grâce à mon penchant pour les mots et expressions en français que la France a oubliés ou n’a jamais connus, je ne l’ai pas pris comme un défaut dans mon éducation. D’ailleurs, j’ai déjà rajouté une pléthore de vocables à ce Grevisse virtuel, m’évitant ces fâcheuses rencontres avec la police de la grammaire. Néanmoins, ce mot, «hantage», m’est une nouveauté, ne le trouvant même pas dans le dictionnaire du français louisianais. Et pourtant, en le voyant sur la couverture élégante de ce somptueux volume, aux allures plus de bande dessinée ou de beau-livre que de recueil de poésie, j’ai compris instantanément son sens.

Ce hantage, comme une hantise, une pensée qui ne vous lâche pas, comme un fantôme familier qui vous accompagne depuis toujours. En guise de mise en scène dans le «Prologue en prose», Nathan Rabalais nous l’explique. On apprend que hantise, vient «d’un vieux mot norrois (heitmas) voulant dire retour à la maison». Le chemin de retour est pavé de pierres glissantes; vous risquez de trébucher presqu’à chaque pas. Le travail de la souvenance est long et laborieux, rapiéçant les diverses étoffes de la mémoire, vécues et imaginées, héritées ou fabriquées, entières ou déchirées. Un travail de réassemblage, de réunification d’une parole pensée et parlée avec une écriture semblable à un propriétaire exproprié de son juste héritage qui cherche la justice. Il affronte, par ses propres moyens, celle qui l’a déshérité, l’écriture même. Les tables sont tournées et dans un tour de tables, la boucle est bouclée.

Lire la suite sur le site web d’Astheure