Du côté de l’Observatoire Nord/Sud (dans Le Courrier de la Nouvelle-Écosse, 14 janvier 2022)

Cette chronique est parue dans l’édition du vendredi 17 septembre du Courrier de la Nouvelle-Écosse, sous la rubrique «Au rythme de notre monde».

Je vous adresse cette chronique depuis l’État du Maryland, l’une des étapes d’un voyage que j’entreprends actuellement à destination de la Louisiane. Le but : poursuivre mes recherches sur la diaspora acadienne. Pourquoi le Maryland, et plus précisément sa rive orientale formant la plus grande partie de la péninsule de Delmarva (Delaware-Maryland-Virginie), entre l’Atlantique et la baie de Chesapeake ?

Cette région pittoresque est intimement liée à l’histoire de la Déportation, ce que j’expliquerai plus loin.

Mais tout d’abord, quelques nouvelles à propos des activités de l’Observatoire Nord/Sud.

L’une des missions de l’Observatoire Nord/Sud consiste à accroître la visibilité des projets et initiatives de la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT) – et, du coup, de la recherche ici à l’Université Sainte-Anne. Avez-vous Instagram ? Si oui, abonnez-vous à notre compte, lancé l’automne dernier : @observatoire_nord.sud. Nous publions régulièrement des images de nos activités ainsi que des documents liés à nos travaux de recherche sur la diaspora acadienne.

Depuis l’été dernier, nous avons également lancé une initiative majeure pour faire connaître nos thématiques de recherche : le balado Acadiversité, réalisé sous l’étiquette du Studio N/S, notre unité audiovisuelle. Il s’agit d’une série de documentaires sonores mettant en lumière diverses questions liées aux transformations de la société acadienne, historiquement et actuellement. Le format d’Acadiversité se veut dynamique et agréable à écouter. Le balado est disponible sur le site de la CRÉAcT ainsi que sur Spotify, Apple Podcasts, iHeartRadio et plusieurs autres plateformes.

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Après la délégation acadienne en France, vers un renouveau des échanges entre les municipalités?

Cette chronique est parue dans l’édition du vendredi 17 décembre 2021 du Courrier de la Nouvelle-Écosse, sous la rubrique «Au rythme de notre monde».

L’occasion a été qualifiée d’historique, et pour cause. Le 24 novembre dernier, l’écrivaine acadienne Antonine Maillet recevait l’insigne de commandeur de la Légion d’honneur, l’une des plus hautes distinctions accordées par la République française, lors d’une visite avec le président Emmanuel Macron. Connue pour le personnage de la Sagouine et lauréate du prix Goncourt de 1979 pour son roman Pélagie-la-Charrette, Maillet continue, du haut de ses 92 ans, de faire entendre la voix de l’Acadie à travers la francophonie.

Or, la symbolique de cette consécration reflète des aspirations qui dépassent, et de loin, la seule reconnaissance de notre plus grande écrivaine. La cérémonie tenue à l’Élysée aura marqué le point culminant d’une tournée d’une importante délégation acadienne en France, menée par la Société nationale de l’Acadie et composée d’une trentaine de personnes issues de divers secteurs. Ses éventuelles retombées pourraient bénéficier grandement au dynamisme de la société acadienne.

C’est ce que l’histoire nous enseigne, d’ailleurs. Les relations France-Acadie sont entrées dans l’ère moderne lorsque le président Charles de Gaulle a accueilli quatre représentants acadiens, en janvier 1968. Il en est sorti une aide financière considérable pour le journal L’Évangéline, des échanges éducatifs et, un peu plus tard, la création des Amitiés acadiennes, organisme soutenu par la Fondation de France et le ministère des Affaires étrangères. En 1999, le 8e Sommet de la Francophonie a eu lieu à Moncton, rassemblement majeur s’il en est. Depuis 2007, une entente France-Acadie, placée sous l’égide de la SNA, encadre la coopération entre l’Acadie de l’Atlantique et la République française.

Ces acquis n’échappent pas à une certaine fragilité qui caractérise notre petite société sans État. Il n’y a pas très longtemps, le consulat général de France à Moncton risquait de tomber sous la hache des compressions budgétaires. Il a été sauvé par une levée de boucliers de part et d’autre de l’Atlantique – campagne dont le fer de lance n’était nulle autre qu’Antonine Maillet.

Le nouveau président de la SNA, Martin Théberge, appelle de ses vœux un renforcement des relations avec la France et avec la francophonie internationale. Si c’était déjà une priorité sous ses prédécesseurs, notamment Françoise Reux-Enguehard (2006-2012) et Louis Imbeault (2017-2021), la récente délégation aura peut-être insufflé un nouvel élan. D’après une déclaration de M. Théberge, le président Macron aurait l’intention, si réélu l’an prochain, de se rendre au Congrès mondial acadien 2024, dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse.

L’un des domaines que la SNA souhaite privilégier, c’est l’intermunicipalité, c’est-à-dire la coopération internationale au niveau des villes et des collectivités locales. Il existe des réseaux de villes, comme l’Association internationale de maires francophones, ainsi que des échanges bilatéraux entre des « villes sœurs ». L’annonce de cette intention m’interpelle au plus haut point, car, depuis 2017, l’Observatoire Nord/Sud mène une enquête sur les jumelages de villes aux provinces Maritimes, où il existe environ plus d’une soixantaine d’ententes de ce type.

Selon les renseignements dont nous disposons, il y aurait une douzaine de jumelages actifs entre des municipalités des Maritimes et des communes en France, dont quatre avec la Nouvelle-Écosse et huit avec le Nouveau-Brunswick. À noter que c’est à peu près le même nombre qu’avec des municipalités en Louisiane, qui représente l’autre pôle dominant des villes-sœurs de nos communautés francophones. 

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Carmen d’Entremont se penchera sur les migrations acadiennes dans le cadre de son stage postdoctoral

Pointe-de-l’Église (N.-É.), le 21 septembre 2021 – Ethnologue expérimentée dans le domaine des traditions orales des régions acadiennes, Carmen d’Entremont effectue présentement un stage postdoctoral qui vise à retracer les motifs et les impacts des migrations circulaires entre les régions de Par-en-Bas et la Nouvelle-Angleterre.

Chercheuse associée de l’Observatoire Nord/Sud et membre de l’équipe de la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT), son stage postdoctoral est financé par le projet Trois siècles de migrations francophones en Amérique du Nord (1640-1940) (TSMF). Ce dernier est sous la direction de l’historien Yves Frenette, titulaire de la Chaire de recherche du Canada de niveau 1 sur les migrations, les transferts et les communautés francophones, située à l’Université de Saint-Boniface.

« Carmen d’Entremont n’est pas une étrangère au sein du projet Trois siècles de migrations francophones, puisqu’elle était impliquée au Centre acadien et à l’Observatoire Nord-Sud, deux institutions partenaires importantes. Dans son nouveau rôle de stagiaire postdoctorale, cette expérience lui sera profitable, mais surtout elle contribuera au chantier de recherche sur les relations entre l’Acadie du sud-ouest de la Nouvelle-Écosse, particulièrement la région de Par-en-Bas, et la Nouvelle-Angleterre. En outre, elle apporte au projet une perspective ethnologique fort bienvenue. »

– Yves Frenette, titulaire de la Chaire de recherche du Canada de niveau 1 sur les migrations, les transferts et les communautés francophones à l’Université de Saint-Boniface

Le projet de recherche Trois siècles de migrations francophones en Amérique du Nord (1640-1940) explore la genèse et l‘évolution des populations francophones sur le continent nord-américain et nourrit les réflexions sur les enjeux de l’immigration, de la diversité culturelle et du vivre-ensemble.

Carmen se penchera plus particulièrement sur des questions d’identité avec l’aide de récits et de témoignages recueillis, qu’elle utilisera pour reconstituer l’historique des expériences migratoires (l’histoire orale) et saisir les points de vue, traditions, sentiments et valeurs de la culture étudiée (les traditions orales). Elle travaillera de près avec le professeur Clint Bruce, titulaire de la CRÉAcT, ainsi qu’avec des associations locales comme la Société historique acadienne de la Baie Sainte-Marie et le Musée des Acadiens des Pubnicos et Centre de recherche Père-Clarence-d’Entremont.

Collection de Carmen d’Entremont

À propos de l’Université Sainte-Anne

L’Université Sainte-Anne, la seule université francophone en Nouvelle-Écosse, offre des programmes d’études universitaires et collégiales ainsi que des programmes d’immersion et de formation sur mesure en français langue seconde. Reconnue pour l’excellence de ses programmes et son milieu de vie unique et exceptionnel, elle offre des occasions d’apprentissage expérientiel favorisant l’engagement et la réussite des étudiants et un contexte favorable à l’établissement d’une culture d’excellence en recherche et en développement. Résolument ancrée dans son milieu, elle est un partenaire de choix pour accroître la vitalité des régions entourant ses campus et de l’Acadie de la Nouvelle-Écosse dans son ensemble.

Pour plus d’information      

Rachelle LeBlanc, Directrice des communications et du marketing
Université Sainte-Anne
Tél. : 902-769-2114, poste 7222
Courriel : rachelle.leblanc@usainteanne.ca

Du côté de l’Observatoire Nord/Sud (dans Le Courrier de la Nouvelle-Écosse, 17 septembre 2021)

Cette chronique est parue dans l’édition du vendredi 17 septembre du Courrier de la Nouvelle-Écosse, sous la rubrique «Au rythme de notre monde».

Ici à l’Université Sainte-Anne, la rentrée du trimestre d’automne s’annonce sous le signe de l’optimisme prudent. Certes, la pandémie n’est pas finie. Dans beaucoup d’endroits, et notamment dans ma Louisiane natale, le virus continue de faire des ravages alors que l’ouragan Ida vient de dévaster les paroisses au sud-ouest de La Nouvelle-Orléans – région où plusieurs membres de la communauté acadienne d’ici ont tissé des liens d’amitiés au fil des ans.

Toujours est-il un vent d’espoir souffle sur la Nouvelle-Écosse, où le passage à la Phase 5 de la réouverture était prévue pour cette semaine. À l’Observatoire Nord/Sud, nos projets se sont poursuivis au cours de l’été, malgré les soubresauts des conditions parfois imprévisibles. Cette chronique de la rentrée fait le point sur quelques-unes de nos initiatives.

Voici une nouvelle en primeur : nous sommes en train de lancer le balado « Acadiversité », une série de documentaires sonores qui exploreront divers aspects de l’expérience acadienne, tant historique qu’actuelle. Les deux premiers épisodes, qui s’intitulent : « Cap-Pelé et Broussard, deux villes-sœurs au cœur de l’Acadie », retracent la naissance du jumelage entre ces deux municipalités, l’une au Nouveau-Brunswick, l’autre en Louisiane, dans les années 1980 et, après une longue période d’oubli, son renouveau à l’approche du Congrès mondial acadien 2019. C’est une histoire passionnante d’une facette de la diaspora acadienne, que nous racontons à l’aide d’entretiens et d’enregistrements de terrain. 

À l’avance d’une annonce officielle au mois d’octobre, ces deux épisodes peuvent être consultés et téléchargés sur la page web d’« Acadiversité ». Il est également possible de s’abonner à travers Spotify, Apple Podcasts, Amazon Music, Stitcher et plusieurs autres services de diffusion.

Le troisième épisode de notre balado sera consacré aux thèmes qui ont été abordés lors d’un symposium à Chéticamp, les 27 et 28 août derniers. Oui, oui : un vrai évènement avec de vraies personnes « en présentiel » ! Il s’agissait d’un colloque organisé par l’Institut Gorsebrook de St. Mary’s University, sous la direction de la professeure Karly Kehoe, en partenariat avec l’Institut d’études acadiennes de l’Université de Moncton et, bien sûr, l’Observatoire Nord/Sud. Une trentaine de spécialistes, de professionnel-le-s du domaine du patrimoine et de membres du public se sont donné rendez-vous pour échanger autour des « histoires de lieux des communautés côtières » de la Nouvelle-Écosse : gaélique, acadienne et afro-néo-écossaise, entre autres, en plus de témoignages sur la Louisiane et sur la diaspora sud-asiatique, grâce à une autre collègue de St. Mary’s, la professeure Rohini Banerjee.

Le clou de l’événement : une promenade matinale pour découvrir les vestiges d’un moulin du 18e siècle, en compagnie de Scott Aucoin, fier défenseur et promoteur de l’héritage acadien de Chéticamp.

Ce n’est pas la seule activité de recherche qui s’est tenue dans les dernières semaines. Du 12 au 14 août s’est déroulé le deuxième atelier – après celui de 2019 – du projet Repenser l’Acadie dans le monde que codirige, avec moi, mon collègue Gregory Kennedy, directeur scientifique de l’Institut d’études acadiennes. Ce collectif rassemble près d’une vingtaine d’universitaires, de plusieurs disciplines. Leurs projets, qui seront présentés dans un livre (prévu pour 2023), sont novateurs et passionnants. Cette fois-là, les séances ont eu lieu en ligne. Un grand merci à Zoe Geddes, assistante de recherche et employée d’été, pour l’appui technique !

L’une de ces séances était une table ronde : « L’évolution des études acadiennes en contexte d’enseignement : réflexions et stratégies ». Animée par Audrey Paquette-Verdon, coordinatrice de l’Observatoire Nord/Sud, la discussion mettait en dialogue la professeure Isabelle LeBlanc de l’Université de Moncton, la professeure Judith Patouma de l’Université Sainte-Anne et le professeur Nathan Rabalais de l’Université de Louisiane à Lafayette. La table ronde peut être visionnée sur le blogue du projet.

Audrey Paquette-Verdon (en haut à gauche) a animé une table ronde sur l’enseignement des études acadiennes avec la professeur Isabelle LeBlanc, la professeure Judith Patouma et le professeur Nathan Rabalais.

Ce début d’année universitaire voit aussi l’arrivée de deux nouvelles personnes au sein de l’équipe de l’Observatoire Nord/Sud et de la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT). 

Depuis le mois de juillet, Carmen d’Entremont, ethnologue et ancienne coordinatrice du Centre acadien, amorce un stage en tant que chercheure postdoctorale dans le cadre du projet « Trois siècles de migrations francophones en Amérique du Nord, 1640-1940 », sous la houlette de l’historien Yves Frenette de l’Université de Saint-Boniface. Les recherches de Carmen porteront sur les récits de migration aux États-Unis dans les communautés de Par-en-Bas. Au mois d’août, elle a donné une conférence à ce sujet, à Grand-Pré, et nous avons hâte d’en donner d’autres nouvelles !

En outre, l’Observatoire Nord/Sud est très fier d’accueillir Karmen d’Entremont qui intègre la maîtrise ès arts en Cultures et espaces francophones, avec un financement complet de la CRÉAcT. Originaire de Par-en-Bas, Karmen détient un baccalauréat ès arts de l’Université Sainte-Anne, avec une majeure en histoire. Ayant travaillé pour différents musées dans sa région natale, il est passionné par le patrimoine acadien et, plus généralement, fasciné par la destinée des petites cultures.

D’ici notre prochaine chronique, qui sera signée par Audrey Paquette-Verdon, n’oubliez pas la rencontre en ligne avec Sonya Malaborza, traductrice du roman à succès L’accoucheuse de Scots Bay (The Birth House, 2006) d’Ami McKay, le lundi 27 septembre à 19h00. Les détails se trouvent sur la page Facebook de l’Observatoire Nord/Sud.

Du côté de l’Observatoire Nord/Sud (dans Le Courrier de la Nouvelle-Écosse, 28 mai 2021)

Ce texte est également disponible sur le site du Courrier de la Nouvelle-Écosse, où il a paru le 28 mai 2021 sous la rubrique Au rythme de notre monde.

Le passage de l’hiver au printemps aura vu arriver beaucoup d’activités au sein de l’Observatoire Nord/Sud!

Avant d’en donner un bref aperçu, il y a lieu de féliciter deux de nos assistants de recherche qui viennent de terminer leurs études ici à l’Université Sainte-Anne. Joseph Cibalinda, originaire de la République démocratique du Congo et très impliqué dans la vie étudiante sur notre campus, possède désormais un baccalauréat en administration des affaires, tandis que Bailey Ross, assistant de recherche depuis l’hiver 2019 et ancien président de l’Association générale des étudiant(e)s de l’Université Sainte-Anne, se trouve muni d’un baccalauréat ès arts avec une majeure en études françaises et une mineure en histoire. Bailey poursuivra ses études en éducation à Acadia University. 

Pour en savoir davantage sur son parcours et ses contributions aux projets de la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT), on peut lire cet entretien avec Bailey dans Les Carnets Nord/Sud, le blogue de la chaire.

Bailey Ross prend la parole lors d’une classe de maître de la CRÉAcT sur l’antibilinguisme au Canada, animée par Ricky G. Richard, le 18 mars 2019. (Crédit photo : Louise d’Alessio-Doucet)

Dans les derniers mois, j’ai eu l’occasion de faire plusieurs interventions en ligne autour de mon livre Afro-Creole Poetry in French from Louisiana’s Radical Civil War-Era Newspapers: A Bilingual Edition, paru l’an dernier aux presses de The Historic New Orleans Collection. Parmi celles-ci, il y a eu, du 5 au 7 mars, le symposium Recovered Voices: Black Activism in New Orleans from Reconstruction to the Present Day (« Des voix récupérées : le militantisme noir à La Nouvelle-Orléans, de la Reconstruction jusqu’à nos jours »). Le site de THNOC permet d’en prendre connaissance.

Depuis lors, un projet tout à fait inspirant a été dévoilé par la maison d’édition, qui a invité trois poètes afro-américains contemporains à réagir à l’un des textes des années 1860. Kelly Harris-DeBerry, Kalamu Ya Salaam et Mona Lisa Saloy ont composé des poèmes saisissants qui font l’objet de capsules vidéos. L’article sur le blogue de THNOC a suscité plus de 4 400 réactions sur Facebook et les vidéos ont été partagées plus de 1 300 de fois. Ce communiqué de l’Université Sainte-Anne explique davantage cette initiative. 

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Du côté de l’Observatoire Nord/Sud (dans Le Trait d’Union, 11 février 2021)

(Note : Une version abrégée de cette chronique est parue dans le numéro 42 [11 février 2021] du Trait d’union, bulletin trimestriel destiné aux membres du personnel de l’Université Sainte-Anne.)

Pointe-de-l’Église, 26 février 2021 – Conformément aux principes de l’Université Sainte-Anne, l’implication des étudiantes et étudiants dans les activités de recherche trône en tête des priorités de la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT) et de l’Observatoire Nord/Sud. Il m’arrive de dire que nos assistantes et assistants de recherche servent de multiplicateurs de force—et c’est vrai. Même si le retour à la normale se fait attendre, les projets vont de l’avant, grâce en grande partie à notre équipe.

Ces derniers temps, plusieurs responsabilités sont confiées à Audrey Paquette-Verdon, coordinatrice de l’Observatoire et étudiante à la maîtrise en Cultures et espaces francophones. Le lectorat du Courrier a eu la chance de bénéficier de ses connaissances sur la francophonie en Chine grâce à la chronique qu’elle a signée il y a deux semaines, fruit de ses recherches issues d’un séminaire de maîtrise. Parmi ses autres contributions, elle travaille de près avec Zoe Geddes, assistante de premier cycle, sur la collecte de données dans le cadre de notre enquête sur les jumelages de villes aux provinces Maritimes. 

Quant aux recherches en histoire, Audrey accompagne les démarches de Mykkaela Lutes, Bailey Ross et Joseph Cibalinda qui s’occupent du traitement de documents d’archives pour le projet « L’expérience acadienne au temps de l’esclavage ». Il s’agit d’étudier les relations entre Acadiens, d’une part, et Africains tenus en esclavage en Louisiane, d’autre part, aux 18e-19e siècles. C’est une facette moins connue de l’évolution de la diaspora acadienne, mais qui est à l’origine de beaucoup d’éléments de la culture cadienne grâce à la créolisation culturelle. Signalons que Joseph, étudiant en administration des affaires, vient de se joindre à l’équipe.

Pour donner une idée du type d’expérience que la CRÉAcT peut offrir – hors pandémie, certes – nous venons de lancer une capsule vidéo : « Une expérience de la diaspora acadienne : Yvette Comeau en Louisiane avec la CRÉAcT » (sur Facebook). Originaire de la Baie Sainte-Marie et également étudiante en Cultures et espaces francophones, Yvette a visité Lafayette et La Nouvelle-Orléans en avril 2019, dans le cadre d’un stage au sein de l’Observatoire Nord/Sud. C’était toute une découverte ! Dans ce mini-documentaire, elle fait part de ses souvenirs et de ses réflexions sur les affinités entre les communautés de la diaspora acadienne. De quoi nourrir son projet de maîtrise… sans parler des mets savoureux qu’elle a dégustés là-bas !

Yvette Comeau, stagiaire auprès de la CRÉAcT en 2018-19, explore les archives de l’Université de Louisiane à Lafayette.

Inspiré par ce voyage, son mémoire compare le maintien du lexique traditionnel dans les parlers français de la Baie Sainte-Marie et de la Louisiane (sous la direction de Chantal White, professeure de linguistique au Département d’études françaises). Elle a récemment décroché une bourse de rédaction décernée par l’Institut de recherche sur les cultures acadiennes et francophones dans le monde contemporain (ICAF) et la Fédération acadienne de la Nouvelle-Écosse.

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Du côté de l’Observatoire Nord/Sud (dans Le Trait d’Union et Le Courrier de la Nouvelle-Écosse, 11 décembre 2020)

(Note : Une version abrégée de cette chronique est parue dans le numéro 41 du Trait d’union, bulletin trimestriel destiné aux membres du personnel de l’Université Sainte-Anne.)

«Au rythme de notre monde» dans Le Courrier de la Nouvelle-Écosse, 11 décembre 2020 – Un peu partout, le constat se fait entendre : oui, les conditions que nous vivons en raison de la pandémie ont perturbé bien des projets, mais du coup, de nouvelles possibilités de dialogue et de collaboration se révèlent. Les activités récentes de l’Observatoire Nord/Sud, centre rattaché à la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT), s’inscrivent pleinement dans cette dynamique.

Ce qui suivra va donner l’impression que mon équipe et moi avons mené une existence purement virtuelle ces derniers mois. Cette impression sera erronée. La preuve : juste avant la rentrée, nous avons visité l’île Georges, à Halifax, pour découvrir ce site, normalement fermé, qui servit de camp de détention pendant le Grand Dérangement. Le lectorat du Courrier se rappellera que cette excursion est racontée dans ma chronique du 23 septembre (« L’île Georges à Halifax, au cœur de la mémoire acadienne »).

Nous avons également eu le plaisir d’accueillir le professeur Yves Frenette, historien de l’Université de Saint-Boniface et titulaire de la Chaire de recherche du Canada de niveau 1 sur les migrations, les transferts et les communautés francophones. Sa visite à la Baie Sainte-Marie a eu lieu il y a quelques semaines, avant que la situation ne se dégrade, afin de discuter d’un vaste projet de recherche qu’il chapeaute : Trois siècles de migrations francophones en Amérique du Nord, 1640-1940. Entrepris avec le Centre acadien et la Société historique acadienne de la Baie Sainte-Marie, notre volet étudiera le va-et-vient migratoire entre le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse et les États de la Nouvelle-Angleterre. De belles initiatives se préparent déjà pour le Congrès mondial acadien 2024!

Reste que, en dehors de ces rares percées dans le présentiel, les activités virtuelles ont pris le dessus.

Lire la suite sur le site du Courrier de la Nouvelle-Écosse

D’une francophonie à l’autre : entretien avec Audrey Paquette-Verdon, coordinatrice de l’Observatoire Nord/Sud

Étudiante à la maîtrise en Cultures et espaces francophones à l’Université Sainte-Anne, Audrey Paquette-Verdon assure la coordinatrice de l’Observatoire Nord/Sud, le centre de recherche relevant de la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales (CRÉAcT). Boursière de la CRÉAcT, elle explique ici son intérêt pour le domaine des études francophones.

D’où êtes-vous originaire et quel a été votre cheminement jusqu’ici? 
Je suis originaire de St-Eustache, au Québec. J’ai déménagé à l’âge de 12 ans au Nouveau-Brunswick, sur l’Île Miscou, plus connue sous le nom de «l’île du bout du monde.» Ce déménagement dans une autre province, et à plus de 1000 km de distance de mon chez-moi, a été un grand changement, puisque j’ai passé d’une grande ville à petit milieu insulaire. Mes parents vivent encore à l’Île Miscou, et pour ma part, j’y étais jusqu’à mon arrivée à l’Université Sainte-Anne, il y a cinq ans. Je viens de terminer un baccalauréat en éducation avec une majeure en histoire et une mineure en français. J’entame maintenant la maîtrise en Cultures et espaces francophones dans la même institution.

Qu’est-ce que vous étudiez et dans quel but ? 
Je commence tout juste la maîtrise en Cultures et espaces francophones. Puisque je viens de terminer mon baccalauréat de cinq ans en éducation, j’ai l’intention d’intégrer le côté pédagogique dans l’élaboration de mon mémoire. Cette maîtrise rejoint exactement tous les aspects que je veux explorer. Mon projet de mémoire portera sur la représentation des minorités ethnoraciales dans les cursus scolaires au Canada atlantique. En tant qu’enseignante, j’espère que cette recherche pourra aider les écoles.  

Comment expliquer votre intérêt pour la culture acadienne et pour les cultures francophones ? 
Pour la culture acadienne, mon intérêt est plutôt venu lorsque j’ai déménagé au Nouveau-Brunswick. Le choc des cultures, que ce soit sur la plan linguistique ou au niveau de la nourriture ou de la musique, était grand. Mon emploi d’été lorsque j’étais étudiante au baccalauréat en éducation se faisait à la Société historique Nicolas-Denys (SHND). Cet emploi m’a certainement fait découvrir des dimensions plus amples au sujet des Acadiens, de leurs origines, de ce sentiment de famille et de cette volonté de découvrir sa généalogie chez les Acadiens.  

En quoi consiste votre travail pour la Chaire ?
Je suis coordinatrice de l’Observatoire Nord/Sud. Mes tâches touchent principalement la gestion de l’Observatoire, l’organisation des activités de la CRÉAcT ou d’autres initiatives du professeur Clint Bruce. Un autre côté de mon travail consiste à la formation continue. Tout au long de mon contrat, je vais suivre différentes formations, assister à des conférences, développer mes compétences en technologies, approfondir mes connaissances en histoire. De plus, j’aide monsieur Bruce à poursuivre ses recherches, y compris en encadrant les assistant-e-s de premier cycle. 

Qu’est-ce que vous aimez faire comme passetemps/divertissement ? Quels sont vos autres intérêts intellectuels ?
J’ai toujours aimé apprendre différentes langues. J’aime découvrir les différentes expressions, les dialectes, etc. La musique d’ici et d’ailleurs représente pour moi une grande passion. J’adore découvrir l’histoire derrière la chanson, le musicien ou le groupe, le style de musique, le choix des instruments. Sur un plan plus personnel, je suis ce que l’on appelle une « geek ». Je raffole des grands classiques du cinéma tels que Le Seigneur des Anneaux et Star Wars. J’assiste parfois à des conventions où d’autres personnes partagent les mêmes passions que moi pour les jeux vidéos, les films et les dessins animés japonais.  

Dans quelle mesure est-ce que ce poste au sein de l’Observatoire Nord/Sud contribuera à votre développement professionnel (ou autre)? 
En tant qu’enseignante d’histoire et de français, le travail de coordination à l’Observatoire m’a déjà beaucoup aidée à envisager le genre d’enseignante que je voudrais être pour mes élèves. De plus, le perfectionnement grâce aux formations, aux conférences et aux instruments technologiques pourront m’aider dans la préparation des leçons dans le cadre des cours que je vais enseigner. La recherche historique avec monsieur Bruce pourra m’amener à améliorer mes connaissances au sujet de l’histoire, de la recherche, et cela permettra non seulement de donner à mes élèves une meilleure qualité d’enseignement, mais aussi de leur partager mon savoir acquis au fil de la recherche.  

Un an après… le colloque sur les médias francophones

L’automne dernier, l’Observatoire Nord/Sud de l’Université Sainte-Anne, en collaboration avec La Société acadienne de Clare, accueillait le colloque du Réseau de la recherche sur la francophonie canadienne, Les médias francophones sous toutes leurs coutures : rôles, défis, occasions dans un environnements en changement. Un cahier rétrospectif a été préparé pour marquer l’anniversaire de cette importante manifestation scientifique et intersectorielle, susceptible d’interpeller toute personne intéressée par la situation des médias à l’heure actuelle.

La version électronique est disponible ici.

La conception et la mise en pages ont été confiées à Alexandre Pirottin, en concertation avec Stephanie LeBlanc du Courrier de la Nouvelle-Écosse. Ce projet de publication a bénéficié du soutien direct du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH), du Secrétariat du Québec aux relations canadiennes, du Patrimoine canadien et des Affaires acadiennes et Francophonie de la Nouvelle-Écosse.

Pour ce qui est de la diffusion des travaux scientifiques, un numéro thématique de Port Acadie : revue interdisciplinaire en études acadiennes est en cours de préparation.

Qui plus est, les enregistrements de plusieurs conférences plénières et tables rondes peuvent être visionnés à travers la chaîne TV Sainte-Anne…

Ouverture officielle du colloque (RRF 2019)
Conférence d’honneur du professeur Sylvain Lafrance, « Nouveaux enjeux du monde médiatique au Canada français : pistes de solution»
Conférence d’honneur du professeur Luné Roc Pierre-Louis, «Les métamorphoses du folklorisme médiatique dans les arcanes du populisme : une herméneutique de la production médiatique haïtienne contemporaine»
Table ronde : Le pouvoir des médias dans la francophonie canadienne (RRF 2019)

– Marie Hélène Eddie, U. d’Ottawa et webzine Astheure.com
– Omayra Issa, Radio-Canada Saskatchewan
– Linda Lauzon, Association de la presse francophone
– Jason Ouellette, Radios communautaires CJPN, CKMA, CHQC
– Cyrille Simard, Ville d’Edmundston
– Présidente : Michelle Landry, U. de Moncton
Table ronde : Communications et relations publiques en milieu minoritaire francophone (RRF 2019)

– Rachelle LeBlanc, U. Sainte-Anne
– Amy Paradis, Municipalité de Clare
– Serge Quinty, Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada.
– Présidente : Natalie Robichaud, Société acadienne de Clare

Bonnes découvertes n’oubliez pas d’appuyer vos médias communautaires francophones !

Atelier d’initiation au logiciel MaxQDA (29 septembre 2020) : quelques remarques d’appréciation

En plus de ses activités pour le public, l’Observatoire Nord/Sud s’efforce également d’enrichir les compétences en recherche au sein de la communauté universitaire. Nous tenons donc à remercier Tommy Berger, étudiant à l’Université de Montréal et assistant de recherche auprès de l’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques (ICRML, Université de Moncton), d’avoir accepté d’offrir une formation au logiciel MaxQDA, le 29 septembre 2020. Développé et distribué par VERBI Software, basé en Allemagne, celui-ci est utilisé pour l’analyse de données qualitatives provenant de documents comme des transcriptions d’entretiens, des articles de presse, des enregistrements sonores et même des vidéos.

Une quinzaine de personnes – professeur·e·s et étudiant·e·s, notamment dans le programme de maîtrise en Cultures et espaces francophones – ont assisté à cet atelier virtuel. Plusieurs ont désormais l’intention d’employer MaxQDA dans leurs projets de recherche…

«La formation de MaxQDA offerte par Tommy Berger et organisée par l’Observatoire Nord-Sud était une superbe initiation à cet outil qui permet de coder une grande quantité de données textuelles, audio ou visuelles. J’ai particulièrement apprécié le fait que la formation était donnée par un étudiant au cycle supérieur, lui-même récemment initié aux possibilités de cet outil à travers un assistanat de recherche, qui s’en sert maintenant dans l’analyse de ses propres corpus. C’était à la fois convivial et instructif!»


– Chantal White, professeure de linguistique, Département d’études françaises

«Grâce à cet atelier d’initiation à MaxQDA, j’ai réellement hâte à me lancer dans le codage et l’analyse des entretiens que j’ai menés auprès des entrepreneures de Pubnico-Ouest, en Nouvelle-Écosse.»


– Marie-Germaine Chartrand, étudiante, maîtrise ès arts en Cultures et espaces francophones

«Cette formation m’a permis de voir un peu plus clair dans mon processus de recherche afin d’écrire mon mémoire. À l’aide de MaxQDA, je pourrai créer un dossier efficace afin de stocker mes recherches !»

– Audrey Paquette-Verdon, étudiante, maîtrise ès arts en Cultures et espaces francophones et coordinatrice de l’Observatoire Nord/Sud

Diplômé de l’Université de Montréal avec un baccalauréat en anthropologie, Tommy Berger prépare un mémoire de maîtrise intitulé Le chiac : entre langue des jeunes et langue des ancêtres, lequel étudie les enjeux de nomination dans le sud-est du Nouveau-Brunswick ainsi que les représentations linguistiques du chiac. En 2018, il a contribué à la mise sur pied d’un dictionnaire parlant du tehuelche, langue autochtone de la Patagonie, sous la supervision du doctorant Javier Domingo et du Living Tongues Institute for Endangered Languages. Avec Laurence Arrighi, il est l’auteur d’un article à paraître, «Le chiac dans les médias sociaux, entre spontanéité, créativité et réflexivité linguistiques.» Il collabore avec le professeur Clint Bruce dans le cadre de l’enquête Événements culturels et construction identitaire, le cas du Congrès mondial acadien 2019, sous la direction d’Éric Forges de l’ICRML.