Peut-on mettre l’identité sur le marché ? Lecture pour la Classe de maître de Monica Heller (10 octobre 2017)

CRÉAcT en action ! / États de la recherche – Peut-on mettre l’identité sur le marché ? La langue acadienne peut-elle être rentabilisée, exploitée pour le développement économique ? Les cultures minoritaires doivent-elles se mettre au service du tourisme ? C’est sur ces questions que se penchera la troisième Classe de la maître de la CRÉAcT, animée par la professeure Monica Heller de l’Université de Toronto. Gratuit et ouvert au public l’atelier aura lieu le mardi 10 octobre à partir de 18h30 (Salle B-34, campus de Pointe-de-l’Église).

Afin de se préparer à la conversation, les membres du public ont le choix de lire un texte proposé par Mme Heller. Il s’agit d’un article de Claudine Moïse, Mireille McLaughlin, Sylvie Roy et Chantal White, « Le tourisme patrimonial : la commercialisation de l’identité franco-canadienne et ses enjeux langagiers » (revue Langage et société, 2006).

Bien entendu, la lecture de ce texte n’est pas obligatoire, il s’agit avant tout d’un avant-goût et d’une ressource pour mieux comprendre les enjeux à aborder.

Entrevue avec Rachel Doherty, stagiaire doctorale à l’Université Sainte-Anne

Doctorante en études francophones à l’Université de Louisiane à Lafayette, Rachel Doherty est récipiendaire d’une bourse de rédaction de la CRÉAcT. Dans le cadre de son stage à l’Université Sainte-Anne, qui durera jusqu’en août 2018, elle mènera ses propres recherches tout en participant aux initiatives de la Chaire et en donnant des cours. Voici quelques renseignements au sujet de cette jeune chercheuse dynamique…  

Parlez-nous un peu de vos recherches. Sur quoi porte votre projet de doctorat ?

Mon projet est une étude des sorciers et des loups-garous dans la littérature et le folklore de la diaspora acadienne. Dans la littérature de la fin du XXe siècle, il y a un courant de réappropriation de ces légendes effrayantes. Plusieurs poètes en Louisiane s’identifient au loup-garou. Pour Antonine Maillet et Régis Brun, du Nouveau-Brunswick, les sorciers acadiens représentent les luttes de la marginalité. J’explore les raisons pour lesquelles ces écrivains ont voulu faire la lumière sur ces figures occultes. 

Comment en êtes-vous venue à vous intéresser à ces thèmes ?

Tout d’abord, je me passionne pour le folklore et les histoires d’horreur ! De nos jours, la stratégie de re-caractériser le monstre est devenue un trope. On le voit partout : les X-Men, American Horror Story : Coven, même les vampires dans l’œuvre d’Anne Rice. Quand j’ai remarqué cette même tendance chez les écrivains en Acadie et en Louisiane, je voulais apprendre les motivations des auteurs ainsi qu’analyser les enjeux pour les cultures minoritaires francophones.   Lire la suite »

Appel à textes, revue Port Acadie – Le Québec acadien : vers quels dialogues ? (20 juillet 2017)

Date limite : 20 juillet 2017

Traditionnellement considérée comme un peuple francophone distinct, voire une nation à part entière, rattachée à un territoire spécifique dans les Provinces maritimes, l’Acadie a toujours entretenu des rapports ambivalents avec le Québec. Bien que leur sort commun de collectivités francophones en Amérique du Nord implique, certes, des solidarités d’ordre culturel et linguistique, la volonté des Acadiens des Maritimes d’affirmer leur spécificité s’accompagne d’une certaine méfiance vis-à-vis du projet politique québécois et de toute velléité d’ingérence dans les affaires acadiennes. Cependant, il est bien connu que le Québec, au même titre que la Louisiane, par exemple, aurait accueilli un grand nombre de réfugiés acadiens par suite de la déportation par les autorités britanniques au XVIIIe siècle. Depuis quelques années, l’héritage acadien du Québec suscite un regain d’intérêt considérable. À l’instar de Stéphan Bujold (2007), plusieurs voudraient que la diaspora acadienne du Québec soit pleinement intégrée dans le « champ national acadien ». Afin de mieux cerner les discussions que peuvent provoquer de telles propositions, Port Acadie : revue interdisciplinaire en études acadiennes sollicite des articles pour un numéro spécial portant sur la thématique : « Le Québec acadien : vers quels dialogues ? »

Les articles peuvent aborder les axes suivants ou toute autre problématique liée à ce thème :

  • les initiatives de commémoration et d’autres efforts favorisant la reconnaissance du patrimoine acadien
  • les revendications de l’identité acadienne à l’intérieur du Québec et la reconnaissance de celle-ci auprès des Acadiens des Maritimes
  • la mémoire acadienne dans la pensée québécoise
  • les représentations médiatiques ou artistiques de l’Acadie au Québec, et vice-versa.

Des études historiques seront autant les bienvenues que des travaux sur la situation contemporaine.

Les chercheur(e)s intéressé(e)s sont invité(e)s à envoyer le manuscrit de leur article à Clint Bruce (clint.bruce@usainteanne.ca) avant le 20 juillet 2017. Le texte doit respecter le protocole de rédaction de Port Acadie et doit être accompagné

  • d’un résumé de 100-150 mots
  • d’une liste de 6 mots-clés
  • et des coordonnées (nom, affiliation et adresse électronique) de l’auteur(e).

La revue publie des articles scientifiques en français et en anglais.

Fondée en 2001 et basée à l’Université Sainte-Anne en Nouvelle-Écosse, la revue Port Acadie veut fournir un contexte universitaire de recherche consacré aux études acadiennes. L’objectif premier de la revue est de stimuler les réflexions les plus diverses dans ce domaine en faisant connaître les travaux de chercheurs issus de toutes disciplines : histoire, littérature, éducation, sciences politiques, économie, ethnologie, sociologie, etc. La revue est arbitrée et encourage les contributions de chercheurs tant au niveau national qu’international. Les codirecteurs de Port Acadie sont Marc Lavoie (marc.lavoie@usainteanne.ca) et Clint Bruce (clint.bruce@usainteanne.ca).

De Pubnico à la ville créole – ou : passer son temps à lire le bottin

Au fil de l’histoire – Hier soir, ayant terminé une journée de recherche aux archives de la bibliothèque municipale de la Nouvelle-Orléans, j’ai demandé à mon chauffeur d’Uber de me déposer au 3223, rue Upperline, dans le quartier de Broadmoor. C’était un coup de tête, car ce n’est pas là où se trouve l’appart loué pendant mon bref séjour ici. C’est à cette adresse, que je venais de confirmer dans le City Directory de 1964, qu’a résidé pendant de nombreuses années le capitaine William Augustin d’Entremont, né en 1901 à Pubnico-Ouest, en Nouvelle-Écosse.

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Ce que vaut un séjour de recherche : une dépêche de la Nouvelle-Orléans

CRÉAcT en action – Il m’arrive parfois d’affirmer que, s’il y a un endroit au monde que j’aime encore plus que l’Acadie, c’est bel et bien la Louisiane, surtout les régions traditionnellement francophones. C’est beaucoup dire! Depuis le 21 mai dernier, j’effectue un séjour de quelques semaines dans mon État natal, plus précisémement à la Nouvelle-Orléans, ponctué de quelques courtes excursions à l’extérieur de cette ville que les francophones louisianais appellent « la Ville », tout court. (Les autres villes, même grandes, s’en trouvent qualifiées de « villages ».)

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S’agit-il seulement de baigner dans ces airs de jazz qui, si souvent, m’appellent de loin, ou de déguster quelques plats favoris ? Il y a de cela, j’avoue – mais il y a plus, bien entendu, car il s’agit d’un séjour de recherche. Le but principal de ce voyage est de faire avancer un projet de livre, à paraître aux presses de The Historic New Orleans Collection. Parmi mes objectifs secondaires, c’est également une occasion de renforcer les contacts avec des partenaires et des interlocuteurs louisianais.

Le manuscrit que je prépare actuellement est un projet qui me tient à cœur. Énormément même.

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Sur les traces de Beausoleil en Louisiane : Entrevue avec les archéologues du Projet Nouvelle-Acadie

Les articles de La Filière Louisiane sont publiés grâce à un partenariat entre Astheure et Les Carnets Nord/Sud, blogue de la Chaire de recherche du Canada en études acadiennes et transnationales de l’Université Sainte-Anne. Cette série vise à faire mieux connaître les enjeux culturels de la Louisiane francophone et à favoriser le dialogue entre Acadiens et Louisianais.


Pour ce premier article de La Filière Louisiane, Clint Bruce s’est entretenu avec deux archéologues de l’Université de Louisiane à Lafayette au sujet de leurs efforts infatigables pour découvrir les vestiges de quelques-uns des tout premiers établissements acadiens en Louisiane. Le professeur Mark Rees et Amy Broussard, étudiante au doctorat, nous parlent du Projet Nouvelle-Acadie/New Acadia Project.

Cet échange a été traduit de l’anglais.

Lire la suite sur le site Web d’Astheure

Que veut dire ce T dans CRÉAcT ? À la rencontre d’un mot…

États de la recherche – Un blogue, pour une Chaire de recherche, peut servir de tribune pour communiquer des idées, des trouvailles et l’état des projets à l’extérieur de l’espace plus ou moins hermétique des colloques et des publications scientifiques. Un blogue, ça peut permettre de s’adresser à tout le monde. C’est le but premier de celui-ci, Les Carnets Nord/Sud.

D’entrée de jeu, pourtant, un obstacle surgit : le lexique. Qu’on le veuille ou non, en voulant décrire des phénomènes sociaux, politiques, économiques, etc., les chercheurs emploient souvent des termes méconnus du grand public, au sens opaque à première vue. C’est malheureux car, dans la très grande majorité des cas, les concepts auxquels renvoient ces mots sont bel et bien à la portée de tout le monde. Il suffirait d’un petit effort pour les expliquer. C’est le cas d’un terme qui reviendra souvent sous ma plume et qui figure dans le titre même de cette nouvelle chaire de recherche à l’Université Sainte-Anne : transnational (et « transnationalisme »).Lire la suite »