Nouvel épisode du balado ACADIVERSITÉ : Les traumatismes collectifs dans le folklore de la Louisiane francophone, AUX DIRES DE… Nathan Rabalais

Découvrez le sixième épisode du balado Acadiversité, une série de documentaires sonores réalisés par Studio N/S, l’unité audiovisuelle de l’Observatoire Nord/Sud de l’Université Sainte-Anne : Les traumatismes collectifs dans le folklore de la Louisiane francophone, AUX DIRES DE… Nathan Rabalais. Il s’agit d’un entretien avec Nathan Rabalais, auteur de l’ouvrage Folklore Figures of French and Creole Louisiana (Figures folkloriques de la Louisiane française et créole), paru en 2021 chez LSU Press, avec des dessins de l’artiste louisianais Jonathan Mayers, dit «Radbwa Faroush». Originaire de Eunice et de Lafayette (Louisiane), Nathan Rabalais est professeur d’études francophones à l’Université de Louisiane à Lafayette. Proche collaborateur de la CRÉAcT, notre invité s’intéresse, parmi d’autres thèmes, aux traces des traumatismes collectifs dans le répertoire folklorique (contes, chansons, etc.). Enregistrée sur le campus d’ULL, sa conversation avec le professeur Clint Bruce se focalise sur deux aspects du patrimoine oral, à savoir les effets de l’esclavage, d’une part, et la discrimination linguistique et culturelle subie par les francophones louisianais, d’autre part. 

Cliquez sur l’image pour écouter l’épisode.

À noter que nous inaugurons, avec cet épisode d’Acadiversité, un nouveau volet de notre balado, «Aux dires de…», une série de conversations avec des chercheur-e-s universitaires et avec des actrices/acteurs du milieu.

La lecture en créole louisianais du conte «Tortie» («La Tortue») a été enregistrée par Tiffany Guillory Thomas. Cette version a été recueillie à la fin du 19e siècle par le folkloriste louisianais Alcée Fortier auprès de Julia, résidente de La Nouvelle-Orléans, et publiée dans le recueil Louisiana Folk-Tales, in French Dialect and English Translation (1895). Les extraits de l’enregistrement de Revon Reed (1917-1994) proviennent du Fonds Barry-Jean-Ancelet, Center for Louisiana Studies (Université de Louisiane à Lafayette), numéro d’acquisition AN1.077.

Pour de plus amples renseignements sur Acadiversité, voir le site web de l’Observatoire Nord/Sud. Bonne écoute !

VITE! VITE! ALLEZ LIRE!… Laurence Arrighi et Émilie Urbain, «’Wake up Québec’ : du recours aux communautés francophones minoritaires dans le discours visant l’émancipation nationale du Québec»

Pour mieux comprendre l’Acadie et sa situation en contexte mondial, il existe beaucoup de textes qu’ il est possible de consulter gratuitement. Pendant la pandémie de COVID-19, les revues savantes et maisons d’édition font des efforts pour rendre encore plus accessibles ces ressources afin de mettre le savoir à la portée de tout le monde. Dans cet esprit-là, la CRÉAcT signalera chaque vendredi un article ou un livre en études acadiennes ou bien dans un domaine connexe. Cette initiative s’intitule : Vite! vite! allez lire…

Arrighi, Laurence et Émilie Urbain. « « Wake up Québec » : du recours aux communautés francophones minoritaires dans le discours visant l’émancipation nationale du Québec. » Francophonies d’Amérique 42-43 (automne 2016, printemps 2017), p. 105–124.

Il existe au Québec, foyer de l’Amérique francophone, une réelle volonté de tisser et de renforcer des liens avec d’autres communautés francophones et francophiles ailleurs au Canada et même aux États-Unis. En fait foi l’existence du Centre de la francophonie des Amériques, créé en 2008, qui multiplie les initiatives en ce sens. Cependant, une autre orientation se manifeste très souvent dans le discours public au Québec : la tendance à citer ces milieux minoritaires «hors Québec» en contre-exemples, en véritables présages de la menace qui pèse sur l’avenir de la société québécoise. Depuis quelques années, les termes acadianisation et louisianisation en sont venus à exprimer cette perception dépréciative, parfois jusqu’au dénigrement. L’Acadie et la Louisiane deviennent ainsi des repoussoirs, sans considération pour leurs réalités propres.

C’est ce phénomène, tel qu’il se déploie dans les médias, qu’explorent les sociolinguistiques Laurence Arrighi, professeure à l’Université de Moncton, campus de Moncton, et Émilie Urbain, qui enseigne à Carleton University en Ontario. Elles écrivent : 

« Wake up Québec » (Haché, 2014) est le leitmotiv des chroniqueurs.
D’un texte et d’un auteur à l’autre, l’argument est semblable, tout
comme la construction rhétorique du propos, ou encore les champs
lexicaux employés. Vocabulaires empruntés au risque, à la menace, à la
maladie sont ainsi mis à contribution pour rappeler que l’anglicisation se
répandrait au Québec, tout comme elle aurait déjà submergé les autres
communautés francophones du continent. Ce sont alors les pratiques
linguistiques mixtes prêtées aux locuteurs de ces communautés qui sont
surtout mentionnées pour appuyer le propos. (p. 106)

La lecture de cet article aussi éclairant que passionnant fait lumière sur certains obstacles à l’intensification de la solidarité francophone à l’échelle du continent.

Bonne lecture et bonne réflexion !

M. Clint Bruce

Un potager pour cultiver la francophonie louisianaise (Jonathan Olivier)

Les articles de La Filière Louisiane sont publiés grâce à un partenariat entre Astheure et Les Carnets Nord/Sud, blogue de l’Observatoire Nord/Sud et de la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT) de l’Université Sainte-Anne. Cette série vise à faire mieux connaître les enjeux culturels de la Louisiane francophone et à favoriser le dialogue entre Acadiens et Louisianais.

la_filiere_louisiane

Le premier jour de décembre, une centaine de personnes des environs de ma communauté, c’est-à-dire Frozard, lieu-dit de la paroisse St-Landry en Louisiane, se sont rassemblées pour marquer une tradition très ancienne chez nous : une boucherie. Ensemble, des gens des villages d’Arnaudville, de Grand-Coteau, de la Prairie des Femmes et ailleurs, nous avons abattu un cochon et préparé un grand nombre de plats traditionnels comme des gratons, du boudin noir et du fromage de tête.

L’importance de cette journée consistait à perpétuer nos traditions culturelles liées à l’agriculture et à la nourriture. Les cochons qui ont été apprêtés avaient été élevés dans ma ferme, Le Potager d’Acadiana, une exploitation biologique que j’ai fondée en juillet dernier. Pourquoi une telle initiative ? J’avais reconnu le besoin d’une ferme locale, source d’aliments sains pour nos habitants de la région d’Acadiana. Mes méthodes ont été apprises d’agriculteurs de toute l’Amérique du Nord ainsi que de l’ouvrage du Québécois Jean-Martin Fortier, Le Jardinier-maraîcher (Écososciété, 2012). Je sais que ma ferme à moi contribuera à perpétuer une tradition de petites fermes qui se trouvaient partout dans cette région. Et la boucherie faisait revivre une tradition en Louisiane d’élever des cochons à plusieurs générations dans ma famille.

Lire la suite sur le site d’Astheure…

2019-12-18_FL_Olivier 3

Issu d’une famille francophone de la paroisse St-Landry, Jonathan Olivier est journaliste spécialisé en environnement et en activités plein-air, dont les écrits ont paru dans des revues comme OutsideBackpackerREI Co-op JournalLouisiana Sportsman et Mother Earth News. Il est propriétaire de la ferme biologique Le Potager d’Acadiana depuis le printemps 2019.

Antibilinguisme et mobilisation francophone – Visionnez la Classe de maître de Ricky G. Richard (18 mars 2019)

Le 18 mars dernier s’est déroulée sur le campus de l’Université Sainte-Anne une importante et stimulante discussion sur un sujet d’actualité brûlant à l’heure du populisme francophobe : Antibilinguisme – menace réelle ou occasion à saisir pour les francophones ? Coparrainée par la Société acadienne de Clare dans le cadre des Rendez-vous de la Francophonie 2019, cette cinquième Classe de maître de la CRÉAcT a été animée par Ricky G. Richard, politologue, blogueur citoyen et ancien fonctionnaire au Commissariat aux langues officielles. (Voir le communiqué de presse pour les détails.) Si vous avez manqué cette activité, il n’est pas trop tard pour en tirer profit ! Grâce à la collaboration du Bureau des communications de l’Université Sainte-Anne, la vidéo de la webdiffusion est disponible ici :  

Voici un choix de photos prises par Louise d’Alessio-Doucet du C.H.U.S.A. (Comité d’histoire de l’Université Sainte-Anne).

Clint Bruce, titulaire de la CRÉAcT

M. Clint Bruce

Le français louisianais : mythes et mouvements (Maggie Perkins et Nathan Rabalais)

Les articles de La Filière Louisiane sont publiés grâce à un partenariat entre Astheure et Les Carnets Nord/Sud, blogue de la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT) de l’Université Sainte-Anne. Cette série vise à faire mieux connaître les enjeux culturels de la Louisiane francophone et à favoriser le dialogue entre Acadiens et Louisianais.

Ce texte a été composé au cours d’un échange par courriel sur l’exposition Le français louisianais: mythes et mouvements actuellement au Musée Paul and Lulu Hilliard à l’Université de Louisiane à Lafayette. L’exposition a été créée par Maggie Perkins qui est Responsable du développement communautaire au CODOFIL (Conseil pour le développement du français en Louisiane). Le format du débat-dialogue est inspiré de la chronique «The Conversation» de David Brooks et Gail Collins du New York Times.

Nathan Rabalais : Bonjour, Maggie! Félicitations pour ce beau travail que tu as fait dans la création de la nouvelle exposition Le français louisianais : mythes et mouvements, actuellement ouverte au musée d’art Paul and Lulu Hilliard sur le campus de l’Université de Louisiane à Lafayette. Cette année se démarque pour vous-autres au CODOFIL parce que c’est le 50e anniversaire de cet organisme qui se charge de l’avancement du français en Louisiane et le maintien des programmes d’immersion française dans plusieurs paroisses. Vous êtes bien occupés cette année! Mais peux-tu expliquer un peu ton inspiration pour cette exposition en particulier? Quels sont les «mythes» que tu vises à défaire? À quels types de «mouvements» assiste-t-on aujourd’hui en Louisiane?

Maggie Perkins : Merci, et oui! La première partie, la partie Mythes se concentre sur la langue elle-même. Les deux mythes – «Le français louisianais n’est pas une langue écrite» et «Le français louisianais n’est pas du ‘vrai’ français» – sont des choses que j’entends souvent et qui me tracassent beaucoup. Avant de venir au CODOFIL j’ai fait un doctorat en Études françaises avec une concentration en linguistique et j’ai toujours voulu trouver une manière de partager ces connaissances dans un contexte moins académique. Cette partie de l’expo me semblait une bonne occasion de montrer aux gens que le français louisianais est une variété de français parmi d’autres. Dans l’autre salle, la salle Mouvements, il y a trois thèmes qui mettent en valeur les gains réalisés pendant les 50 dernières années. Dans la première section, Renaissance, c’est le changement d’attitudes, le réveil culturel. Le volet Représentation montre le progrès vers une francophonie louisianaise plus inclusive. La dernière partie, Création, donne des exemples des projets concrets liés à la francophonie louisianaise et aux efforts du CODOFIL en particulier.

Lire la suite sur le site web d’Astheure…

FullSizeRender (5)

La déclaration d’indépendance linguistique (Joseph Dunn)

Les articles de La Filière Louisiane sont publiés grâce à un partenariat entre Astheure et Les Carnets Nord/Sud, blogue de la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT) de l’Université Sainte-Anne. Cette série vise à faire mieux connaître les enjeux culturels de la Louisiane francophone et à favoriser le dialogue entre Acadiens et Louisianais.


J’entendais sans cesse les mêmes refrains :

– Mais comment veux-tu qu’il apprenne l’anglais si tu lui parles en français tout le temps?
– Tu vas retarder son développement.
– On n’est pas Français, on est Américains.

Mon fils devait avoir 7 ou 8 ans quand il m’a déclaré :

– Je suis Américain. Je. Parle. Anglais.

Je n’avais plus l’énergie d’insister. Avec lui, j’étais père très jeune et je pensais que je pouvais lui parler en français de manière passive, de temps en temps, afin de ne pas trop « exclure » sa mère et mes beaux-parents chez qui nous vivions. Il était plus aisé de parler anglais. Une histoire assez courante.

2016-09-01_joseph_dunn

Lire la suite sur le site Web d’Astheure